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Prix Nobel de la paix: Harper ou Hollande?

Assessing the legacy of Stephen Harper

AHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHAHAHA

HAHAHAHAHAHAHAHAAH! 

Manuel Pelletier,Philosophe

 

 

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Stephen Harper devrait recevoir le prix Nobel de la paix car il a su faire la différence entre ceux qui cherchent « à faire le mal » et ceux qui en sont « les victimes » dans les récentes crises internationales, a expliqué dans un communiqué vendredi l’association juive B’nai Brith Canada, qui propose du coup sa nomination. Radio-Canada

Le prix Nobel de la paix ou de la plaie?

Harper ou Hollande? Dans un monde de guerre où chacun fournit des armes et déterminent "les méchants", le prix Nobel de la paix du "nigger" Obama – déjà attribué, avant, ou presque son premier mandat – nous fait nous hilarer. Hilarons tous en coeur. Comme dans "Il a rit, Clinton".

Hip! Hip! Pipe! Hourra!

Tous des dévoués emmêlés dans les fils de la finance internationale, grande gagnante du Prix Nobel de la guerre.

N’approchez pas trop votre briquet de ces "dirigeants": la paille brûle aisément…

Nous sommes imbécilisés ou déclarés tels par des ignares à langue de bois, carriéristes, inauthentiques, fabulateurs, aveugles.

Aux You S. Hé, , en France, au Canada, ou ailleurs, la stupidité s’est mondialisée. Et la pauvreté-paupérisation …allongée par ladite austérité…

Voces inocentes 

Innocent (DVD)

 

Inspiré par l’histoire vraie du scénariste Oscar Torres, ce film relate l’histoire d’un enfant de 11 ans, Chava, au Salvador dans les années 80. Le pays est agité par des tensions internes et les forces armées gouvernementales sont en lutte contre les rebelles du FMLN. L’armée enrôle dans ses troupes des enfants dès l’âge de 12 ans. Pour Chava, il reste un an avant de devenir à son tour un soldat.

Cultiver les guerres

Prix de la paix ou prix de la guerre? Chacun devrait voir ce film proche de ce qui se passe à Gaza, la où les enfants subissent la stupidité des "ADULTES".

Quand on fournit les armes, quand on retourne l’Histoire pour la ramener à de vieilles frontières pour "accaparement des terres" , ou autre "cause" fébrile, nous n’aurons pas cette paix à laquelle veulent vivre, et simplement  les citoyens qui cultivent la terre pour nourrir des tyrans invisibles.

La question qui tue: À qui peut-on donner un prix Nobel de la paix dans un monde qui cultive les guerres?

Je sais à qui:

Au paysan qui cultive tout ce que mangent ces salauds célèbres, juchés du haut de leur "statut-statue-future".

En attendant, les gauchistes sont tellement à droite, qu’ils finissent de faire de notre monde un "tour en rond" vers la case départ de la paupérisation, du barbarisme rose et de crises financières qu’ils nomment "austérité".

Allons donc visionner le film "Innocent", qui peut bien prendre bien des sens.  La version est ici en espagnol, mais le sujet est international. Trouvez le film en version française.

 

Gaëtan Pelletier , août 2014

P.S.: Croire à la "gauche" c’est comme croire à "dieu". Adieu la gauche!

 

 

 

 

 

Tirons nous

itinsightus: turquoblue:  lionnudes:  aw  cute

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FRANCE: "Putain! J’ai tiré sur un lion noir"

QUÉBEC:" Stie! j’ai shooté un lion de pas de la même couleur que les autres".

U.S.A: " Fuck! In the night, you cant’ see them!…

GP

Pour les yeux d’un phoque

M. Longuépée qualifie la décision d’« émotive ». « Pour avoir participé à plusieurs délégations, du côté de l’Union européenne, les gens nous disaient que c’est immoral de tuer un animal comme ça. Nous on pense que c’est aussi bien de tuer un phoque de la façon qu’on le chasse qu’à l’abattoir », dit-il.

