Le vert des amours recyclés

9-octobre-2009

Je ne jette plus rien. Ni même un regard sur les femmes. Mais la beauté me regarde dans l’âme. Pour ne plus polluer… Je ne jette plus rien. Ni les jambes roses, les yeux de solitudes pleureuses. Comme l’arbre…

Pourtant… J’aurais, certains jours, envie d’être sale jusqu’à toi. Et encore plus…

Je ne jette plus rien. Je recycle les souvenirs de toi. Comme une oreille qui avale un silence.

La plus belle musique… La plus belle! Ah! Oui! C’est celle de ton rire après que le tsunami nous avait noyés.

Au pied d’un arbre.

Aux racines enroulées. Oreilles torsadées

Je ne jette plus rien.

Ni même ton odeur que j’ai gardée en fermant les yeux…

Je le jure!

Je le jure!

Le jour où je mourrai, j’irai au ciel!

J’irai au ciel!

Car j’irai vers toi…

Gaëtan Pelletier

9 oct. 09


DROITS D’AUTEUR DE «L’INTELLIGENCE» HUMAINE

4-octobre-2009

OISEAUX

AVIONS

POISSONS EN BANC


BAH!…

4-octobre-2009

CHANDELLE

« Appareil d’éclairage formée d’une mèche

tressée enveloppée de suif».

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Je viens de vivre la perte de deux êtres chers. Ils étaient liés – du moins dans l’armoire -  comme des siamois. Trois ans de vie commune. Au moins 1000 kilomètres… Quand je transpirais, pendant les canicules, ils suaient encore plus… Quand je courais, ils couraient aussi vite que moi… Plus attachants que des  ombres…

Je ne sais pas pourquoi on les achète de toutes les couleurs. Quand quelqu’un vous regarde dans le visage, il ne les voit pas… Ceux-là étaient bleu…

Je  les ai retrouvés ce matin… Un trou dans la tête… Comme s’ils s’étaient tiré dans le pied…Ma femme me disaient qu’ils n’allaient pas bien depuis quelque temps : un petit teint que trop javellisé. Je les voyais bien s’en aller de couleur…

Affadis.

Je les avais achetés- je m’en souviens comme si c’était le lendemain d’une veille – au magasin de chaussures.  Une façon de prendre mon pied… Les meilleurs…

Ils me suivaient partout. Pas à pas. On aurait dit qu’ils avalaient toutes mes odeurs. La laine fétide, c’était eux…

Chaque soir, ils s’endormaient au pied de mon lit. Quand c’était leur tour. Mais je les choisissais souvent…

Je les ai envoyés à la poubelle. J’aurais dû les brûler, mettre leur cendres dans un petit pot de céramique fabriqué en Chine… Puis sur l’armoire… En deuil : de bas bleus aux bas noirs…

Déjà qu’ils avaient la chair ratatinée… Des plis partout. Pas de crèmes pour les remonter un peu… Des bas d’hommes…

J’étais bien avec eux… Au point de me demander si en haut c’est comme en bas…

Alors, quand j’irai là-haut, j’irai au pays des bas… Je verrai flotter dans un ciel bleu tous les bas du monde… Ailés du bas gauche et du bas droit…

Car je sais, c’est scientifique, ( parole de Murphy) , le moindre atome de cet univers ne meurt pas : il déménage. Il emporte avec lui toute les sensations dont nous avons été imprégnés…

La vie d’un bas, ce ne doit pas être facile. Surtout ceux qui transportent des américains, qui vont à la guerre, qui se font voler par des soldats de l’autre camp. En Irak. Des bas sablés et sec… Brrr! Ou des bas d’une américaine qui a trop bouffé de McDo… Les bas enfermés dans une cage de sandales…

Bas de Blair, bas de Bush… Ou d’«ambush… ( Ce qui signifie embuscade, avec un AM au début, «american ambush). Et blairer?…

Pas facile la vie de bas  : ils ont la même couleur que les cravates, mais sont plus discrets… Toujours entre l’arbre et l’écorce : le pied et le soulier.

Depuis qu’ils sont décédés, je ne vois plus la vie de la même manière.

Les bas sont les itinérants  des sociétés :ils  traînent tous dans les rues et vont s’endormir le soir au pieds d’un lit… Toujours «au pied» de quelqu’un ou de quelque chose…

Ils vivent dans des châteaux ou des taudis.

Mais les bas ne peuvent regarder un autre bas de haut.   C’est toujours ça… Ils sont toujours au même niveau.  Sauf qu’un bas blanc ça peut dénigrer un bas noir…  Encore… C’est comme dans nos vies…

Quand je pense qu’un bas de nylon peut faire un vol de banque… Avec la petite suce qui retrousse sur le crâne… On dirait un sein qui cherche la bouche d’un coffre-fort…

Enfin!

Je soupire!…

-  Qu’est-ce que tu as à regarder tes bas comme ça, mon amour.

- Bof! Rien…

-  Alors, envoie-les à la poubelle… Et puis en passant, tu as une paire de bobettes trouée… Il faudrait…

Bon! On vient de monter d’un étage… C’est le chapeau qui va y passer… Finalement, on s’éteint de bas en haut…

Ce doit être ça… Partir les deux pieds devant…

-  Je pense que je vais coudre mes bobettes…

Elle me regarde d’un air effaré…

Je me suis dit que l’humain c’est comme une chandelle à l’envers : il se consume à partir d’en bas…


LA POLLUTION PAR LES SAINTS

4-septembre-2009

Le pape est un saint.

Le pape c’est Dieu sur Terre.

On ne touche pas au Pape.

Surtout s’il est Benoit.

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La pilule contraceptive a «des effets dévastateurs sur l’environnement» et est en partie responsable de «l’infertilité chez l’homme», écrit samedi le journal du Vatican, l’Osservatore Romano.

Signalisation routière

Personnellement je ne pollue pas. Notre famille non plus. J’ai décidé, à 37 ans, d’aller vers la vasectomie. Je voulais participer à une baisse de la population qui, elle, pollue trop. Et pour ne pas que les miens meurent de faim…

Étrangement, mon chirurgien avait pour nom Couture. Et il avait – dans son art – une manière de procéder singulière : il chantait des pièces d’opéra en vous déspermadoïsant.

