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La drogue à mille ans

 

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"Ne vous demandez pas ce que vous pouvez faire pour votre nombril, demandez vous ce que votre nombril peut faire pour vous". 

Jocelyn Beauregard 

"J’ai vu un roux en train d’aider quelqu’un…  Un roux de secours"

Mathieu, humoriste en devenir

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L’Histoire de l’humanité, malgré ses changements de frontières, est assez simple.

Les clans misérables d’il y a 10, 000 ans devaient survivre. Et pour survivre il fallait une certaine solidarité. Dès qu’ils purent former des "tribus fonctionnelles", avec leurs lois, leurs modes de vies, leurs valeurs, les autres tribus qui avaient développé, sur leur territoire, d’autres "valeurs", d’autres visions des dieux, une certaine culture, l’étincelle a jailli. L’équation de deux qui ont raison et s’entre tuent pour avoir raison ou vérité donne deux imbéciles pompeux.

C’est ce que nous voyons tous les jours dans les journaux, à la télévision, mais rien ne bat l’internet pour le grand combat des idées. Les idées passent avant la vie.  Et ça, les conquérants l’ont compris.

1. Les gens simples ne cherchent pas de grandes idées, de grandes organisations: ils "fabriquent" des enfants, travaillent, et retournent à la maison quand elle n’a pas été démolie. Ils fabriquent des enfants qui seront fabriqués pour être re moulés par le Syndrome de Stockholm . Et la descendance n’offrira plus de résistance. Elle reprendra du service.

2. On veut l’instruire pour l’esclavager. Au point où chacun est devenu un "clan" à lui seul, tant son nombril qui a grimpé au cerveau prend une grande bouffée de connaissances en pensant avaler toutes les connaissances de cette planète, Histoire, Philosophie, mais surtout l’Économie. Toutes trafiquées pour votre bon plaisir par les États dirigeants par la propagande chez les sauvages roses (USA) ou par la force chez les dictateurs… Ou présentés tels..

3. Une fois soumis au modèle des idoles élues ( comme Bush JR, ou autres personnages "biblique" contemporain,  tyranniques ou non), le petit travailleur qui regarde la mer, le ciel, les arbres, les fleurs est soumis au diktat de l’État monstrueux. Ce n’est pas un mouton, c’est un  narcotiqué semi conscient.

4. Mais il travaille pour "fabriquer" son bonheur et celui de l’humanité.

5. Mais rien n’a vraiment changé: notre citoyen dépoussiéré, gavé de connaissances, voué à des hommes d’État, à cette "perfectitude" présentée comme la seule alternative à la vie s’en fait une religion dans une multitude de religions. Car tout est religion, croyances, martèlement idéologico-propagandisme ,  toujours meilleurs, toujours amélioré en surface, mais pourri de l’intérieur.

6. Une fois "drogué", notre citoyen qui regarde la mer, les plantes, la Vie, son dieu, s’en retourne à la maison. Il fournit à l’État la moitié de sa sueur. Il fournit à l’État ses enfants soldats. Il fournit à l’État le sang qui tracera les lignes de l’Histoire. Ce n’est pas un soumis… C’est le soumis de soumis au cerveau délavé.

7. Le pusher d’État ne sait pas qu’il vend une certaine drogue concoctée par le cartel de la gente économique qui croit (presque) fermement qu’elle doit acquérir et vendre et ensuite transformer cet avoir dans le but d’acquérir plus d’avoir.

Mais le pusher dira que c’est pour le bien des citoyens. Il a toute la "science" des économistes bien formés aux théories mousseuses et nébuleuses, encore trafiquées. Car tout est trafic.

Direction: trou de Cénote 

Les Mayas considéraient ces puits comme un moyen de communication avec les dieux de l’infra-monde, le gouffre représentant une bouche. Ils étaient utilisés comme réserve d’eau douce, mais aussi comme lieu de culte dans lesquels étaient jetées des offrandes ou des victimes sacrificielles. Wiki

8. Chez les Mayas, le trou de Cénote -il y en a entre 3000 et 4000 au Yucatan – représentait le cadeau des dieux lors des sécheresses. Alors, sacrifions quelques "citoyens" pour remercier les dieux et faire en sorte qu’ils en creusent d’autres pour que survive la civilisation Maya.

De nos jours, les trous de Cénote sont remplacés par l’austérité économique issue de la crise de 2008, le commencement de la fin de l’ère capitaliste.  Pour survivre, il faut du "développement économique".

Manque d’eau=manque d’argent.

Nous voilà donc individualisés jusqu’à la lie, recourant aux psys, aux médicaments chimiques, aux frauduleux spécialistes qui vous demandent d’investir dans votre avenir, celui de vos enfants, mais par des offrandes à un trou d’eau.

Enfants

Sueurs

Santé

Comme le dit ma petite fille de trois ans Grabriela: VOILÀ!

Tout est bâti  d’arnaques en arnaques perpétuelles ou la recette change mais la formule de base de la manipulation des masses reste la même: le contrôle des masses par toutes les formes de langages des savoirs, des modes, du formatage des cerveaux pour en arriver à une religion et à des dons à des "églises" qui ne mènent nulle part, sauf à la souffrance et à la mort.

Le drogué fournit  les enfants, les armes et les sommes nécessaires à l’élection de l’élu, détourné vers des clans banquiers qui grossissent leurs ficelles pour mieux contrôler et mettre en place le petit Pinocchio au nez bien long… Il fournit également aux banques tous les avoirs que contrôlent celles-ci.

P.S.: C’était simplement l’histoire d’un acheteur de came au coin d’une rue appelée Terre. Dans la perspective de l’infini, ce n’est qu’une anecdote dans ce patient cosmos qui se fout bien de ce que nous allons devenir. Les civilisations peuvent bien disparaître, les étoiles également, et les planètes aussi. Mais je trouve toujours beau de regarder la mer en noir et blanc, les crapauds, les oiseaux, le grand mystère des étoiles. Au point, comme tout le monde, de détester mourir tant c’est beau.

Mais le premier pas serait de refuser tous ces "cadeaux" issus de la marchandisation de l’humain-cosmos au profit des profits. De se méfier de ceux qui vous veulent du bien à travers des tables de lamentations, de pourparlers et de bouteilles d’eau.

Il y a arnaque sous roche… Car la vie n’est plus de croire, mais de se méfier.

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

 

 

Un peu de bringue dans le dingue

Un peu de bringue dans le dingue

L’humanus-truc déçoit par sa petitesse.  Il a subi une mutation, comme un oiseau qui perdrait ses ailes parce qu’il volait la nuit et croyait que le ciel avait disparu.

Il est mieux reclus en des endroits où il laisse la tempête faire rage dans sa tête, partout où il est incapable de prétendre berner.

Tic tac. 2 secondes qu’il aura épargné à l’horreur, rêves avortés d’éternité.  Caramel, bonbons et chocolat, triste dilemne avant de tuer.

Tic tac. Un pan de vie se soulève, découverte futile et grandiose du temps passé à craindre les remous, la pluie et la haine.

Tic tac. 2 secondes de répit pour l’humanité.

Des mots pavés de mots, leur sens confié à google et leur portée à des sourds-aveugles. Visions inutiles d’ISO solutions à des problèmes vendus dans le rayon des problèmes manufacturés. Le silence tient le micro qu’on devine fabriqué en série.  On n’entend que les parasites.  Tic tac taxe.  Made in China.  Surf in USA.  Back in USSR.   Développé en série, vagues rumeurs de rupture de stock, coulé en tzigane frappé sur l’enclume et qui transforme le son en leurre.  Un appareil d’abord dévolu sion, qu’on teste à taire puisqu’il est sans garantie de califté.

Il faudrait abandonner ses droits comme ces chevaux qui se couchent pour ne plus se relever… Il faudrait aussi un voile opaque pour cacher l’inconscience qui gambade au grand jour: GM, OGM, VISA, le bon la brute et le truand. Il n’y en a plus un pour jouer le bon, forcément ce sera toujours mauvais.

Bill Gates peut sauver tous les nénuphars de la planète: il suffit qu’il écrive Microsoft sur l’eau avec des bulles économiques.

Le clown vêtu d’or sait que les fusées ne consomment pas d’eau. Questionné, il n’aura menti à personne durant la pesante heure. Tic tac. Une autre petite goutte dans l’océan des vérités trafiquées propulsées au fric. Et les enfants de minuit s’éteignent un à un, emportés loin de l’eau vive. Ils sont bannis avant d’avoir bu, avant d’avoir vu les étoiles, avant d’avoir souri. On les enterre sous le soleil, là ou prend fin pour eux l’odyssée meurtrière. Question de pratiques… pratiques. Tic tac.