Aux Îles-de-la-Madeleine, 900 familles vivent de la chasse aux phoques. Cette chasse est également une industrie importante à Terre-Neuve-et-Labrador.

Les prises des chasseurs restent bien en deçà du quota établi par le gouvernement fédéral, qui est d’un maximum de 400 000 phoques tués par année. La saison de la chasse avait mené l’an dernier à la capture d’environ 91 000 phoques. Plus de 300 000 phoques avaient été tués en 2006, 2007, 2008, avant que l’embargo soit mis en place. Source 

phoque

BB

Paul Sir

Nous sommes tous tendres, nous aimons les animaux, nous nous ressemblons, mais nous sommes vraiment tendres…

Et c’est bien ainsi…

Paul, Sir Paul, est végétarien. Il est venu s’étendre sur les glaces du Canada avec son ex épouse pour que cesse la chasse aux phoques. C’est terrible! Il devrait venir au Canada pour la chasse à l’orignal. C’est terrible!  Le cerf? C’est horrible! Il a de beaux yeux, vous savez!

chevreuil( Il ressemble drôlement à McCartney)

Personne de ces gens-là,  célèbres ne sont allés s’asseoir dans un poulailler ou dans un élevage de porc, cette viande si chère et si douce! … La plus ressemblantes à celle de l’homme. Un porc, c’est un porc… Il a l’allure d’un porc, le regard d’un porc et il a l’air de Churchill en train de bouffer son bacon le matin.

Mais la guerre? 

guerres

Oui la guerre! Il faut la faire. Enfin! Il fallait… La voilà économique! On la fait pour engraisser les revenus des conglomérats.

Mais si nous avons de si beaux yeux, c’est qu’il y a une autre vie derrière ceux-ci.

À la guerre, notre grand humaniste de week-end, – ou nos -, ne se déplacent pas pour aller se faire photographier en Afghanistan, en Libye, en Irak,  ou bien en Afrique. Pourtant, dans toute l’Histoire de l’Humanité, depuis un siècle on n’a jamais été aussi "sauvage", barbare et  hypocrite. Puisque l’Homme, maintenant, passe par la machine ( style drones) pour aller abattre des adversaires. La machine est une sort de lavabo…

On aime nos chats, mais on assassinerait notre voisin pour une clôture.

Voilà le bel enchevêtrement noueux dans lequel nous sommes calés à l’examen de la vie.

La vie, c’est maintenant comme celle des fous de Bassan:

fous de bassan

Ils sont en voie de disparition… Au Canada, il leur faut maintenant parcourir 600 km pour aller chercher la nourriture qui nourrira leurs rejetons. Alors, c’est si long – long comme la mondialisation -, que les enfants meurent de faim avant qu’ils rapportent la nourriture. Le problème est le suivant: les poissons, harengs, capelans, maquereaux  -dû au réchauffement des eaux, se déplacent vers des régions aux eaux plus froides.

C’est comme ça, qu’avec cette "mondialisation", on  s’entre tuent dans l’oeuf: nos enfants doivent déménager pour vivre. Les citoyens des pays en "guerres économiques" doivent déménager pour vivre. On a tout simplement et volontairement, pour des motifs économiques et de pouvoir, déplacé des gens en mode de "survie".

Et nous nous plaignons de vivre avec ceux-ci qui essaient de garder leur culture dans un petit quartier des villes…

La guerre permanente a incendié les peuples. Ils fuient le feu vers ceux qui les ont brûlés… Ils fuient le feu pour aller vers la fumée…

Un moindre mal…

P.S: Les riches carnivore se plaignent de la tuerie des animaux. NOUS  sommes des animaux. Nous nous tuons, mais nous ne nous mangeons pas entre nous. En "mode" science, on dirait que c’est une perte de protéines…

P.S.: 2 Pour le porc, il faudrait lire ou relire le petit billet que j’ai vécu. Alors qu’un commentaire me dit que c’est un conte. Non, j’avais six ans…

http://gaetanpelletier.wordpress.com/2012/01/27/lamographe-les-cochons-ne-meurent-jamais/