Je suis un déspermadoïsé sans scrupule et sans remords, sur un air de :

L’amour est enfant de bohème…

Le chemin de Rome

La pilule «a depuis des années des effets dévastateurs sur l’environnement en relâchant des tonnes d’hormones dans la nature» à travers les urines des femmes qui la prennent, affirme l’auteur de l’article, le président de la Fédération internationale des associations de médecins catholiques, Pedro José Maria Simon Castellvi.«Nous avons suffisamment de données pour affirmer qu’une cause non négligeable de l’infertilité masculine (marquée par une baisse constante du nombre de spermatozoïdes chez l’homme) en Occident est la pollution environnementale provoquée par la pilule», poursuit-il, sans donner plus d’explications.

Les plus grosses pilules que nous consommons ont la forme d’un CD ou d’un DVD.

Vierges.

Pour ce qui est de la pollution, j’ai été suffisamment pollutionné à l’âge de dix et douze ans. Tellement qu’on m’a recommandé à la prêtrise tellement j’étais goodie-goodie.

Il y a de la spiritualité dans le Christianismes, comme dans toutes les religions, mais elle a été polluée par une infertilité de conception cosmique. La Terre n’étant plus le monde, je me suis dit qu’il devait y avoir autre chose que le péché, la prière, et tous les sentiments de culpabilités par lesquels  nous avons été violés depuis.

J’ai donc lu Krishnamurti et Shri Aurobindo. Et la Bible…

«Nous sommes face à un effet anti-écologique clair qui exige davantage d’explications de la part des fabricants»,

Pour les leçons du Vatican concernant la pollution, il y aurait bien du chemin à faire. Certains dieux étant des anti-occidents, il faudrait les démêler pour les rendre propres aux besoins d’un monde en perte de bon sens et de qualité de vie.

La Terre n’est pas un œuf.

Même si on trouve trop d’incalculables  coqs panachés à queues de paons.

Et avec tout mon respect : les saints environnementaux, qui se sentent coupables de vivre et qui essaient de rétrécir leurs déchets à un sac par mois,  avalent aussi leur pilule d’un monde perdu.

Et si la souffrance menait à la sainteté, je crois que nous serions pollués de saints.


PROUST ET DU CÔTÉ DE LA MARMOTTE

7-juin-2009

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Ce matin je suis allé à la pêche.

On va à la pêche comme on va comme on est. Car, en fait, ce n’était pas tant la truite qui m’attirait, mais plutôt toutes les minimes aventures autours de cette grande partie de pêche qu’est la vie.

C’est un peu toqué que d’aller à la pêche pour autre chose que les prises. Justement, c’est pour se défaire des prises de la vie.

Et c’est comme ça, que par matin chaud, je m’en suis allé avec un chapeau d’allure australienne acheté chez Korvette. Un beau chapeau avec un lacet pour ne pas qu’il parte au vent. Aux rebords gondolés comme s’il s’était déjà préparé pour les tempêtes.

À la pêche comme Proust est allé à la recherche du temps perdu… Le temps perdu des ambitions. Le temps frêle qui ronge les os et les montres. Le temps des riens… Le temps qui n’a pas de sens réel. Le temps où l’on est engouffré dans la cause des grandes causes.

On va de temps en temps à la pêche pour retrouver le noyé que l’on a été.

On s’est dépêché longtemps, on se repêche toujours…

On ne se rappelle jamais que l’on a oublié…

Sur la petite route gravelée, toute sèche, avec ses nuages de poussière brunâtres, j’allais, suivi d’un petit camion «aux gens pressés» qui me suivait. Et là, sur la route est apparu un trio de marmottes : la maman et ses deux petits, à la queue-leu-leu.

Je ne voulais pas les écraser. Ils essayaient, dans leur aventure vers la vie, de traverser la route. Et le chemin était périlleux…

J’ai eu le temps de freiner. La maman en a pris un par une gueulée et l’a ramené dans le boisé. L’autre, perdu, est resté au centre de la route. Le camion derrière moi se demandait à quelle manœuvre je me livrais.

Je respectais tout simplement la beauté de la vie.

Je me suis rangé sur la gauche et le camion est passé au dessus du bébé marmotte.

Je me suis arrêté et je suis sorti de l’auto.

Le bébé était là, perdu. Je suis allé vers lui et je lui ai parlé. Le bébé a couru vers moi comme s’il cherchait du secours.

Et puis la maman est réapparue pour revenir chercher son rejeton. Elle m’a regardé drôlement.

Elle est restée collée à son marmot puis l’a ramené vers la forêt, en toute sécurité.

Je suis revenu de la pêche avec 5 truites.

Mais le plus beau est que j’ai vu que traverser une route ou traverser la vie se ressemblent tant : il y a toujours derrière soi des gens qui ne voient rien, des gens qui risquent de vous écraser.


LE LAC 3.14.16

7-avril-2009

LAC

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La relâche étant terminée, retournons aux choses sérieuses et intéressons-nous à la géométrie. Saviez-vous que l’on trouve au Québec plusieurs lacs dont les noms évoquent leur forme: Lac Carré, Lac Triangle… Vous serez étonné d’apprendre que l’on a même un lac dénommé Lac 3.14.16 – tous auront reconnu le célèbre π; vous serez encore plus surpris quand vous apprendrez la raison qui a justifié le choix de cette appellation.

Les recherches de google sont toujours intrigantes. La dernière fois que j’ai traité du sujet, je l’ai traité d’une autre manière. Mais, étant donné qu’on s’acharne, je vais aider ceux qui cherchent.

1. Ou est situe le lac 3.14.16.

J’ai fouiné. Ça m’a pris un bon 20 minutes. L’erreur du chercheur est d’avoir cherché avec la formule du célèbre Pi. Or, en mathématique c’est comme dans la vie : il faut mettre le point à la bonne place.

Le lac 3.1416

Et pour terminer, on vous donne l’origine du nom Lac 3.1416 : il a été retenu pour rappeler que 3 bons amis ont fait construire, sur le bord du lac, un camp de pêche faisant 14 pieds sur 16!

2. Ceux qui attirent les poux

Les poux s’attaqueraient davantage aux roux, ou rousses… Mon oncle Gerald, irlandais, était roux comme une carotte libérale. Et il était gros comme un poux.

Ils s’attaqueraient aux roux, parce que les chevelures rousses dégagent plus d’ammoniac que les autres.