Et mon ancienne voisine qui forçait l’univers à grands coups de mépris, comme une brute désaxée… conséquences des soldes chez Walmart: trop de pelles pour ne pas lancer sa neige sur le balcon des autres, trop de chaussures à crampons pour l’empêcher de tracer des sillons dans le parquet, trop de musique à rabais pour qu’elle oublie de purger toute la ville avec Michel Fugain. Une thermopompe bruyante lorsqu’elle dormait: la peinture gondolait sur les murs et les toiles d’araignées s’il y en avait ne résistaient pas. Il y a tout un tas de ces désaxés enfermés dans leur monde tapissé à fleur de peau. On leur fout du pognon dans les poches et un micro et on leur donne quelques cours sur l’art de claquer leur fric tout en ayant l’air honorables et on a le portrait de toutes les horreurs possibles.

Qu’on reprenne nos droits donc sur les chansons qui ne font pas souffrir! Vite une subvention, je m’impatiente à tant ignorer ce que le monde a envie de faire pour moi qui suis née sous les étoiles.

Pepsi a soif de folie et pense ajouter 10 ml à ses bouteilles. Que d’audace.

Et si j’étais reine couronnée d’inconscience à bord d’une galère, au lieu d’être une idéaliste accrochée au quai qui lance à l’eau toutes le bouteilles vides dans l’espoir qu’une fois remplies de douces heures elles vogueront vers tous les SOS de ceux qui espèrent survivre au temps qu’on leur vole?  J’aurais assurément moins de rêves mais plus d’idées…eau…logis.  Je maîtriserais l’art de galérer.

Les promeneurs aux chaussures luisantes sont dispersés aux quatre coins du monde et l’horizon a disparu tandis que les vagabonds pieds nus sont devenus muets, sourds et aveugles. Ils marchent sans savoir où ils vont.  Peu importe c’est partout pareil.  Ils gravissent des montagnes d’immondices à la recherche des sommets, le corps ravagé par l’effort, le coeur détruit par l’odeur insoutenable, fuyant le paradis défiguré, désarticulé pour atteindre Zombie land, là où il suffit de faire semblant de vivre pour être roi.  Ils ne voient pas, n’entendent pas, ne pleurent pas.

Pause humanitaire:

Tic Tac:

Les ponts se souviennent des rivières et des voitures qui jadis ignoraient l’avenir. La Corée danse un gangnam americano-rap-mafieux-dragonball-débilité-rétrograde et pernicieux. L’humanité régresse à son point zéro: ipad, ipod, facebook et alouette: les amitiés de bytes avec une encountered abnormal terminaison.  Si la batterie flanche on est dans la merde: on ne sait plus qui l’on naît ni qui l’on tue.

Les chefs sont payés pour jeter aux ordures les dernières pièces de viandes comestibles.  De toute façon il allait en manquer.  Un peu de cari, douze publicités et la journée se termine.  Direction le matelas de la trève avec ou sans repos, là ou les guerres sont sur pause.  Et roule la bande mémoire des élucubrations nocturnes semblables à celles du jour.  Une vie pare-choc à pare-choc.  Relaxol, Zzztol, Z-night, Nightquil au bromo-zzZ-paradoxal torpeurisant béni à l’absence de chapelet.  Nord-sud-est-ouest: géographie de la cage, 360 degrés de misères endormies et on s’accroche à son pays: le matelas anti-SDF dont il faut prolonger la garantie chaque jour.  En guise de promesse d’avenir, l’humanus-truc dépose 100$ sur la table de chevet, avant de sombrer dans l’oubli, afin de pouvoir vivre 24 heures de plus quand il ouvrira les yeux… Il ne se réveille plus:  il ouvre tout simplement les paupières.

Foutez-lui la paix avec la vie. Il s’en paie une tous les jours. Il entre son NIP pour repousser sa date d’expiration.

Heureusement la beauté est légère et vivifiante.  Elle est bien celle qui sera la dernière à tirer sa révérence:  un pied-de-nez à tous les spectacles désolants.

Elyan

Le retour de George Orwell et la guerre de Big Brother contre la Palestine, l’Ukraine et la Vérité

John Pilger

L’autre soir, je suis allé voir une interprétation de 1984, de George Orwell, dans un théâtre de Londres. Bien qu’une mise à jour contemporaine eut été intéressante, la mise en garde d’Orwell sur le futur n’y fut présente que sous la forme d’un exercice de style : distant, pas le moins du monde menaçant, quasiment rassurant. Comme si Edward Snowden n’avait rien révélé, que Big Brother n’était pas devenu un espion numérique, et qu’Orwell lui-même n’avait jamais dit : « Pour être corrompu par le totalitarisme, nul besoin de vivre dans un pays totalitaire ».

Encensée par les critiques, cette production talentueuse était à la mesure culturelle et politique de notre époque. Quand les lumières se sont rallumées, les gens étaient déjà en train de sortir. Ils ne semblaient pas avoir été touchés, ou peut-être que d’autres distractions les attendaient. « Quelle prise de tête ! », s’est exclamée une jeune femme, en allumant son téléphone.

A mesure que les sociétés avancées se dépolitisent, les changements sont à la fois subtils et spectaculaires. Dans les discours quotidiens, le langage politique est une inversion, comme Orwell l’avait prédit dans 1984. « Démocratie » n’est plus qu’un outil de rhétorique. « La Paix », c’est en réalité un état de guerre perpétuelle. « Global » signifie impérial. Le concept de « réforme », autrefois porteur d’espoir, signifie aujourd’hui régression, voire destruction. « Austérité » signifie le passage au capitalisme extrême pour les pauvres et au socialisme pour les riches : un système ingénieux où la majorité travaille à rembourser des dettes, au profit de la minorité.

Dans les arts, l’hostilité vis-à-vis des vérités politiques est un article de la foi bourgeoise. « La période rouge de Picasso », titrait le journal Observer, « et pourquoi la politique et l’art ne font pas bon ménage ». Et cela dans un journal qui a fait la promotion du bain de sang de l’Irak comme croisade libérale. L’opposition au fascisme qui a marqué la vie de Picasso n’est plus qu’un détail, comme le radicalisme d’Orwell qui a disparu dans le prix qui s’est approprié son nom.

Il y a quelques années, Terry Eagleton, alors professeur de littérature anglaise à l’université de Manchester, constatait que « pour la première fois depuis deux siècles, il n’y a pas d’éminent poète britannique, de metteur en scène, ou de romancier prêt à remettre en cause les fondamentaux du style de vie occidental ». Aucun Shelley ne parle pour les pauvres, pas de Blake pour défendre les rêves des utopistes, ni de Byron pour maudire la corruption et la classe dominante, et pas de Thomas Carlyle ni de John Ruskin pour révéler le désastre moral qu’est le capitalisme. William Morris, Oscar Wilde, HG Wells, George Bernard Shaw n’ont aucun équivalent aujourd’hui. Harold Pinter fut le dernier à s’insurger. Parmi les voix du féminisme de consommation qui se font entendre, aucune ne fait écho à celle de Virginia Woolf, qui décrivait "l’art de dominer les autres peuples… de régner, de tuer, d’acquérir la terre et le capital”.

Au Théâtre National, une nouvelle pièce, « Grande-Bretagne », fait la satire du scandale des écoutes téléphoniques, qui a vu des journalistes jugés et condamnés, dont un ancien rédacteur du « News of the World » de Rupert Murdoch. Décrite comme une « farce à crocs qui cloue au pilori l’ensemble de la culture médiatique incestueuse et la ridiculise impitoyablement », les cibles de la pièce sont les personnalités « heureusement très drôles » de la presse tabloïd britannique. C’est bien bon, et si familier. Mais qu’en est-il des médias non-tabloïd qui se considèrent eux-mêmes comme crédibles et réputés, et pourtant jouent le rôle parallèle de bras armé du pouvoir de l’État et du capital, en faisant la promotion de guerres illégales ?

L’enquête Leveson sur les écoutes téléphoniques a légèrement laissé entrevoir ce phénomène. Tony Blair énonçait des preuves, se plaignant auprès de monsieur le juge du harcèlement des tabloïds contre sa femme, quand il fut interrompu par une voix qui s’éleva du public. David Lawley-Wakelin, un réalisateur, demandait l’arrestation de Blair et son jugement pour crimes de guerre. Il y eut un long silence : le choc de la vérité. Lord Leveson fit un bond, ordonna l’expulsion de celui qui osait dire la vérité, et s’excusa auprès du criminel de guerre. Lawley-Wakelin fut poursuivi, pas Tony Blair.

Les complices aguerris de Tony Blair sont plus respectables que les hackers de téléphone. Quand la présentatrice artistique de la BBC, Kirsty Wark, le reçut pour le 10ème anniversaire de l’invasion de l’Irak, elle lui offrit un moment dont il ne pouvait que rêver ; elle lui permit de se lamenter sur sa décision "difficile” sur l’Irak au lieu de lui demander des comptes sur son crime homérique. Ceci rappelle la procession de journalistes de la BBC qui en 2003 déclaraient tous que Blair pouvait se sentir "justifié”, et la série "de référence" qui s’ensuivit sur la BBC, "Les années Blair”, pour laquelle David Aaronovitch fut choisi comme écrivain, présentateur, et intervieweur. Ce réserviste de Murdoch qui a fait campagne pour la guerre en Irak, en Lybie et en Syrie, est expert en léchage de bottes.