Gaëtan Pelletier

26 novembre 2013

L’ULTIME RETOUR DES BARBARES

Nouveau texte de:

Fethi GHARBI 

 

« Eh bien, oui, proclame Hitler, nous sommes des barbares et nous voulons être des barbares. C’est un titre d’honneur. Nous sommes ceux qui rajeuniront le monde. Le monde actuel est près de sa fin. Notre tâche est de le saccager… »

cité par    Jean-Claude Guillebaud,  La Refondation du monde, 1999, Seuil

 

 

« Invasions barbares » est une expression rejetée depuis quelque temps par les historiens allemands et germanophones. Ces derniers lui préfèrent le terme, moins péjoratif, de Völkerwanderung, qui veut dire « marche des peuples » ou « migration des peuples ». La plupart des historiens anglo-saxons parlent aujourd’hui de « Migration Period » pour évoquer cette longue et douloureuse agonie de l’empire romain. Mais tout est affaire de point de vue me diriez-vous.

 

Goths, Vandales, Suèves, Alains, Huns et  Burgondes avaient formé les premières vagues d’envahisseurs. Mais ce sont les Francs, les Alemans, les Bavarois, les Lambards et les Avars qui avaient eu raison de l’empire non seulement en le morcelant mais surtout en portant un coup fatal à la culture latine et à la civilisation gréco-romaine. C’est ainsi que sous les incessants coups de boutoirs des tribus  germaniques, on assiste à l’effritement  d’un état fort et centralisé. L’apparition de formes quasi-primitives de pouvoir a fini par soumettre l’Europe  pendant des siècles au règne chaotique de la féodalité et de la vassalité.

 

Au XIIIème siècle, les hordes mongoles se ruèrent sur l’ensemble de l’Asie pour envahir ensuite l’Europe de l’Est et l’Europe centrale et finirent par atteindre les Balkans et l’Autriche. De la Chine jusqu’en Hongrie, elles ne laissèrent sur leur passage que ruines et désolation. En 1258, Hulagu Khan, petit-fils de Gengis Khan décida de s’attaquer à l’empire abbasside alors sur le déclin. Bagdad qui demeurait néanmoins la capitale la plus florissante de l’époque comptait environ deux millions d’habitants. Le siège de la ville n’aura duré que trois semaines, à l’issue desquelles, le calife abbasside al-Musta‘sim signa sa reddition pour épargner la population. Mais faisant fi de la parole donnée, Hulagu investit la ville et procéda à un  massacre systématique des bagdadis. Selon certains historiographes, 800000 personnes passèrent au fil de l’épée. On parlait de milliers de savants égorgés. Bayt al-Hikma, la bibliothèque la plus richement dotée au monde, ainsi qu’un nombre impressionnant d’écoles, d’universités, de mosquées, d’hôpitaux disparaîtront, dévorés par les flammes. On rapportait que les eaux du Tigre virèrent au noir, souillées qu’elles étaient par l’encre de dizaines de milliers d’ouvrages jetés dans le fleuve par les barbares venus de la steppe. La destruction de Bagdad sonna ainsi le glas de  la dynastie Abbasside et accéléra la décomposition de l’empire arabo-musulman déjà chancelant. Deux des plus grands empires que l’humanité ait connus, minés par leurs dissensions internes, succombèrent et se désintégrèrent sous les coups répétés et incisifs de tribus plutôt démunies.

               

Ce mouvement cyclique des invasions barbares s’est cependant apaisé à la renaissance. Du moins c’est ce qui transparait à travers les écrits des historiographes européens . Or peut-on douter un seul instant de ce que pensaient les Aztèques et les Mayas des conquistadors, les africains de la traite des noirs ou encore les peuples colonisés piétinés par la maréchaussée française et britannique ?…

 

La barbarie cruelle et dévastatrice n’a en fait jamais disparu sauf à travers les euphémismes hypocrites et les antiphrases trompeuses des envahisseurs. En réalité, la barbarie est un phénomène régressif et redondant qui a toujours ponctué le devenir de l’humanité. A chaque fois qu’une civilisation s’essouffle à cause de ses contradictions internes et qu’elle perçoit l’inanité de son projet, elle prête le flanc aux envahisseurs comme si elle les invitait à lui assener le coup de grâce. L’historien des civilisations,  Arnold Joseph Toynbee n’affirme-t-il pas que les « civilisations meurent de suicide et non par meurtre.»