Il y a toute une bagarre entre roux qui se défendent : Les poux aiment les roux

Un extrait :  «Ton témoignage m’a touchée car étant moi même enceinte, j’ai de grandes chances d’avoir un enfant roux».

Pour conclure : pour être certain de ne pas avoir de poux il suffit que votre mère ne fût pas enceinte.

Pauvre Julianne Moore…

3. drôle de prières sur le cannabis

J’ai cherché avec deux mots : prières, cannabis. C’est vrai, il y a une prière sur le cannabis.

Notre Petard qui es aux cieux,

que ton THC soit legaliser,
que ton règne vienne,
que la fumette soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre weed de ce jour.
Pardonne-nous nos ecard,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui soutienne sarko.
Et ne nous soumets pas à la tentation,

mais délivre nous de l’alcool.

Amen

«Comme nous pardonnons à ceux qui soutiennent Sarko».

Au moins, pas besoin d’en fumer pour la trouver drôle.

4. Les poissons rouges se mangent entre eux

Q.Pourquoi mon poisson rouge flotte à la surface comme un ballon ?

R. Il s’agit la plupart du temps d’un problème de vessie natatoire.

C’est ce qui peut arriver aux humains quand au lieu de fumer du cannabis – selon la prière – ils s’adonnent à l’alcool.

Mais la réponse est ici :

Non, ils ne mangent que ce qui assez petit pour passer en entier dans leur bouche. Même si un congènère meurt il ne feront pas cannibalisme bien au contraire ils ont tendance à s’éloigner de la dépouille.

Au paragraphe suivant, on indique qu’il ne faut pas placer un poisson rouge s’il a la gueule plus grande que le petit poisson rouge qui l’accompagne.

On se croirait en politique…

Supposons que le Québec soit un aquarium. Toutes sortes de poissons y nagent. Il suffit qu’un requin de la finance, ayant la gueule plus grande que le chef du parti au pouvoir soit dans le même bocal… Le ti poisson rouge est avalé. J’en ai les larmes aux yeux, mais que voulez-vous!, comme disait M. Chrétien, la nature est ainsi faite.

C’est fou ce qu’on apprend des poissons rouges.

Une autre question sur le site :

Pourquoi mes poissons rouges mangent les plantes ? C’est normal, ils ont aussi besoin de verdure comme nourriture, on peut éviter cela :
1. Soit leur donner des  . Légumes pochés ( On a le droit de tricher un peu, on se fait canuler à tous les jours)

Pourquoi mon poisson rouge est « surexcité » ? Il est fort à parier que les poissons soient en  périodes de frais même sans partenaire les mâles en particulier peuvent être très vifs. Au moment des repas cela est aussi normal. En revanche si le poisson semble comme fou en permanence il peut s’agir d’une maladie notamment des  parasites (points blancs, sangsue..).

Quant dois je nettoyer mon filtre ?

Votre filtre doit être entretenu, rinçage des, masses filtrantes lorsque que le débit de sortie a extrêmement diminué.

5. Les regle pour aller aux toilette humour

Il existe un livre sur le sujet. Je suis resté muet… Mais  Jules Verne y avait pensé :

Le tour du monde en  80  en ballonnements…

L’île mystérieuse.

Les forceurs de blocus ( 1871).

Dix heures en chasse (1881), publié à la suite du Rayon vert

Bourses de voyage (1903)

Comment chier au bureau

Les livres de vie professionnelle du style « Réussir votre carrière en 10 leçons » oublient de le mentionner : aller aux toilettes sur son lieu de travail peut anéantir une carrière. Ce livre apporte enfin Toutes les solutions pour chier au bureau en toute sérénité et même en tirer un bénéfice pour votre carrière !Les règles d’orRègle 1 : Ne jamais croiser le regard d’une personne qui se trouve dans les sanitaires.Règle 2 : Ne jamais entamer une conversation avec une personne qui se trouve dans les sanitaires.Règle 3 : Toujours maximiser la distance entre vous et les autres personnes présentes dans les sanitaires.Règle 4 : Ne jamais laisser transparaître ce que vous ressentez intérieurement.(La suite p. 12)

Je suis en train de lire un livre. Aux toilettes. Sur le zen… Il y a des jours où ça avance vite, d’autres pas. Ça dépend de ce que j’ai mangé la veille…

Ça dépend aussi de ce que je vois de l’évolution de l’humanité.

Les dernières trouvailles rejoignent en quelque sorte le livre. Après l’or, l’eau.


SE DÉCHAISER

27-mars-2009

« Si le monde était clair, l’art ne serait pas»

Albert Camus

J’ai l’impression que la vie est une sorte de funambule où la corde sur laquelle on marche n’a pas de limites. Et c’est stressant… Une ligne qui s’en va vers l’infini… Un nœud gordien? C’est pire quand on ne marche pas dessus… On y est parfois assis…

Le futur est en dessous comme une énorme crevasse et on sue au soleil. Une corde c’est un plancher trop étroit pour un humain…

J’ai pensé un jour me comprendre et comprendre les autres… Mais plus le temps me griffe de ses aiguilles d’horloges, plus le mystère s’épaissit par les couches de doutes qui se superposent comme des pelures d’oignon. Et  ça me donne envie de pleurer… Mais je suis grand… Grand de quoi? Je regarde encore des dessins animés, je télécharge des films, et puis j’ai la passion des humains, des femmes ( l’aveu, la veut,) , de la photographie, des films, des étangs verts…… Maudit soit ce bouillon rose cultivé dans un jardin où j’ai bouffé trop de compost!