Depuis l’invasion de l’Irak – exemple cardinal d’ acte d’agression non-provoquée, ce que le procureur de Nuremberg Jackson qualifiait de "crime international suprême qui diffère des autres crimes de guerre en ce qu’il les contient tous” – Blair et son porte-parole et principal complice, Alastair Campbell, ont eu droit à pas mal de place dans le Guardian afin de réhabiliter leurs réputations. Décrit comme une étoile du Labour Party, Campbell a voulu s’attirer la sympathie des lecteurs en prétextant une dépression, et a affiché ses intérêts, mais pas son détachement actuel comme conseiller, aux côtés de Blair, de la tyrannie militaire égyptienne.

Alors que l’Irak est démembré suite à l’invasion de Blair et Bush, le Guardian titre : "Renverser Saddam était juste, mais nous nous sommes retirés trop tôt". Ceci dans un article phare du 13 juin écrit par un ancien fonctionnaire de Blair, John McTernan, qui a aussi travaillé pour le dictateur Irakien installé par la CIA, Iyad Allaoui. En appelant à répéter l’invasion d’un pays que son ancien patron avait aidé à détruire, il ne fit jamais référence aux 700 000 morts, ni aux 4 millions de réfugiés et au tournant sectaire qui avait eu lieu dans un pays autrefois fier de sa tolérance communautaire.

"Blair incarne la corruption et la guerre”, a écrit le journaliste radical du Guardian Seumas Milne dans un article très inspiré en date du 3 juillet. Dans le milieu on appelle cela « l’équilibre ». Le lendemain, le journal publia une pleine page de publicité pour un bombardier US Stealth. Sur la photo menaçante du bombardier était écrit : « le F-35, Génial pour l’Angleterre ». Cette autre incarnation de « la corruption et la guerre » va coûter aux contribuables britanniques 1,3 milliards de £ [=1,6 Mds €], les précédents modèles de la gamme F ayant déjà servi à massacrer des gens un peu partout dans le monde en développement.

Dans un village d’Afghanistan, où vivent les plus pauvres des pauvres, j’ai filmé Orifa, s’agenouillant devant les tombes de son mari, Gul Ahmed, un tisserand de tapis, et de 7 autres membres de sa famille, dont 6 enfants, et de deux enfants qui furent tués dans la maison d’à côté. Une bombe « de précision » de 500 livres est directement venue s’exploser sur leur petite maison de boue, de pierre et de paille, laissant à la place un cratère de 50 pieds de long. Lockheed Martin, le fabricant de l’avion avait une place d’honneur dans la publicité duGuardian.

L’ancienne secrétaire du Département d’État US et aspirante à la présidence Hillary Clinton, est récemment passée à l’émission « Women’s Hour » de la BBC, la quintessence de la respectabilité médiatique. La présentatrice, Jenni Murray, a présenté Mme Clinton comme l’exemple même de la réussite féminine. Elle ne rappela pas à ses auditeurs les propos blasphématoires de Mme Clinton qui prétendait que l’Afghanistan avait été envahi afin de "libérer" les femmes comme Orifa. Elle ne posa aucune question à Mme Clinton sur la campagne de terreur de son administration qui utilise des drones pour tuer femmes, hommes et enfants. Elle ne fit pas non plus mention de la menace de Mme Clinton, durant sa campagne présidentielle, d’ « éliminer » l’Iran, et rien non plus sur son soutien à la surveillance illégale de masse et aux persécutions contre les lanceurs d’alertes.

Murray posa la question-qui-était-sur-toutes-les-lèvres : Mme Clinton avait-elle pardonné à Monica Lewinsky d’avoir eu une affaire avec son mari ? « Le pardon est un choix », répondit Mme Clinton, « pour moi ce fut le bon choix ». Cela nous rappelle que dans les années 90 et pendant la période secouée par le scandale « Lewinsky », le président Bill Clinton envahissait Haïti et bombardait les Balkans, l’Afrique et l’Irak. Il détruisait aussi les vies d’innombrables enfants irakiens ; L’Unicef rapporte la mort d’un demi-million d’enfants Irakiens de moins de 5 ans, en conséquence de l’embargo mis en place par les USA et la Grande-Bretagne.

Ces enfants ne sont pas de la chair à médias, tout comme les victimes des invasions soutenues par Hillary Clinton – l’Afghanistan, L’Irak, le Yémen, la Somalie – n’existent pas pour les médias. Murray n’y a fait aucune allusion. Une photo d’elle et de son invitée de marque rayonnante figure sur le site de la BBC.

En politique, comme dans le journalisme et dans les arts, il semblerait que la contestation autrefois tolérée dans les médias grand public ait été ravalée au rang de simple désaccord : un maquis métaphorique. Quand j’ai commencé ma carrière à Fleet Street en Angleterre dans les années 60, il était acceptable de critiquer fortement le pouvoir occidental. Il suffit de lire le rapport de James Cameron sur les explosions des bombes à hydrogène sur l’atoll Bikini, où celui sur la guerre de Corée et sur le bombardement US du Nord-Vietnam. La grande illusion de notre époque est ce mythe de l’ère de l’information, alors qu’en vérité nous vivons à une époque médiatique où la propagande des grandes entreprises est insidieuse, contagieuse, efficace et libérale.

Dans son essai de 1859 « De la liberté », auxquels les libéraux modernes rendent hommage, John Stuart Mill écrivait :
« Le despotisme est un mode de gouvernement légitime si l’on a affaire à des barbares, à condition que le but soit leur amélioration, et les moyens sont justifiés par l’accomplissement effectif de ce programme. »

Les « barbares » étaient de larges secteurs de l’humanité dont « l’obéissance implicite » était exigée.

« C’est un mythe utile et commode de croire que les libéraux sont pacifistes et les conservateurs belliqueux », écrivait l’historien Hywel Wiliams en 2001, « mais il est possible que l’impérialisme à visage libéral soit plus dangereux de par sa nature explicite : sa conviction qu’il représente une forme supérieure de vie ». Il avait en tête un discours de Tony Blair dans lequel l’ex-Premier ministre promettait de « remettre de l’ordre dans le monde autour de nous » selon ses propres « valeurs morales ».

Richard Falk, autorité reconnue en matière de législation internationale et rapporteur spécial de l’ONU sur la Palestine, a décrit une « bien-pensance unilatérale, un écran juridique/moral avec des images positives des valeurs et de l’innocence occidentales dépeintes comme menacées, justifiant une campagne de violence politique sans restriction ». Et « largement acceptée au point d’en devenir virtuellement incontestable. »

Favoritisme et mandature récompensent les gardiens. Sur la Radio 4 de la BBC, Razia Iqbal reçut Toni Morrison, la lauréate afro-américaine du prix Nobel. Morrison se demandait pourquoi les gens étaient « si énervés » contre Barack Obama, qui était pourtant « cool » et souhaitait seulement construire une « économie et un système de sécurité sociale solides». Morrison était fière d’avoir parlé au téléphone avec son héros, qui se trouvait avoir lu un de ses livres et l’avait invitée lors de sa prise de fonction.

Ni elle ni la présentatrice n’évoquèrent les 7 guerres d’Obama, dont sa campagne de terreur par drones, à cause de laquelle des familles entières, leurs secouristes et leurs proches furent assassinés. La seule chose qui semblait avoir de l’importance était qu’un homme de couleur « qui s’exprime bien » s’était élevé au plus haut échelon de l’échelle du pouvoir. Dans « Les damnés de la terre », Frantz Fanon écrivait que « la mission historique » des colonisés était de servir de « courroie de transmission » aux dirigeants et autres oppresseurs. À notre époque, l’utilisation des différences ethniques par le pouvoir occidental et ses systèmes de propagande est perçue comme essentielle. Obama incarne parfaitement cette idée, bien que le cabinet présidentiel de George W. Bush – sa clique belliciste – ait été le cabinet le plus multiracial de l’histoire présidentielle.

Alors que la ville irakienne de Mossoul tombait aux mains des djihadistes de l’ISIS, Obama fit la déclaration suivante : « Le peuple américain a beaucoup investi et sacrifié afin que les Irakiens aient l’opportunité de se choisir une meilleure destinée ». À quel point ce mensonge est-il « cool » ? À quel point s’est-il « bien exprimé » lors de son discours à l’Académie militaire de West Point le 28 mai ? Lors de son discours sur « l’État du monde » à la cérémonie de remise des diplômes de ceux qui « vont prendre la direction US » à travers le monde, Obama déclara que : « Les USA utiliseront la force militaire, unilatéralement s’il le faut, quand nos intérêts seront menacés. L’opinion internationale compte, mais l’Amérique ne demandera jamais la permission… »

En répudiant la législation internationale et le droit de souveraineté des nations, le président US s’octroie un droit divin basé sur la puissance de son « indispensable nation ». C’est un message d’impunité impériale familier, bien que toujours étonnant à entendre. Évoquant la montée du fascisme des années 30, Obama a dit « Je crois en l’exceptionnalité américaine de tout mon être ». L’historien Norman Pollack écrivait « À ceux qui marchent au pas de l’oie, on substitue la militarisation apparemment plus inoffensive de la culture totale. Et au lieu du leader grandiloquent, nous avons le réformateur raté, qui travaille allègrement, planifie et exécute des assassinats, tout en souriant ».