 

A la Renaissance, La civilisation occidentale produit de la refondation de l’humanisme antique se voulait une élévation de l’homme à la hauteur des anciens dieux. Le cogito de Descartes viendra au 17ème siècle consacrer la transcendance de l’esprit humain et annoncer implicitement les prémices de la mort de dieu. La raison raisonnante s’imposa alors comme puissance transformatrice de l’humanité et de la nature. Cependant, ni l’idéalisme humaniste chrétien  d’Erasme brisé par la violence des guerres de religion, ni les illusions de l’humanisme des Lumières ne purent résister aux aléas de l’histoire. Si l’humanisme a réussi à ébranler le joug de l’Eglise, il a par contre poussé l’égo de l’homo-europeanus à la démesure. Ce dernier, débarrassé de son surmoi se laissera emporter par une frénésie pulsionnelle qui marquera de son sceau toute l’histoire moderne. Ainsi le « JE PENSE » cartésien s’avéra  une exclusivité européenne alors que le reste de l’humanité ne constituait qu’un fragment végétatif d’une  nature bonne à être exploitée jusqu’à la moelle. Cette division du monde en deux humanités distinctes  ne cessera de structurer le rapport au monde de l’Europe et de ses excroissances, au mépris des principes humanistes les plus élémentaires. L’idée d’une infériorité naturelle, essentielle, de l’homme de couleur est si incrustée que le scandaleux  Code noir, ou édit sur la police des esclaves, rédigé par Colbert et promulgué par Louis XIV en1685 (1) laissa indifférents tous ces chantres de l’égalité naturelle qu’étaient les philosophes des Lumières  (2). Le principe de l’abolition de l’esclavage énoncé dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 resta lettre morte. Napoléon Bonaparte n’hésita pas à renforcer la pratique de l’esclavage et à réprimer dans le sang l’insurrection des esclaves  de Saint Domingue.

 

Lors de la conquête fiévreuse du nouveau monde, les pays européens  se livrèrent avec acharnement à la mise en valeur des territoires conquis. L’exigence  d’une main d’œuvre abondante et à bon marché conduisit vers la solution la plus simple et la plus rentable : la traite des noirs. C’est donc la mise en place d’un système économique lucratif qui est à la base de la métamorphose  d’une catégorie d’hommes en "nègres". Cette déshumanisation d’une partie de l’humanité sera avalisée après coup par l’Eglise romaine apostolique, l’église Anglicane, puis par l’ensemble des mouvements protestants.  Assimilés aux descendants de Cham, les noirs héritèrent de la malédiction qui le poursuivait. Selon le récit biblique, Cham père de Canaan, fils de Noé fut condamné à être « pour ses frères, le dernier des esclaves » pour avoir vu tout nu son propre père. La malédiction de Cham devint alors l’argument fondamental de tous les esclavagistes européens qui n’hésiteront pas à se soumettre à la volonté de dieu.

 