Ce doit être parce que j’ai passé la journée dans une «journée pédagogique». À lire des petites pages roses des lignes de pensées si menues, tellement étriquées et pauvres – enfin, pour moi – que je n’arrivais pas à me concentrer. Assis six heures, je me meurs. C’est bon pour les hémorroïdes, pas pour les humains. Les comités des sous comités et leurs  compte-rendus à la fin… C’est comme se faire clouer à petits feux… Un petit Christ sans Église…

Je dois être une paire d’hémorroïdes… Je brûle d’ennui quand je suis assis. Les technocrates aiment ça. Dessiner un «tableau» comme pour faire un résumé de «comment apprendre»…« Comment être»…  « Comment apprendre à être»… Ce n’est pas de l’enseignement, c’est une religion…

Je dois être un trou de cul pas à sa place…

Je devrais me mouvoir, déménager… Me déchaiser… Un deux pattes sur quatre pattes…

Je sais qu’ils sont tous gentils et qu’ils aiment leur «job»…C’est juste que je cherche ma chaise… Cinquante ans en fauteuil de la vie… Je me dis qu’il doit bien y avoir une place où on pousse un grand soupir. Un creuset en forme de fesses… Mais des fesses ça ressemble aux deux hémisphères du cerveau… Sauf que je suis à l’envers…

Les politiciens, eux, n’ont pas de fesses. Ou bien ils les ont dans leurs joues bouffies comme leur portefeuille et leur grassouillette  pensée engraissée de la certitude. Cette certitude que je n’ai pas… Cette fixitude que je n’aurai jamais… On dirait bien que je suis un dessein que trop animé…

Croire? Croire en quoi? À l’éternité? Oui, souvent. Mais maintes fois j’ai des doutes sur mes doutes.

Comme un petit jardin rose qui plante un arbre avec un tronc pour question  qui finit par récolter  des milliers de feuilles… Toutes vertes…Toutes des doutes… Pas mûres.. Amûries … Des «à recommencer»… Ou comment romancer  mille doutes. On écrit toujours sur une page verte… Les feuilles : toutes des antennes assoiffées de lumière. Occupées à la photosynthèse. Comme nous…

Je me définirais comme un petit pois vert qui n’arrive pas à sécher. Même avec toute la sécheresse ambiante de ce monde…  Je broute des écrits d’écran… Il me reste quelques fleurs et quelques tiges…C’est déjà beaucoup… J’avale des yeux les alentours. Et j’ai des frissons quand je rencontre des âmes trop chaudes pour ce monde.

Je pensais en avoir assez d’une vie pour saisir… Un sens… Un je ne sais quoi… Une réponse… Où vais-je? Qui suis-je? D’où venons-je? Où rirons nous?

Enfin! Tout ça pour dire que je suis une paire d’hémisphères survoltés.

Je suis né comme ça. J’ai bien essayé de me tuer sans me suicider, mais ça ne marche pas. Quand je porte une cravate, j’ai l’ai d’un rat de laboratoire déguisé en banquier qui sourit pour avoir votre argent. On cherche tous l’habit qui fait le moi…

Au lieu d’écrire des sottises, je ferais mieux d’aller dormir. Justement, dormir c’est la dernière chose qui m’intéresse. Le monde est rempli de gens qui dorment dans le jour et qui se font réveiller par ceux qui ne veulent pas dormir la nuit. C’est trop noir. Je préfère sommeiller le jour en avalant  un somnifère fantasme… Je m’endors avec un grand sourire… À travers mes paupières au soleil, il doit bien y avoir un quelque chose qui passe et me nourrit?

J’ai vu trop de singes avec des feuillets et des lunettes pour me laisser tromper.

Alors, parfois, je vais au cru, au tout cru. Et le tout cru, c’est brut. Brut comme l’envie que j’ai de faire l’amour à 2 :12 :36 de la nuit. Ça me dit que je suis vivant… Et qu’un bureau est une pyramide de Chéops… Les enfarinés dans leurs langes… Voitures rutilantes. Contes en banques…Organisés comme les tiroirs de leurs classeurs.

Un monde où chacun est un «dossier»… Un dossier, c’est une partie de chaise…

Dans les réunions, on a un «Ordre du jour» devant soi.

Je préfère le «Désordre de la nuit» devant moi.

On m’a fait croire que tout cela était stupide et désordonnée et ,surtout, pas rationnel.

Il n’y a pas d’amour dans le rationnel. Pas de passion. Du moins pour moi… Je suis du genre à m’acheter trois puzzles  pour en faire un… Ce qui est que trop défini et clair m’ennuie.

Quand la réunion s’est terminée, aujourd’hui, après six heures, je me demandais ce que je faisais là. Je devrais être mendiant à Montréal ou chanteur sur une terrasse à cracher  des billeveséries sur une terrasse   du Château Frontenac,  en plein soleil, avec mon étui à guitare rempli de «trente sous»…Ou bien à courir les sentiers boisés  à regarder les bourgeons essayant de se nourrir et grandir,   leur petite bouche ouverte vers le ciel…

Non, je suis assis… Comment gober de la lumière à travers une chaise et un plancher?

Si les singes ne s’étaient pas excités dans les arbres, nous aurions les hémorroïdes plus grosses que les lobes de nos cerveaux. Vous imaginez notre allure?

Ce doit être pour ça que je préfère m’exciter.

C’est pour ça que je ne réussirai jamais à devenir vieux…

Il y a toujours plus de vie devant moi que dans mon «derrière»…


BALADES EN SKIS DE FOND AU KAMOURASKA

10-février-2009

09220004

La cabane au fond des bois… Appartient au beau-frère…

Malheureusement…

L'entrée au sentier

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L’entrée au sentier.

Sentier 2

Sentier, encore

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Érables

Pays de L’érable

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Ciel

Pas un lièvre en vue… Oups!

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Route VTT

Route VTT

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À gauche, Monadnock.

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Monadnock. Vue rapprochée.

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Le sentier de neige

Si pur et si doux

Depuis protège

Notre amour jaloux

:-)

Les Classels. Circa 1965.

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Dans les champs derrière la maison.

Maudite compétition.!

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Vade Retro…

Mon assurance-vie est-elle en vigueur?

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Le soleil s’en va. L’aiguille des ombres s’allonge…


TROIS SAISONS AVANT LA QUATRIÈME

23-janvier-2009

Saison première

Quand on est petit, tout est grand. Une vie contient tellement de minutes, de soleil, qu’il y a l’éternité devant soi. Mais on est alerte, vif, pétillant… Comme si l’univers entier, dans son énergie, se trouvait en nous, passait par nous.

Et je vivais comme ça à neuf ans.

À neuf ans, tous ceux qui mouraient avaient dépensé leur éternité. Ils étaient vieux, grisonnant, peinaient à marcher. Les adultes pleuraient quand ils partaient. C’était des «personnes-livre», des gens qui avaient vécu et qui adoraient raconter leur histoire. Leur histoire était remplie de sagesses et d’anecdotes. Leurs cheveux blancs étaient comme une page blanche de la vie sur laquelle on pouvait lire. Et leur voix portait…

***

J’étais au primaire, dans une école dirigée par les sœurs de la congrégation Notre-Dame. Une petite école de briques rouges agrippée à une colline de notre village. Un petit nid tout douillet, entouré de forêts. Des arbres, des arbres jusqu’aux confins du monde : celui que nous connaissions.