En février, les USA ont monté un de leurs coups d’État contre le gouvernement élu d’Ukraine, en exploitant des protestations authentiques contre la corruption à Kiev. La secrétaire d’État adjointe d’Obama Victoria Nuland sélectionna personnellement le leader d’un « gouvernement d’intérim ». Elle le surnomma « Yats ». Le vice-Président Joe Biden se rendit à Kiev, tout comme le directeur de la CIA John Brennan. Les troupes de choc de leur putsch étaient des fascistes ukrainiens.

Pour la première fois depuis 1945, un parti néonazi ouvertement antisémite contrôle des secteurs clés du pouvoir étatique d’une capitale européenne. Aucun leader européen n’a condamné cette résurgence fasciste près dans le pays frontalier à travers lequel l’invasion des nazis d’Hitler coûta la vie à des millions de Russes. Ils étaient soutenus par l’UPA, l’Armée insurgée ukrainienne, responsable de massacres de juifs et de Russes qu’ils appelaient « la vermine ». L’UPA est l’inspiration historique du parti Svoboda et de leurs compagnons de route du Secteur droit. Oleh Tyahnybok, leader de Svoboda a appelé à expurger « la mafia judéo-moscovite » et les « autres racailles », dont les gays, les féministes et tous les gens de gauche.

Depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, les USA ont entouré la Russie de bases militaires, d’avions de guerre et de missiles nucléaires, suivant le projet d’élargissement de l’OTAN. Reniant la promesse faite au président soviétique Mikhaïl Gorbatchev en 1990 de ne pas étendre l’OTAN « d’un centimètre vers l’Est », L’OTAN occupe militairement l’Europe de l’Est. Dans l’ancien Caucase soviétique, l’expansion de l’OTAN est le plus important chantier militaire depuis la seconde Guerre Mondiale.

Le cadeau de Washington au régime issu du coup d’État à Kiev est un Plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN. En août, l’opération « Rapid Trident » placera les troupes US et britanniques à la frontière entre la Russie et l’Ukraine et l’opération « Sea Breeze » placera des navires de guerre US en vue de ports russes. Imaginez la riposte si ces actes de provocations, ou d’intimidations, s’effectuaient aux frontières des USA.

En revendiquant la Crimée – que Nikita Khrouchtchev avait illégalement détachée de la Russie en 1954 – les Russes se défendaient comme ils l’ont fait depuis presque un siècle. Plus de 90% de la population de la Crimée a voté pour le rattachement à la Russie. La Crimée est aussi la base de la Flotte de la mer Noire, et sa perte signifierait la mort de la flotte russe et un trésor pour l’OTAN. Semant la confusion au sein des parties belliqueux de Kiev et de Washington, Vladimir Poutine a retiré les troupes russes de la frontière ukrainienne et a demandé instamment aux Russes ethniques de l’Est de l’Ukraine d’abandonner le séparatisme.

Suivant une logique orwellienne, cela a été traduit en Occident par « la menace russe ». Hillary Clinton a comparé Poutine à Hitler. Sans ironie aucune, les commentateurs de droite allemands lui ont emboîté le pas. Dans les médias, les néonazis ukrainiens ne sont plus que des « nationalistes » ou « ultranationalistes ». Ce qui leur fait peur, c’est que Poutine est habilement en train de rechercher une solution diplomatique, et qu’il pourrait y réussir. Le 27 juin, en réponse au compromis de Poutine- sa requête devant le parlement russe de révoquer la législation qui lui avait octroyé le pouvoir d’intervenir en faveur des ethnies russes d’Ukraine – le secrétaire d’État John Kerry a émis un autre de ses ultimatums. La Russie doit « agir dans les prochaines heures, littéralement » pour mettre un terme à la révolte en Ukraine de l’Est. Nonobstant le fait que Kerry soit largement considéré comme un guignol, le propos sérieux de ces « avertissements » est de conférer le statut de paria à la Russie et de faire disparaître les informations sur la guerre que mène le régime de Kiev contre son propre peuple.

Un tiers de la population ukrainienne est russophone et bilingue. Ils souhaitent depuis longtemps la naissance d’une fédération démocratique qui reflèterait la diversité ethnique ukrainienne et qui serait autonome et indépendante de Moscou. La plupart ne sont ni « séparatistes » ni « rebelles » mais des citoyens qui veulent vivre en paix sur leur terre natale. Le séparatisme est une réaction à l’attaque de la junte de Kiev contre ces mêmes citoyens, causant l’exode de plus de 110 000 d’entre eux (estimation de l’ONU) vers la Russie. Pour la plupart, des femmes et des enfants traumatisés.

Comme les enfants de l’embargo irakien, et les femmes et les jeunes filles « libérées » d’Afghanistan, terrorisées par les seigneurs de guerre de la CIA, ces ethnies d’Ukraine ne sont pas les bienvenues dans les médias occidentaux, leurs souffrances et les atrocités auxquelles elles sont soumises sont minimisées, ou passées sous silence. L’intensité de l’assaut mené par le régime n’est pas retransmise par les médias dominants occidentaux. C’est une première. En relisant le chef d’œuvre de Phillip Knightley « Première victime : le correspondant de guerre comme héros, propagandiste et faiseur de mythes », je renouvelle mon admiration pour le journaliste du Guardian Philips Price, le seul reporter occidental à être resté en Russie pendant la révolution de 1917 et à avoir rapporté la vérité sur les invasions désastreuses des alliés occidentaux. Objectif et courageux, Philips Price à lui seul dérange ce que Knightley appelle un « silence obscur » antirusse en Occident.

Le 2 Mai, à Odessa, 41 Ukrainiens russophones ont été brulés vifs dans le QG des syndicats, sous les yeux de la police qui regardait sans rien faire. Il y a de nombreuses preuves vidéo sans équivoque. Le dirigeant de droite Dmytro Yarosh a dit de ce massacre qu’il était « un jour glorieux pour l’histoire de la nation ». Dans les médias US et britanniques, cela a été présenté comme une « sombre tragédie » résultant d’affrontements entre « nationalistes » (néonazis) et « séparatistes » (des gens collectant des signatures pour un référendum pour une Ukraine fédérale). Le New York Times a passé ça sous silence, ayant classé comme propagande russe les avertissements sur les politiques fascistes et antisémites des nouveaux clients de Washington. Le Wall Street journal a maudit les victimes – « Un incendie ukrainien mortel, probablement l’œuvre des rebelles, selon le gouvernement ». Obama a félicité la junte pour sa « retenue ».

Le 28 juin, le Guardian a consacré une presque pleine-page aux déclarations du « président » du régime de Kiev, l’oligarque Petro Porochenko. Encore une fois, la règle orwellienne de l’inversion a été appliquée. Il n’y avait pas eu de putsch ; pas de guerre contre les minorités ethniques ; les Russes étaient à blâmer pour tout. « Nous voulons moderniser mon pays », écrivit Poroshenko. « Nous voulons introduire la liberté, la démocratie et les valeurs européennes. Quelqu’un n’aime pas ça. Quelqu’un ne nous aime pas pour cela. »

Dans son article, le reporter du Guardian, Luke Harding, n’a jamais questionné ces affirmations, ou mentionné les atrocités d’Odessa, les attaques aériennes et à l’artillerie du régime sur des zones résidentielles, le meurtre et le kidnapping de journalistes, les incendies des journaux d’opposition, et les menaces de Porochenko de « libérer l’Ukraine de la saleté et des parasites ». Les ennemis sont « des rebelles », des « militants », des « insurgés », des « terroristes » et des larbins du Kremlin. Allez chercher dans les archives de l’histoire les fantômes du Vietnam, du Chili, du Timor-Est, d’Afrique du Sud, d’Irak, vous remarquerez les mêmes qualificatifs. La Palestine est la pierre angulaire de cette escroquerie sans fin. Le 11 juillet, à la suite des derniers massacres à Gaza, commis par les Israéliens, équipés par les USA – 80 personnes dont 6 enfants de la même famille – un général Israélien publiait dans leGuardian, un article titré : « Une démonstration de force nécessaire ».

Dans les années 70, j’ai rencontré Leni Riefenstahl et je lui ai posé des questions sur ses films qui glorifiaient les nazis. À l’aide et de techniques de caméra et d’éclairage révolutionnaires, elle a produit un genre de documentaire qui a envoûté les Allemands ; c’est son film « Le Triomphe de la Volonté » qui est réputé avoir scellé le destin d’Hitler. Je lui ai posé des questions sur la propagande des sociétés qui s’estimaient supérieures. Elle répliqua que « les messages » dans ses films ne dépendaient pas « d’ordres venant d’en haut » mais d’un « vide de soumission » au sein de la population allemande. « Cela inclut-il la bourgeoisie libérale et éduquée ? », ai-je demandé. « Tout le monde », m’a-t-elle répondu, « et bien sûr l’intelligentsia ».

tlaxcala-int.org

Ukraine: deux voix, un même crime

Ukraine:  deux voix, un même crime

Eh bien voilà…. c’est réussi…

Près de 300 personnes sacrifiées pour les prétentions des uns et des autres.

Monde de dingues, d’abrutis sanguinaires… à l’ouest comme à l’est… aveuglés par la haine.

Il n’y a rien à défendre ici.  Absolument rien.  La haine est coupable.

Voilà le mensonge ignoble dans lequel la haine entraîne unanimement tous ceux qui en sont atteints:   tuer pour une cause.

En présence de la haine, la vérité et le mensonge cheminent dans la même direction et font commettre les pires atrocités.  La nôtre se situe à quel degré?

Que penser du fait qu’aucune autorité n’a pu préserver le lieu de l’écrasement afin qu’il ne soit ni investi, ni contaminé?  L’Ukraine et la Russie (qui avaient toutes deux intérêts à le faire) se retranchent jusqu’à ce que l’ensemble des réactions mondiales et la nature des ripostes soient connues?   Le prochain mouvement des parties en cause déterminera  la suite des événements…. car ce conflit a franchi une étape de trop.  Quelles seront les prochaines actions posées par les pro-russes?  Pourquoi sont-ils les seuls à piloter ce drame de près?  A l’ouest comme à l’est, on leur laisserait un no man’s land où les crimes sont permis (ce qui ne leur place pas automatiquement une arme dans les mains)?  Une sorte de zone immunitaire pour criminels?

Un avion bondé de vies sacrifiées servira une ou plusieurs causes, toutes tordues parce que toutes meurtrières.  Qui avait le droit…

S’il y avait eu erreur sur la cible, ce qui n’aurait rien changé à la folie qui règne, il aurait dû y avoir à date dénonciation de la part des personnes mêmes qui ont causé cet incident malheureux, étant donné l’ampleur des conséquences qui pourraient découler de ce grave incident.  Il est donc permis de penser qu’il n’y a pas eu erreur sur la cible et que cette folie a pour but de tirer au sort l’avenir immédiat d’un pays mais aussi celui du monde entier.

La Malaisie pourrait permettre une seconde fois en moins de cinq mois qu’une zone géopolitique sensible soit légitimement investie.   Mais le hasard existe…  Quoi qu’il en soit, la compagnie aérienne qui fut en cause dans les deux cas est tout de même éprouvée depuis le début de l’année 2014, beaucoup moins évidemment que plusieurs de ses passagers puisqu’eux ont tout perdu.

La folie était au rendez-vous ce 17 juillet, jour où la haine a fait pleurer les coeurs et trembler le monde.  Je remets la même vidéo que j’ai mise récemment dans un article, laquelle est un appel à la paix et à la liberté.  Je l’avais mise une première fois pour qu’elle adoucisse les moeurs.  Je la mets aujourd’hui pour qu’elle adoucisse les meurtres….

Comme tous les lecteurs, j’ai une pensée pour toutes ces personnes qui ont perdu la vie.  Elles ont payé le prix de la haine.  Cela n’aurait jamais dû se produire.  C’est mon appel au calme, ma prière pour qu’il n’y ait plus aucune place pour la haine dans les coeurs.

Voir la chronologie des événements

 

Elyan

Centpapiers

Les sacs 9/11

 

Apparu dans les années 1970, le sac plastique fait maintenant partie de notre quotidien. Chaque année, les Québécois en utilisent des milliards pour faire leurs emplettes. Selon Recyc-Québec, entre 1,4 et 2,7 milliards de sacs circuleraient annuellement sur le territoire du Québec soit l’équivalent d’environ 350 sacs pour chaque Québécois.

Le même scénario se répète ailleurs dans le monde :

  • Les Français utilisent 17 milliards de sacs de plastique par année, soit 280 sac/personne/an (donnée 2003).
  • Les Belges utilisent 3 milliards de sacs de plastique par année, soit 300 sac/p/an.
  • Les États-Unis consomment annuellement près de 380 milliards de sacs de plastique (1500/p/an) et d’emballages de toutes sortes.
  • Taïwan consommait 16 millions de sacs de plastique par jour avant d’interdire son utilisation en 2001.
  • En 2002, les Australiens ont utilisé 6,9 milliards de sacs (345 sac/p/an) soit l’équivalent de 36 850 tonnes de plastique.

Le sac de plastique est en quelque sorte devenu le symbole de nos habitudes de consommation : nous l‘utilisons une ou deux fois pour ensuite le jeter et l’oublier. Bien sûr, il est utile, mais est-il indispensable? Ekopedia

Le téléphone arabe  des « Ils ont dit… »

Le soporifique et occulte  « Ils »… Qui sont-« ILS » ?

« Ils ont dit »  que ça détruisait  l’environnement… ». Je sais… Et ils ont raison… Mais les « Ils ont dit » et les « Ils ont fait » n’ont pas de liens.  Une fois le petit catéchisme imprimé, les « Ils ont fait » suivent chacun leur méthode. La première consiste à se servir du sac en y mettant le nom de leur compagnie. Nous voilà des pubs ambulantes. La SAQ a ses sacs verts, les grandes surfaces, les épiceries, les quincailleries.

On est tous rentrés dans une parade d’Irlandais… Vert  pas de pissenlits. Il y a quelques années on vendait – et on en vend encore – de ces pioches à pissenlits pour les arracher un à un, pour éviter d’utiliser des herbicides.

Elle dort dans le garage… Et moi sur le divan… La pelouse – pas certain que c’en soit une  – prend  l’air d’une pub de Petit Larousse. Là où je ne « pige » pas, comme dirait Bérurier, c’est que tous les photographes et les peintres courent ces mélanges de couleurs, alors que l’industrie vend des griffes pour « désherber »…

Si on laisse faire les « Ils ont dit… » , ils vont finir par importer de la main-d’œuvre pour arracher des pissenlits.

Les « Ils ont dit » sont champions dans l’hypnotisme de la population.

Et ça nous coûte les yeux de la Bête.

L’éperlan et l’Osmerus

Juliette étant partie pour quelque jour, je me suis dit que c’était l’occasion de festoyer à l’éperlan.  Elle n’en mange pas… Trop d’arêtes…

Personne n’en veut, on dirait.  Si on le nommait de son vrai nom, Osmerus , le raffiné urf viderait son portefeuille … Ou, à tout le moins, dépenserait…

On en veut si tellement peu que les pêcheurs d’éperlans font du compost avec leur surplus.

C’est un pêcheur qui l’a dit, pas un politicien. Sinon, ça s’appellerait une dépêche…

***

- Entre 150g ou 200g d’éperlan, s’il-vous- plaît!

Je n’ai jamais vu un si beau sourire… Il y avait de la parade au fond de ses yeux… C’est comme si elle les avait cirés avant de me parler : il y avait de la lumière jusqu’au plancher.

Mais les complotistes ont de drôles de réaction : ou bien je l’intéressais, ou bien elle voulait se débarrasser de son poisson.

C’est au moment de passer à la caisse qu’une odeur m’est restée collé : la caissière s’est retournée et ne m’a pas offert de sac. Moi qui suis snob comme Bérurier , j’ai pris mon petit paquet avec des pinces de homard frustré et je suis sorti.

Dans un petit  centre d’achats…

Ensuite,  je  suis allé me procurer de la vitamine C.

- Voulez-vous un sac?

Je lui ai expliqué que j’avais différents achats à faire et que…

- C’est 5 cents…

Pendant que BP flambait les éperlans, les homards, les crevettes, et les pêcheurs avec,   là, au bout du monde pas loin d’ici,  avec  son geyser « accidentel »… Un sac à 5 cents. 20$ milliards de dollars pour BP et son président hélicopté.

« Je m’excuse!  »…

Essayez de tuer votre femme parce qu’elle ne mange pas d’éperlan et dites ensuite : « Je m’excuse »?

Les super riches sont des Osmerus et les pauvres des éperlans. L’un est responsable, l’autre est coupable.

C’est la chambre à gaz à coup sûr, ou l’injection …

C’est l’ère des catéchismes  compressés en mp3…

On se télécharge du savoir trop vite… On croit plus vite que son ombre.

Dans un monde laïc, les « Ils ont dit… » sont des dieux.

Les créances ont leur panthéon…

La caisse confessionnal

Si vous appartenez à une génération qui êtes passée par le confessionnal, vous vous souvenez du malaise à avouer ses péchés sans… mentir. C’était une sorte de chambre à décompression pour se soulager de la peur de l’enfer.