Il passa alors une saison étrange. Cette année-là, il y eut une épidémie de polio. C’était en 1956 ou 1957. Plusieurs enfants du village furent affectés.

Nous jouions, pendant les récréations, au ballon chasseur. Il y avait ce compagnon, timide, frisé, blond, qui se faisait toujours malmener par les autres. Les adultes sont parfois méchants, et les enfants sont souvent des méchants en puissance. Je le voyais se faire malmener parce qu’il était malingre, qu’il bafouillait et que les autres, sans doute, frappaient sur cette faiblesse qu’ils avaient tous en eux. J’avais pitié. J’avais pitié de le voir souffrir, de le voir s’enfermer dans la douleur que j’imaginais.

Un jour, il ne vint pas à l’école.

Un jour, un autre jour, puis un autre jour.

Après l’oubli, les sœurs nous demandèrent de prier pour lui. Il avait été atteint de la poliomyélite.

Il mourut et fut «exposé» dans sa maison, comme il était d’usage à l’époque. Et sa maison était située juste en face de l’école. Les religieuses on dû nous dire que Dieu était venu chercher un ange. Je me souviens bien de la Mère Supérieure. Je cherchais à en tracer le portrait jusqu’au jour où j’ai vu une photo de Michelle Obama : grande, fière, sauvage, pleine d’énergie. Sauf qu’elle avait le visage blanc et une sorte de grande cape noire. Et toujours cet énorme crucifix qui pendait sur elle.

Nous traversâmes la rue, en rang, pour aller prier sur la dépouille.

J’étais atterré, consterné : l’éternité venait de rapetisser.

J’ai à ce moment appris que l’éternité – celle du temps- s’était effacée. La Vie, elle – avec ou sans Dieu – se moque de l’éternité. C’était comme ces lucioles que nous ramassions le soir dans des bocaux : ils s’éteignaient, s’allumaient, à notre grand plaisir.

Aujourd’hui, je comprends tout ce jeu de lucioles : qu’elles s’éteignent ou s’allument n’a pas d’importance. Ce qui  était, et qui est encore  cette fascination pour la lumière continue que leur ensemble bâtissait. On ne voyait pas les lucioles mourir, on voyait leur lumière.

Le choc passé, nous sommes retournés au ballon-chasseur avec, bien sûr, d’autres victimes.

Puis vint l’autre saison.

Saison seconde

L’été, dans ce petit village, il n’y avait rien à faire d’autre que de jouer au baseball ou de se baigner. Tous mes cousins jouaient au baseball. Le village frontalier, circonvoisin des Etats-Unis, l’était au point qu’en traversant la rivière nous  nous baignions dans des eaux étrangères. La moitié des gens du village travaillait  dans ce pays. La moitié de notre culture se moulait à celle du grand vent américain des années 50.

Étant donné que ce nid entouré de forêts était chaud comme une marmite, nous passions les jours de canicules à nous baigner. Pour ce qui est du baseball, la culture américaine nous influençait davantage que celle du Canada. Nous avions adopté leur sport et la plupart des postes de radio captés étaient en provenance de ce pays. Qui plus est, mon père y travaillait m’y emmenait souvent passer quelques semaines.

J’avais treize ans. La télévision en basse définition nous livrait bien des émission américaines : Tarzan, Rintintin et Papa a raison.

J’adorais nager. Je regardais Johnny Weissmuller jouer Tarzan et je finis par prendre son style de natation.

Cette journée-là, trois garçons timides, ne sachant pas nager, décidèrent d’aller se baigner dans un endroit où la rivière était pleine de courants. Le premier fut emporté, le second, en essayant de le sauver fut également emporté. Le troisième retourna au village : l’usine cessa de fonctionner et tous les gens se rassemblèrent près de la rivière, les hommes avec des canots, les femmes avec des larmes. Le curé, asthmatique, regardait la scène les yeux grands et tristes dans une respiration qui ressemblait à celles que l’on entendait dans le confessionnal.

J’étais probablement le meilleur nageur de la paroisse… On me plaça dans une chaloupe et je plongeai en apnée. Pas de masque, rien que les yeux ouverts dans ces tourbillons où oscillaient des particules de sable et de copeaux agités : j’avais l’impression d’être dans un oreiller éclaté avec des plumes qui valsaient dans l’eau.

J’étais effrayé à l’idée de voir un corps sous l’eau.

Après vingt ou trente minutes, on me demanda de rembarquer dans le canot.

Dans les jours et les mois qui succédèrent à l’événement, j’eus une sorte de crise qui parut ne jamais finir. Et la grande question était : « Après la mort, vais-je disparaître».

J’ai cherché la solution pendant longtemps. Elle arriva je ne sais quand, mais j’étais soulagé.

Si la vie ne continue pas et que ma conscience s’en va, disparaît avec mon corps, je ne pourrai plus souffrir de l’angoisse de cette peur de «disparaître». C’était une sorte de pari de Pascal.

Aujourd’hui, comme tout est compliqué, on présente le pari comme ceci :

Dieu existe : Dieu n’existe pas : Vous pariez sur l’existence de Dieu Vous allez au paradis (-b +∞) Vous retournez au néant (-b +0) Vous pariez sur l’inexistence de Dieu Vous allez en enfer (+b -∞) ou Vous retournez au néant (+b +0) Vous retournez au néant (+b +0)

Sauf qu’à la place de Dieu, il faut placer le «moi», l’entièreté de l’être, qui selon moi inclut ce «dieu». Je préfère toujours le mot VIE, et comme les lucioles dans le bocal, je me sentais comme une luciole qui allait s’éteindre un jour. Mais même si la lumière s’éteignait, cela ne signifiait pas que la luciole était morte : elle était simplement devenue invisible.

À partir de ce moment je n’ai  plus eu peur de la mort. Surtout qu’enfant, je pouvais sortir de mon corps à volonté. Je pensais que tout le monde avait cette faculté. Je la perdis à grand regret à l’âge de la puberté. Je suppose que «Dieu» avait décidé que je devais choisir entre deux plaisirs : la sortie du corps ou la femme. Je n’ai pas eu le choix. Surtout que Gisèle était si belle… J’aurais aimé avoir les deux : la sortie et l’entrée du corps.

Saison troisième

Ce matin, je suis allé surveiller les examens à l’école. Sorte de passe-temps pour retraité. J’adore toujours le contact avec les élèves. Les bons enseignants savent qu’ils apprennent autant des élèves que les élèves des enseignants.

J’en avais un ce matin, un peu brouillé, qui tentait d’écrire une histoire pour son examen de français. Il devait y inclure certaines notions, certains mots. Il m’a demandé une dizaine de fois des explications.

Les gens qui surveillent les examens n’ont pas le droit d’aider l’élève.

Je ne l’ai pas fait, sauf au moment où il devait inclure l’expression «âme-sœur»…

Je n’aurais pas eu le droit de lui expliquer et je ne savais trop comment. Les concepts abstraits ne sont pas pour tout le monde.

-  C’est comme… Ta copine, ta blonde… Celle qui a des affinités.

Affinités, encore un grand mot pour lui.

- Celle avec qui tu aimerais passer ta vie…

Il a compris.

Alors je me suis dit que je lui avais  donné des «connaissances transversales».  Apprendre, c’est être curieux avant tout. C’est comme la découverte du feu… Une fois qu’on a le feu,  ça se répand.

Le Ministère, lui, inclut ça dans une vie sans âme. Pas de pari de Pascal, juste une Gisèle…

Je viens encore d’aller fouiner, curieux, sur les définitions de ce «renouveau pédagogique» :

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LES ITINERAIRES DE DECOUVERTE

Le  connaissances et compétences transversales.

Les connaissances

Elles sont liées aux contenus des programmes que la démarche des itinéraires de découverte permettra d’approfondir, d’enrichir et d’élargir en développant la curiosité des élèves.

P.S : C’est étrange, mais j’ai collé le texte et il  semble manquer un «s» à découvertes.

Pourtant, c’est directement du Ministère.

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Il a compris «Gisèle», l’âme-sœur.  Et il avait l’air tout excité.

C’est fou ce que les élèves apprennent quand ils n’ont pas à passer par le jargon des technocrates…

Et puis, cet après-midi, est arrivé l’autre saison.

Le téléphone a sonné pendant que nous étions, mon «âme-sœur» et moi à poser des rideaux dans la chambre.

- Guy est mort.

Guy, c’est le cousin de ma «Gisèle».

Guy était camionneur retraité qui vivait dans une banlieue de Montréal. Un homme charmant, simple, sensé. Du «bon monde»…

À tous les ans il ne manquait pas son rendez-vous dans le Kamouraska à «Bonjour la visite», sorte de festival où se retrouvent chaque année les résidents et les ex-résidents du village.

On soupait toujours ensemble sous une grande tente de cirque. Il ne se demandait pas ce que Ignatieff pouvait faire pour sa vie, il se demandait comment il pouvait rendre sa « Gisèle» heureuse, ainsi que ses enfants et ses petits enfants.

Soixante-douze ans, je crois.

-          C’est étrange la mort, fit remarquer mon «âme-sœur».

Pour moi ce n’est pas si étrange que ça paraît l’être. Tous ceux qui sont passés sur cette planète sont morts. Sauf un… Mais il serait reparti au bout de trois jours.

- Comment est-il mort, Guy?

- En déneigeant son auto ce matin.

- C’est étrange la mort…

On ne peut pas avoir plus «belle mort». Il est parti sans se poser de questions sur le pari de Pascal. Les gens simples, on dirait, partent comme ça. Simplement. Comme ils ont vécu.

Et quand nous parlions de la vie, j’avais l’impression d’avoir un sage devant moi. Ça m’a toujours impressionné, ces gens qui ne vivent pas au crochet d’un point d’interrogation, mais d’un point d’exclamation et de trois points de suspension…

J’ai réfléchi, comme toujours.

Ce n’est pas ce qui arrive qui est important, c’est la manière d’aborder les événements. Quand on parle de la vie, on oublie souvent qu’il n’y a pas de différence entre la vie et la mort.

Les deux sont la VIE.

Le petit garçon blond est la première étincelle qui s’est éteinte. Les deux autres, les noyés, m’ont permis de comprendre un peu…

Et la mort de Guy?

Si j’avais encore neuf ans, je l’aurais vu, cet «événement»  comme une façon normale de finir une vie : vieux. Mais je n’ai plus neuf ans. En fait, je n’ai plus d’âge.

Un jour je serai la quatrième saison. Le grand tour d’un an. J’aurai tout vu. Ou presque.

On dirait que la vie ne dure qu’un an.

Je souhaite seulement que chacun puisse un jour redevenir rattaché à cette simplicité de  vivre simplement, d’enfermer des lucioles dans un bocal, et ne pas avoir peur.

Être émerveillé, c’est l’éternité plus loin que devant soi…


QUAND MADAME BOMBARDIER BULLDOZE

13-janvier-2009

La logique est à l’origine la recherche de
règles générales et formelles permettant
de distinguer un raisonnement concluant de
celui qui ne l’est pas. (Wikipedia)

On argumente en groupant certaines phrases
de telle façon que leurs implications convergent
sur un jugement que l’on veut faire accepter;
ce jugement s’appelle conclusion de l’argument.
Réflexions sur les lois de l’intelligence

Marcel Patry

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Le but de cet article n’est pas de dénigrer une personne, ni de détruire quelqu’un : il vise simplement à rappeler à ceux qui ont des tribunes importantes dans nos quotidiens de bien se servir des outils extraordinaires dont ils sont dotés sans faire trop de dégâts. Si en dénonçant on crée, par une logique carencée, des dégâts plus profonds, il est nécessaire de corriger certaines lacunes sur ses  écrits.

Car cette analyse d’un Bye-Bye de Madame Bombardier est malheureusement, dans son ensemble une attaque,  envers les auteurs et Radio-Canada.

Justifiée?

Il faudrait encore nous le prouver.

Le train et les passagers

Supposons que l’acte d’écrire, sa capacité de frappe ou de véhicule soit un train avec pour passagers des idées. Il faut également que le train soit le véhicules d’idées bien enchaînées, voire logiques.