Il y avait là un blanchisseur d’âmes. Je me souviens de mon curé  qui souffrait d’asthme, et j’essayais de ne pas trop le malmener en bémolisant un peu mes fautes. J’avais peur qu’il s’étouffe…

Puis ce fut l’ère de la psychologie et de la psychanalyse.

Un prêtre par paroisse.  Un psychologue ici et là… Et des vendeurs de « bonheur » à toutes les sauces…

Mais pour la nouvelle religion d’État, le vert à tout prix, il y 8 convertis sur 10 à la grande mission.

Chaque caisse a son tribunal. Chaque caissière ou caissier est un juge. Et chaque regard est comme ce doigt de Dieu sortant des nuages pour foudroyer  le pécheur.

— Vous voulez un sac?

C’est le résultat d’un mouvement bien organisé qui multiplie ses clones fanatiques à la vitesse des chaînes de montages.

— Euh!… Oui.

Vous sortez du magasin, soulagé comme si vous veniez de sortir avec  une bombe.

Vous vivez dans un monde de la culture hydroponique d’Al Gore : tout le monde est « Al ».

Ou un clone… Sorte de perroquet mutant qui parle en couleurs sans émettre un son.

L’enfer  est dans le sac

Amusez vous à googler en inscrivant « sac de plastique » pour saisir l’ampleur de cette fièvre. On comprend que le le 7 ième continent ne soit  pas une « soupe plastique » dont on peut se vanter…  Il faut toutefois démêler l’utile au désagréable… Tout dire et ne rien faire… Voilà une belle plaque d’immatriculation.

Or, les affichages ou nominations étant vertes, ce n’est pas dire que le produit l’est :

Les biodégradables : ils ne sont pas biodégradables si on les envoie avec les autres rebus. Ils ont besoin d’oxygène. De sorte qu’ils produisent des gaz à effet se serre.

Les oxodégradable: sac de plastique. Donc le terme n’est qu’une sémantique,  en fait c’est un terme de marketing,  il est fragmental, il se dégrade, sauf que  les parties sont soudées avec une colle qui endommage l’environnement.

Dégradable ne signifie pas compostable. Combiné au plastique il corrompt la chaîne davantage puisqu’il n’est plus recyclable.

Bref, les sacs de plastique conventionnels sont souhaitables puis qu’ils sont recyclables et qu’ils peuvent être réutilisés.

Pèlerinage à composte-t-elle?

Le mouvement de cette ère du diable plastique proviendrait de Washington. L’argent  amassé aurait servi à décontaminer des eaux de la rivière Anacostia  ou, à tout le moins,  à des intérêts écologiques.

Au Québec, il n’y a pas de mouvements centralisateurs concernant la politique de l’usage à faire concernant ces sacs.

Chacun pour soi…

Certains versent les revenus à des écoles pour organiser des activités. Métro donne des fonds à des écoles qui présentent des projets divers. Loblaw également,  vise à promouvoir des projets via les écoles : pièces de théâtre, capsules radio, livres pour enfants.

La palme va à Rona qui en partenariat avec Hydro-Québec et le gouvernement du Québec a investi 750,000$ pour… « La maison du développement durable ». Des locaux pour les « papes » le l’environnement … Équiterre, et les autres « soutanés ».

Pour écourter l’histoire, c’est une taxe camouflée et souvent des revenus pour certaines compagnies et instruments de promotion ou propagande.

On crée le « péché » et on vous le vend à 5 cents.

Le problème est que l’on créée une infinité de petits psy-curés-moralisateurs.

Il y a plus dangereux que le plastique : le citoyen plastifié. Un personnage moulé aux idées dépeignées  des États.

Quand le XXX bat le PPP

 

Un milliard de sacs, çà doit représenter des emplois?  Ça,  on n’en parle pas. Je suppose donc qu’il y a une industrie en danger.  Sinon  il faudrait  simplement cesser d’en fabriquer. Pour faire preuve de bonne volonté, on pourrait au moins investir cet argent dans des plantations d’arbres ou je ne sais quoi. Ou encore créer un concours avec une récompense (pris sur les 5 cents) de 250,000$ à qui créerait le sac le plus original réutilisable.

Si à Washington a dépollué une rivière avec l’argent des sacs, je propose que l’on investisse cet argent dans la dépollution du parlement en se payant une moitié de la chambre avec des députés indépendants.

Je suis prêt à acheter des sacs, à sortir de mon divan avec ma pioche à pissenlits…

Le sac est dans le chat

 

Il est étrange que dans certains secteurs on fasse preuve d’une ingéniosité remarquable. Prenez « l’industrie du sexe », elle a réussi  à créer un sous-vêtement mangeable. Vous pouvez en commander chez Erosquebec.

Nous  ne sommes pas capables  de créer un sac « vert »? Qu’on donne un contrat sous forme de PPP à ce XXX!

En passant, les sacs coûtent deux cents à produire… Le reste est un revenu supplémentaire seulement camouflé.

Certains proposent des sacs en osier… Un peu encombrants, mais biodégradables.

Pour le québécois, pourquoi pas un sac en écorce de bouleau?

Je n’ai pas encore entendu parler d’un  8e continent formé des déchets des  canots amérindiens…

- Vous voulez un sac?

- Oh! Oui. J’ai deux chats et nous les utilisons pour … la litière. C’est gênant à dire, mais un chat est un chat…

- Alors, puis-je avoir  votre carte et votre numéro d’enregistrement du registre des chats du  Québec?

***

Source : Dumont, 360 degrés

You Tube : La vérité sur les sacs de plastique

Dix petits nègres…

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Dix petits nègres est un roman policier d’Agatha Christie dans lequel dix personnages, dont chacun, dans le passé, a perpétré un homicide contre lequel la justice est impuissante, sont incités à se rendre sur une île et, bien qu’ils en soient alors les seuls résidents, sont mystérieusement assassinés l’un après l’autre, d’une façon qui rappelle inexorablement les dix couplets d’une comptine.  Ouiqui

 

Un invité va élaborer un plan diabolique pour tuer d’anciens criminels ayant échappé à la justice; lui-même étant un criminel très dangereux …

Nouvelle de dernier leurre:

Papa Bush aurait fait un saut en parachute, à 90 ans. Il n’a pas dit que c’était son dernier, mais toute la planète l’aurait souhaité. Le fils, atteint de fibrose christique,- avec sa monomanie langagière du "God Bless America –  s’est transformé en peintre. Comme Hitler, mais à l’envers… Il se peint les pieds en prenant son bain. Et deux fois  à l’envers, parce qu’il est devenu peintre après la  les guerres.

Peindre son "nettoyage"… Il y aurait de quoi fouiller le cerveau-éponge de cet autre nègre au service la finance, ablutioné , ou s’auto-nettoyant de ses péchés par un des baptêmes à répétitions au savon. C’est Ponce-Pilate qui ne se contente pas des mains… L’immersion complète. Mais aujourd’hui, avec la science du message codé scientifico-magnifique, c’est de l’hydrothérapie.

Un bain pas de tête…

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S’entre tuer "internement"  

Aux États-Unis, il ne se passe plus une semaine sans qu’un "tireur fou" abattre quelqu’un … sans raison.

« Nous sommes le seul pays développé au monde où cela se produit. Et cela arrive à présent une fois par semaine ! On en parle pendant 24 heures et on oublie. Il n’y a pas un seul pays comme ça ! Notre niveau de violence par armes à feu défie les statistiques ; aucun pays ne tolèrerait cela ! »

Ce qu’oublie M. Obama, c’est que ce pays est le seul à se livrer à un massacre planétaire "sans raison", outres que celles invoquées d’autodéfense.  

Hypocrisie des  présidents-nègres élus "démocratiquement".  Money vote!

L’Histoire amnésique 

Les écoles des pays dits développés n’enseignent plus l’Histoire.  Sinon, on saurait qu’en 1917, les États-Unis fournissaient à l’Europe un soutien sous bien des formes, dont  quelque 2 milliards  de dollars prêtés à la France.  Bref, un grand support aux européens…

C’est ainsi que débuta, avec le nègre Wilson, l’idée de la guerre "payante". Les États-Unis entrèrent en guerre avec des fusils de bois pour se pratiquer… 125,000 marines. Mal outillés.  Mal formés. Et mal informés. Il ne connaissaient alors que la guerre interne… Mais cet événement allait les réunir enfin dans un grand projet: gendarme du monde.

Jusque là, l’Amérique ( eh! oui! Qu’une seule…), centrifugée, encore en luttes domestiques découvrit l’Euréka d’Archimède comme Sieur G.W. Bush dans son bain. Mais toujours à l’envers: il s’était découvert bien avant en misant sur le pétrole en baignant dans le monde des affaires.

Le marché "noir"

L’Amérique ( U.S.A), s’offusquant religieusement d’importer des nègres, trouva le moyen d’en sculpter par la "main invisible" du règne de la finance. Les États-Unis se transformèrent donc en un colonialisme "invisible" dans le siècle qui suivit. De sorte que pendant dix décennies, on élira autant de présidents-nègres, réunis sur leur île de 50 États.