Quand la capacité d’écriture comme celle de Madame Bombardier est forte, il faut être donc  prudent dans ses propos.

On connaît le style de Madame Bombardier : quand on lit ses «opinions», on a l’impression qu’un train vous passe dessus.

Après avoir lu son dernier billet dans le Devoir de samedi ( 10 janvier 2009) intitulé  Fait d’hiver, nous sommes forcés d’admettre que sous ce style énergique et déterminé  voile  des illogismes flagrants. Tant et si bien qu’il a fallu  fouiller dans ces billets antérieurs pour comprendre le style de Madame Bombardier.

Le train passe plusieurs fois. Mais il n’y a pas beaucoup de passagers à l’intérieur.

Le Fait d’hiver

Je ne sais combien de fois j’ai lu ce texte pour essayer de retracer le parcours logique des propos de Madame Bombardier. On a vite compris qu’il s’agissait du désormais célèbre Bye-Bye 2008 qui va sans doute passer à l’histoire… pour le dernier.

En dix ou douze paragraphes Madame Bombardier bulldoze – ou varlope, si le terme ne vous plaît pas –  le couple Cloutier-Morissette, la société québécoise  et Radio-Canada.

On peut embrasser l’opinion de Madame Bombardier, comprendre qu’elle ait été outrée,  mais il est difficile de concevoir qu’avec une tribune aussi noble et élevée que le Devoir, la chroniqueuse ne porte pas plus d’attention au contenu de ses billets.

Les émotions – pour une intellectuelle – y prennent une place et une vitesse navrantes.

L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours

L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours : se dit d’une histoire dont la source n’est pas de première main, et qui généralement n’est pas vérifiable.  ( Wikipedia).

Dans un premier paragraphe, pour justifier son propos- ou sa thèse, c’est selon-  Madame Bombardier établit d’entrée de jeu un lien productrice-victime.

«Il s’agit de la décision de la productrice de l’émission, fille d’un homme coupable d’agression sexuelle, de faire personnifier par une comédienne la victime de ce dernier; en clair Véronique Cloutier, fille de Guy Cloutier, mettant en scène Nathalie Simard, cette jeune femme au parcours tragique, dans le but de faire rire le Québec tout entier réuni à hauteur de quatre millions de personnes devant l’écran de toutes les infamies au passage de l’an 2009. Ce sketch est plus qu’un sketch, les psychanalystes nous le diraient, mais rien ne nous autorise à user de la psychologie des profondeurs pour tenter de comprendre les motivations inconscientes qui ont justifié la fille de Guy Cloutier et son époux, concepteur du show, de nous imposer ce spectacle obscène.»

À ce que je sache le lien sanguin reliant un criminel n’est pas une preuve en droit. Sinon, les trois-quarts des québécois seraient en prison parce qu’ils ont un cousin, une tante, un frère, un oncle qui a commis un acte criminel dans le passé.

Faire ici un lien entre la victime et la productrice est aberrant et erroné.

Tout le monde comprend que Madame Simard a eu un parcours tragique et que Madame Bombardier fait preuve d’empathie. Même si on remontait à Abraham où à l’entrée de la famille Cloutier en Amérique, cela ne constitue en rien une preuve d’intention malveillante de la part de la productrice.

Faut-il rappeler à Madame Bombardier que les Bye-Bye sont des revues de l’année? Or, il s’est produit un incident ou une bavure de la part de Madame Simard : elle a quitté le Québec et d’une manière que nous aborderons plus loin.

Le troisième homme… qui a vu l’ours

Après un passage au tordeur du «collectif» québécois, Madame Bombardier revient à son propos en battant le pavé, comme si elle avait oublié de placer son paragraphe à la suite du premier :

«Pour que la fille célébrissime d’un ex-producteur tristement célèbre s’autorise à parodier la victime qui a dû, elle, s’expatrier, ce qui en dit long sur le climat qui règne chez nous..» ( Denise Bombardier).

Sans doute pour nous amener à sa vision de la descente aux enfers de notre société. Nous nous retrouvons encore une fois non plus en face d’un troisième homme qui a vu l’ours, mais d’une dame qui n’a pas vue l’année 2008, ou qui ignore ce qui s’est véritablement passé.

Voici, en gros, les manchettes de 2008 concernant la chanteuse.

Pour la première fois depuis le début de la saga judiciaire, l’ex-conjointe de Lévis Guay se présente devant une caméra pour commenter sa poursuite de 2,3 millions de dollars contre Guay et Nathalie Simard. LCN

«Si Nathalie Simard souhaitait filer à l’étranger sans faire de vagues, c’est raté. Présentement poursuivie par son ex-conjoint, elle vient de quitter le Québec avec un homme qui a laissé derrière lui sa femme et ses enfants de 4 et 8 ans pour elle.

Le nouvel homme dans la vie de Nathalie Simard est Lévis Guay, un homme d’affaires de la région du Saguenay.» ( Source : Canoë)

Inutile d’en rajouter, Madame Simard est tombée en amour avec M. Guay et a décidé de faire ses bagages. C’était là le sketch.

Dans le blog de Michel Vastel, qui s’est penché sur le cas Simard ( biographe également), il souligne au passage l’exil de la chanteuse, inquiet et fait, à sa manière, une analyse du comportement de la chanteuse. Michel Vastel

Nous comprenons tous les affres subconscients possibles de la chanteuse, ses déboires, ses choix. Toutefois, il n’y aucune raison de dire que le couple Cloutier-Morissette, se moquant de la chanteuse dans un sketch était lié au passé de l’artiste, Madame Simard.

Il était lié à un événement léger des l’année 2008 : un potin.

Les raisons profondes

Nous ne pouvons voir ou supputer des raisons motivations inconscientes avec pour seul lien, un lien de parenté. Le sketch n’est pas plus qu’un sketch. Hélas ! C’est une revue d’actualité, pas un drame shakspearien. Il aurait fallu être stupide pour inclure une méchanceté telle que Madame Bombardier suppose.  Et c’est là un affront pour les auteurs et pour les dirigeants de Radio-Canada.

«Ce sketch est plus qu’un sketch, les psychanalystes nous le diraient, mais rien ne nous autorise à user de la psychologie des profondeurs pour tenter de comprendre les motivations inconscientes qui ont justifié la fille de Guy Cloutier et son époux, concepteur du show, de nous imposer ce spectacle obscène.»

La psychologie des profondeurs?

Je ne sais pas si Madame Bombardier à bien lu son paragraphe. Au lieu de prouver, elle erre encore en nous plongeant la tête dans un style touffu, en faisant des associations saugrenues et hors propos.

Il n’y a pas de raisons profondes, il n’y a que des raisons d’humour et de moquerie. On peut aimer ou ne pas aimer, mais c’est l’humour actuel, auquel nous sommes habitués depuis RBO.

Comment regarder un Bye-Bye?

L’auteure du texte y va en rafales en soulignant dans un paragraphe intitulé La preuve par l’absurde la dérogation du rôle de la télévision d’État.

«La Société Radio-Canada est un service public national dont le mandat implique la diffusion de la culture».

Il implique en effet la diffusion de la culture, mais pas uniquement celui de la culture. Il divertit également. Comme toutes les stations, il a un rôle de divertissement et d’information.

En démolissant à coups de butoir nos compatriotes canadiens-anglais, «des consanguins qui couchent pas avec les femmes ni avant ni après le mariage et qui élisent une lobotomie sur deux pattes», en véhiculant sur les «nègres» les pires stéréotypes, on suppose que les intentions de ces «talentueux» créateurs étaient pédagogiques.

Certes pas pédagogiques. Comiques. Du moins dans l’intention. Nous ne nions pas qu’il s’agit là d’une blague de mauvais goût, mais c’est une blague parmi tant d’autres. Et qui donc a noté les bons gags de cet événement ?

«Hélas, j’écris hélas, car que l’on ait été ou non devant la télévision, l’incident nous éclabousse tous en tant que Québécois. Nous sommes devant un fait social qui doit être analysé en tant que tel.»

Il fallait être devant le téléviseur pour se faire une idée de l’ensemble. Quant à dire qu’il nous éclabousse tous, il faudrait aussi considérer qu’à travers le réseau public, les anglophones n’ont pas toujours été «civils». Je concède que les auteurs québécois ne le sont pas non plus. Mais de là à en faire un cas de société, il y a loin.

Ce sketch dont parle Madame Bombardier était dans le but de ridiculiser un animateur. Il n’y avait pas d’autre manière de le faire sans caricature. Les propos étaient insignifiants, grossiers, mais c’était des propos justement pour ridiculiser le «personnage».

Faut-il montrer à quelqu’un comment regarder un Bye-Bye ?

De l’humour tape-cuisse à l’humour engagé

L’humour, d’une certaine façon, est un élément de la culture. Mais il n’est pas le seul, et pas toujours le meilleur. Il reste que si un certain Yvon Deschamps a marqué le Québec et nous a bavé intelligemment. L’humour actuel est une copie et une recherche de d’autres formules. Ce passage de l’humour raffiné mais acide, pas plus civilisé que les contemporains est un ajout : l’humour engagé.

Madame Bombardier s’ennuie-t-elle de Ti-Gus et Ti-Mousse, de Ti-Zoune, du Chaplin québécois ? Étaient-ils, ces «comiques», de bon goût ? C’était, hélas ! la vulgarité à l’époque… d’un catholicisme étouffant. Est-ce que la formule peut plaire à Madame Bombardier ?

«Depuis des décennies et particulièrement durant les dernières années, on assiste chez nous à une volonté provocatrice de repousser les limites des contraintes sociales sans lesquelles une société se désagrège insidieusement. Cela se vérifie par exemple dans le relâchement langagier, vestimentaire et comportemental. Le «sacrage», la «baveuserie» (on me permettra ce néologisme), l’incivilité ont non seulement leurs adeptes, mais sont devenus aux yeux des nouveaux clercs sociaux des signes d’affranchissement personnel et collectif. La frontière des interdits et des tabous est franchie au nom du rire et d’une curieuse conception de la liberté individuelle et de la créativité. Une conception reposant sur l’inculture et l’ignorance sert de critère pour départager les «réacs», donc les anciens, des «progressistes», donc des modernes.»

Nous voudrions souligner à Madame Bombardier que l’humour ne crée pas de décadence, il le dénonce. La plupart des stand-up comiques québécois sont très engagés. Et ils sont là pour dénoncer – justement – la décadence et la désagrégation de notre société. Les «baveuseries» sont justement là pour nous réveiller et nous corriger. Le sacrage et la baveuserie n’ont pas été «inventés» par les auteurs…

S’en tenir à l’essentiel

Radio-Canada est probablement la meilleure chaîne en ce qui concerne la diversité de sa programmation : culture, divertissement, information.

Radio-Canada a également fait preuve de beaucoup d’audace dans l’acceptation de projets  qui sont devenues des réussites. Comme quoi le risque valait le coup. Comme le disait Helen Keller : «Où la vie est une aventure, ou elle n’est rien». Il y a des risques à oser. Mais il faut admettre que Radio-Canada, dans son bilan, compile les réussites et dénonce bien des tabous de notre société avec un résultat  très positif. Et il en est de même pour les scripteurs québécois : ce sont eux, qui par leur audace nous ont permis d’évoluer.

Empathie et honnêteté

On ne peut être empathique d’un côté et méchant d’un autre. Si Madame Bombardier veut se livrer à la véritable empathie, elle doit livrer  ses excuses aux auteurs, aux producteurs et à la société. Rien de  moins. Sinon, Madame Bombardier se livre à se qu’elle dénonce elle-même dans cette phrase :

«Or un service public n’est pas un magazine porno ou de la littérature haineuse».

Il n’y a pas de pornographie dans ses propos,   sauf que pour littérature haineuse, on n’a jamais vu autant de haine dans un billet, haine contre l’absence du  correct, étroitesse d’esprit, etc. Le Devoir est aussi un service public. Il n’est peut-être pas subventionné de la même manière, mais il l’est.

LA POLLUTION PAR GOOGLE ET MADAME BOMBAR DIER

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Denise Bombardier

Elle rédige différents articles pour la presse écrite, certains créant des polémiques. Ils paraissent dans de nombreuses publications comme Le Monde, Le Devoir, L’Express, Châtelaine, Le Point et l’Actualité. Elle signe maintenant une chronique hebdomadaire au quotidien Le Devoir.

Fait d’hiver