Enquête 

Un invité va élaborer un plan diabolique pour tuer d’anciens criminels ayant échappé à la justice; lui-même étant un criminel très dangereux … 

Le problème, vu la situation mondiale, est que le criminel est sur l’île. Mais, dans son nouveau plan luciférien, il faudra chercher le coupable hors de l’île.

Gargantua peut être vu par le peuple comme la personnalisation d’une énergie gigantesque, mais bienfaisante qui ordonne le chaos primordial. Oui? Qui? 

À l’avènement de la mondialisation, le territoire de chasse s’est étendu au point d’accorder un pouvoir illimité à la classe dominante étasunienne de manière à contrôler la "démocratie interne" qui décide qui sera l’assassin sans savoir qu’il est l’assassin. Si Agatha Christie a vendu près de 100 millions d’exemplaires de son livre Dix petits nègres, c’est à sans doute le chiffre correspondant au nombre de victimes  de cette planète en guerres diverses, y compris les dommages collatéraux des crises économiques et du nouveau concept créé pour nourrir ce Gargantua.

Alors, pour être subtil dans la formule du choix, il se pourrait que Hilary Clinton soit la nouvelle présidente des États-Unis. Une femme… Du nouveau!

Peu importe qui sera le prochain nègre des conglomérats financiers internationaux – SANS PAYS -, on continuera de croire qu’une nouvelle négritude s’est formée et que religieusement au cours des dernières décennies.

La propagande, c’est maintenant le monde de la finance qui la contrôle. Mieux encore, elle embauche et contrôle des propagandistes.

Ce qui est, en somme, une chaîne de Ponzi qui rase la planète avec un rouleau compresseur rapide, efficace, sans vision d’avenir, mais avec un appétit des banques encore plus "hénorme" que celui de Gargantua.

Refrain 
:One little, two little, three little, four little,
five little Injuns boys,Six little, seven little,
eight little, nine little, ten little Injuns boys. 
 

Gaëtan Pelletier, 13 juin 2014

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Mais d’où provient "l’austérité"?

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L’histoire des Irlandais au Québec

La fête des Irlandais remonte à la nuit des temps. Ce peuple durement malmené par l’Angleterre au cours de son histoire s’est bien intégré à la nation québécoise depuis les débuts, il y a 400 ans. Ces filles et ces filles du trèfle sont des gens vaillants, rieurs, colériques et fêtards. Leurs contes, leur musique et leur culture ont enveloppé la société québécoise.

Ils ont toujours entretenu des rapports privilégiés et très étroits avec les Écossais, ces descendants directs des Vikings. Ils ont vécu et partagé la même répression et la même persécution anglaise depuis la nuit des temps.

Les Irlandais et les Écossais ont entretenu pendant plus de 700 ans des relations privilégiées avec la France. Marie Stuart (1542-1567) fut reine de France et d’Écosse. La nationalité française était automatiquement accordée aux Écossais et aussi aux Irlandais. L’immigration et les mariages mixtes sont courants. Les Irlandais et les Écossais sont en majorité catholiques et ils parlent français. Ces « exilés » furent particulièrement victimes de sévères répressions des Anglais sous Olivier Cromwell et Guillaume d’Orange. La victoire de Guillaume d’Orange (1690) a entraîné la fuite de 30 000 officiers et soldats irlandais vers la France. Ils sont surnommés les Wild Greese (oies sauvages)!

Même chose pour les Écossais. Ils furent dépossédés de leurs terres, de leur culture (langue, kilt) et durent s’expatrier et faire alliance avec la France et les Irlandais. Une grande mixité s’ensuivit entre les Irlandais et les descendants directs des Vikings (Les Écossais). Seulement un préfixe différencie souvent le nom: MacDonald – McDonald.

Ils épousent des Canadiennes!

Dès les débuts de la colonie de la Nouvelle-France, la population irlandaise et écossaise a été  composée de réfugiés, de colons, de soldats et d’officiers. Majoritairement ces officiers et soldats sont catholiques et parlent français. Plusieurs ont épousé des Canadiennes. On les retrouve au Canada depuis les débuts. Abraham Martin était écossais, le Chevalier Johnstone est irlandais (Johnson),  Ramezay le gouverneur (Ramsay) est irlandais, Louis Riel (O’Reilley) est irlandais.

Sur les plaines en 1759 et en 1760, on les retrouve des deux cotés de la barricade. Plus tard des garnisons entières s’établiront à Québec et marieront des Canadiennes. Les deux premiers gouverneurs : Murray est écossais  et Carleton, irlandais.  Les huit premiers maires de la ville de Québec sont irlandais et plus tard, trois grands premiers ministres du Québec seront irlandais (Johnson).

En 1847, les Irlandais représentent 43% des citoyens la ville de Québec. Majoritairement catholiques, de nombreux Irlandais ont épousé des Québécoises et des Québécois avec la bénédiction du clergé.  Cette mixité a sans aucun doute favorisé la renommée de la ville de Québec qui regroupe « les plus belles filles de la province ».

Un apport considérable

L’apport de la société irlandaise à la culture française est considérable. En 1815-1817, un grand nombre d’Irlandais émigrent vers le Canada.  Plusieurs s’installent à Québec, dans les banlieues (Saint-Colomban, Sillery, Montcalm)  mais la majorité s’installent et fondent des villages : Stoneham, Tewkesbury, Valcartier, Shannon.

En 1832, la ville de Québec est peuplée par 32 000 habitants, 8000 sont irlandais!

En 1845, l’Irlande, alors peuplée de 8 millions d’habitants, «subit» la grande famine provoquée par une contamination volontaire de la pomme de terre. Un million de personnes meurent de faim. Un autre million est condamné à  l’immigration forcée par bateau. L’Irlande n’atteindra jamais plus les huit millions d’habitants. Sur une période de deux ans (1844-46), 100 000 immigrants irlandais arrivent au Canada. Québec est la porte d’entrée. Les Anglais qui sont les propriétaires terriens, voient dans cette immigration forcée une solution idéale pour se «débarrasser» de la question de l’Irlande du Nord et en même temps, régler le problème de la révolte et du déséquilibre ethnique dans sa colonie canadienne.

En 1847, 107 000 Irlandais partent d’Irlande pour le Canada sur 442 voiliers insalubres et impropres au transport des humains (c’est la destination la moins coûteuse). Le voyage dure huit semaines. Avant d’arriver à Québec, le typhus tue 4429 personnes en mer. On les balance par-dessus bord. En arrivant à Québec on enterre encore 1190 Irlandais morts sur les bateaux. 5424 mourront plus tard dans les baraques à Grosse Île.

De nombreux orphelins seront adoptés par les familles québécoises. Une croix celtique est offerte aux Québécois par l’Irlande en reconnaissance de leur solidarité. Il faut cependant savoir que dans cette purification ethnique, il mourra le huitième de la population de la ville de Québec en 1832 (4250).   Plus tard, 10 000 autres Québécois et 8000 Montréalais périront contaminés  par les trois autres épidémies successives de choléra et de typhus. Les plaines d’Abraham et le Mount Hermon servent  de lieu secret d’enfouissement. Le décompte des morts québécois demeura confidentiel et secret d’État jusqu’à nos jours.

Cependant ces événements coïncident avec la fondation en 1845 de la première compagnie de fabrication de cercueils à Québec. La Compagnie Germain Lépine Ltée en 1845. On donne un shilling comptant par corps que l’on empile dans un train de charrettes ouvertes. Les employés affectés au transport des corps semblent immunisés à cause d’une grande merveilleuse antidote: la bagosse!. On fait la navette entre les églises, les ruelles, le cimetière du «choléra» (Saint-Patrick) et les plaines d’Abraham. Les cloches retentissent en permanence et on craint que la population ne sombre dans la panique totale!

Les ravages causés par la maladie avivent les tensions ethniques à Québec. Tout comme les Hurons ont soupçonné 200 ans plus tôt les Français d’avoir introduit une maladie inconnue qui tuait les leurs, les francophones de Québec et le clergé pensent que l’arrivée de ces Anglophones «infectés» fait partie d’un stratagème imaginé par les autorités coloniales. Les événements coïncident aussi avec la répression de la  révolte des Patriotes (1837-39) et les grandes réformes qui suivent au Canada.

Bien des ancêtres irlandais

Aujourd’hui, on dénombre encore 40% de Québécois qui peuvent retracer un ancêtre irlandais. Plusieurs orphelins et adultes ont été accueillis par des familles québécoises, mais plusieurs ont aussi francisé leur nom pour éviter la discrimination anglaise.

Ainsi, les Carter sont devenus les Chartier, McGee-Mainguy, Sullivan-Sylvain, Leahy-Lahaie, O’Brien-Aubry, Moran-Morin, Cummings-Camane, Edmunds-Emond, Farnsworth-Phaneuf,  O’Gallager-Gallichan, O’Reilley-Riel, Clements-Clément, Morane-Morin, Martin-Martin. Plusieurs autres ont cependant conservé leurs noms, et ils ont laissé leur empreinte dans la ville. Les Fitzpatrick,  Maguire, Frasers, McMahon, Boswell, Price, Otis. Il y a aussi les Johnson, O’Neil, Hardy, Dunn, Moore, Hamilton, Macdonald, Bond, O’Connor, Rooney…

Le 17 mars, c’est donc la fête des fils et des filles du Trèfle et de la verdure. C’est aussi le défilé de la Saint-Patrick pour 40% de Québécois d’origine, mais aussi pour les autres 60% d’Irlandais d’adoption. Car le 17 mars, tous les Québécois sont irlandais dans leur coeur, à cause de la proximité des liens qui nous unissent depuis 400 ans. C’est l’heure de la bière verte, des rimes et des danses et des mélodies irlandaises. <I>When Irish Eyes are smiling<$>…

Pierre Lépine Sociologue, Ma, Ph.D

Québec

L’Imposture de la Modernité par Pierre Rabhi

Sélectionné par Tchels0o, pour “Nos Libertés”, le 26 septembre 2011.

Je ne partage pas l’idée selon laquelle l’économie de marché a sorti le monde de la précarité. Je suis témoin du contraire. Dans cette oasis du Sud algérien où j’ai grandi, j’ai vu une petite société pastorale bouleversée par l’arrivée de l’industrie houillère. Mon père, qui faisait chanter l’enclume pour entretenir les outils des cultivateurs, a dû fermer son atelier pour s’abîmer dans les entrailles de la terre. Au Nord comme au Sud, des hommes ont été consignés pour faire grossir un capital financier dont ils n’avaient que des miettes. Ils y ont perdu leur liberté, leur dignité, leurs savoir-faire. J’avais 20 ans quand j’ai réalisé que la modernité n’était qu’une vaste imposture.

Je n’ai cessé, depuis, de rechercher les moyens d’échapper au salariat, que je considère, à tort ou à raison, comme facteur d’aliénation. C’est ainsi que je suis devenu “paysan agroécologiste sans frontières”. Depuis trente ans, j’enseigne en Afrique des techniques que j’ai d’abord expérimentées sur notre ferme ardéchoise. Je rencontre des agriculteurs pris dans le traquenard de la mondialisation. Des hommes à qui l’on a dit?: « Le gouvernement compte sur vous pour produire des devises avec des denrées exportables. Vous devez cultiver plus d’arachide, de coton, de café. Il vous faut pour cela des engrais, des semences, des pesticides. » Dans un premier temps, on leur distribue gratuitement. Cadeau empoisonné. Car, à l’évidence, la terre est dopée et la récolte est plus abondante. Impressionné, le paysan retourne à la coopérative. Cette fois, les produits miracles sont en vente, à prix indexé sur celui du pétrole qui a servi à produire des engrais. « Tu n’as pas d’argent?? On va te les avancer et on déduira de la vente de ta récolte. »

Le paysan sahélien qui cultivait un lopin familial se retrouve alors propulsé par la loi du marché dans la même arène que le gros producteur de plaines américaines?; endetté, puis insolvable. On a ainsi provoqué une misère de masse, bien au-delà de la pauvreté. Le travail que nous faisons au Burkina Faso, au Maroc, au Mali et, depuis peu, au Bénin et en Roumanie, consiste à affranchir les agriculteurs en leur transmettant des savoir-faire écologiques et en réhabilitant leurs pratiques traditionnelles.

Pendant des siècles, on a su travailler la terre sans intrants et sans la crise qui affecte aujourd’hui même les pays dits prospères. Je réfléchis à la création d’un modèle qui s’appellerait “un hectare, une famille, un habitat”. Demain, on ne pourra plus assurer les retraites, les indemnités de chômage. Il faudra réapprendre à vivre avec un potager, un verger, un clapier, un poulailler, une ruche et des petits ruminants. Retrouver une performance qui ne se fonde pas sur une croissance illusoire mais sur la capacité à satisfaire ses besoins avec les moyens les plus simples.

Pierre Rabhi

Pour aller plus loin sur ce sujet on pourra consulter, notamment :
Le Blog de Pierre Rabhi
Colibris

http://blip.tv/play/AYLVj3sC.htmlhttp://a.blip.tv/api.swf#AYLVj3sC

Ceux qui se tirent dans le pied pour vivre…

Le deuxième danger, c’est une fausse manoeuvre. On a attribué à cette richesse monétaire, coupée de tout lien efficace avec le réel, une valeur nominale qui équivaut à 10 ou 100 fois – avec les produits dérivés, on ne sait plus très bien – celle des biens dont on prétend qu’elle est le symbole. À l’actif d’individus et de corporations sont inscrits des dizaines de trillions de dollars, qui ne pourraient être mis en circulation sans que l’on ne se rende compte qu’ils ne représentent aucune valeur.

La plupart de ces trillions de dollars sont en Bourse, aux confins de l’hyperespace, constituant une valeur totalement évanescente qu’il suffirait d’une crise de confiance pour faire disparaître. Priez pour votre âme, car l’hyperespace financier est un univers bien précaire. Pierre JC Allard, Jouer dans l’hyperespace

Le vieux couple

Quand j’étais enfant, dans mon petit village que 300 ou 400 âmes, un village enfermé au fond d’un pays qui donnait des terres aux pauvres pour qu’ils sèment du navet, des carottes, des choux, et des alambics…

C’était vers la fin des années 50. Au grand classement de l’internet du petit village : un couple.

Un couple de vieux qui ne mangeaient que du gruau.

Et quand les sacs étaient vides, ils y cachaient leur argent… Pour leurs vieux jours. Je pense qu’ils avaient déjà près de 80 ans.

C’était « au temps du steak «  et tout le monde trouvait le couple étrange : ils se privaient. Mais tout le monde enviait le couple : il était riche.

La tristesse du vieillissement, pour certains, c’est d’avoir toujours peur de manquer de quelque chose. Comme cette chanteuse québécoise qui a souffert pendant son enfance, et qui une fois fortunée s’est acheté deux frigos.

Passons.

Je sais… Mourir,  c’est partir un peu…

On dirait que l’humanité cultive les frigos…

 

Le syndrome de la rallonge de la vie

Le vieux couple avait peur de manquer d’argent pour s’acheter du gruau mais finalement, quand ils moururent, il y avait trois sacs de gruau et 30 sacs d’argent.

C’est le gruau qui les a fait vivre aussi vieux. Pas l’argent. Ils ont transformé leur peur en une chose qui ne nourrit pas.

Mais ce n’est pas seulement de la nourriture dont je parle, mais de la peur et du grand vide qui nous habite, du bel illusoire.

Il n’y a rien à bouffer dans un sac d’argent. Et le gruau ne bouche pas les artères. Mais personne ne le savait en ce temps-là. Il fallait bouffer du rouge pour être fort et en santé.

 

L’autre vieux couple

La problématique du vol des terres, mise en lumière lors des récentes crises alimentaires, est aujourd’hui d’une actualité brûlante tant le rythme s’accélère. Que cela soit en Afrique, en Asie, en Amérique latine et maintenant en Europe de l’Est, le nombre et la surface de terres vendues à des État ou des multinationales ne fait que croître. Les conséquences sont terribles pour les territoires touchés : destructions des cultures vivrières dans des pays déjà touchés par la faim, destruction des systèmes sociaux basés sur une petite paysannerie, appauvrissement des terres, pillages des ressources en eau… La terre est devenue un bien marchand comme un autre, une nouvelle proie pour les affameurs capitalistes. Saguenay Blogspot

 

 

Les riches engrangent leur gruau, cachent leurs fortunes pour  grossir leurs fortunes. Dans un vieux couple : la  politique est les affaires. La politique est le sac à gruau et les affaires se servent des sacs pour engranger leur avoir.

Mais ils sont tellement gourmant qu’ils finissent par n’amasser que du non-réel pour tenter de ramasser encore du non-réel pour investir dans le réel. Ou du moins ce qui semble être ainsi. Puisqu’à force de mettre de l’eau….

Pout ceux qui prennent leur pied : le trio débile

On a créé le papier par nécessité : plus les transactions grossissaient, plus il fallait mouvoir son avoir réel. Il y eut alors un génie pour créer le papier-transaction.

Papier ou pas papier, virtuel – comme les comptes à payer ou les cartes de crédit- on a perdu tout sens du  réel.

On en est à valser dans le virtuel.

On est certain que le papier a de la valeur… Ou les chiffres électroniques.

Ou on s’en fout… Puisque tout le monde joue…

Avec la venue des méthodes modernes, on a vite oublié que le but de « l’argent » n’est qu’échanger des biens qui sont consommables.

La vache pour la vache.

Le troupeau transformé en papier.

Le papier transformé en virtuel.

 

Les crétins de riches et de compagnies se tirent dans le pied.

C’est pour ça qu’un jour, rien ne marchera…

Même pas les riches.

Gaëtan Pelletier