C’est seulement au XIXème siècle que l’argumentaire religieux s’essouffla et céda la place à des justifications de type rationaliste. Une pléiade de philosophes et de penseurs se mettait à l’œuvre pour démontrer la supériorité biologique de l’homme blanc. La déshumanisation s’étendra cette fois-ci à l’ensemble des races non blanches. La vague abolitionniste à la seconde moitié du XIXème siècle s’explique non par une quelconque élévation morale mais par l’apparition d’une nouvelle forme, plus élaborée et plus systématique, de l’exploitation de l’homme par l’homme : le colonialisme. En effet, les deux tiers de la planète furent soumis en un tour de main à l’impérialisme européen et des centaines de millions d’humains se retrouvèrent asservis et déshumanisés au nom d’une prétendue hiérarchie raciale. Le fameux code noir, tombé en désuétude, fut promptement remplacé par un texte tout aussi dégradant : le code de l’indigénat (3). Ainsi La brèche ouverte par l’ancien régime se transforma avec ce nouveau mode d’exploitation en béance divisant irrémédiablement  l’humanité en deux entités irréconciliables. Ce racisme colonial qui dans un élan faussement universaliste voyait dans le colonialisme une prétendue entreprise civilisatrice des races « inférieures », emportait l’adhésion de tous les courants politiques de l’époque. Quelqu’un comme Friedrich Engels trouvait que «… la conquête de l’Algérie était un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation… » (4). Le pas sera toutefois vite franchi vers un racisme plus radical, le racisme différentialiste qui pose les races non blanches comme biologiquement impures, et porteuses de tares transmissibles. Plusieurs auteurs du XIXe siècle, tels que Joseph Arthur Gobineau (1816-1882), George Vacher de Lapouge (1854-1936) et Karl Von Chamberlain (1855-1927), considéraient toute forme de métissage des races comme une atteinte à la pureté des races supérieures. Dans son Essai sur l’inégalité des races humaines, Gobineau soutenait que l’hybridation des races entrainait inéluctablement la dégénérescence de la race aryenne, l’affaiblissement de ses qualités et ultimement, sa dissolution. Le darwinisme social viendra renforcer ce courant de pensée. Pour le philosophe et sociologue Herbert Spencer (1820-1903),  le mécanisme de la sélection naturelle décrit par Darwin serait totalement applicable au corps social. La lutte pour la vie entre les êtres humains est par conséquent l’état naturel des relations sociales. Les conflits deviennent ainsi la source fondamentale du progrès et de l’amélioration de l’espèce. La concurrence entre les êtres ou groupes humains ne doit aucunement être entravée par une quelconque mesure de protection ou d’assistance. Seule la lutte acharnée pour l’existence est en mesure de favoriser la survie des "plus aptes" et l’élimination des "moins aptes". Le physiologiste britannique Francis Galton (1822-1911), ira encore plus loin. Pour lui, l’Européen moderne est l’être humain qui possède les meilleures capacités génétiques. Pour les préserver et éviter que le patrimoine génétique humain ne dépérisse, les porteurs de «mauvais» gènes devraient être stérilisés ou empêchés de se reproduire.

Il n’en fallut pas plus pour qu’une bonne partie du monde occidental se trouvât secouée par une folle vague eugéniste. Ce mouvement connut un essor particulièrement rapide aux États-Unis. Dans les premières années du XXème siècle, au nom de lois diverses prétextant entre autres le «déclin de l’intelligence américaine», des dizaines de milliers de citoyens américains asiatiques, noirs, européens du Sud et de l’Est furent stérilisés malgré eux. Le phénomène s’étendra ensuite au Canada, aux pays scandinaves, à la Grande Bretagne, en Suisse et en Allemagne.

 

Faut-il alors prêter foi aujourd’hui à toutes ses âmes sensibles horrifiées par les exactions nazies pendant la deuxième guerre mondiale? Voilà près de soixante-dix ans que l’immense majorité de l’intelligentsia occidentale et de ses crieurs publics ne se lasse point de jouer les vierges effarouchées face aux horreurs commises par Hitler. Or ce dernier n’est ni une exception pathologique ni une parenthèse macabre ayant entaché pour un moment le cours normal de l’histoire, mais la quintessence, l’aboutissement, le produit final de ce mythe fondateur de la modernité occidentale : la barbarie raciste. Les crimes nazis, faut-il le rappeler à tous ceux qui souffrent d’amnésie lacunaire, n’ont rien à envier au génocide des amérindiens et des aborigènes, ni à la traite impitoyable des noirs par les esclavagistes européens ni aux massacres systématiques des « indigènes » révoltés des colonies. Fervent lecteur des Gobineau, Spencer, Chamberlain ou encore Galton, Hitler était avant tout autre chose le disciple d’auteurs racistes français et britanniques. Cependant, à l’inverse du racisme conquérant des adeptes universalistes du « progrès », le racisme nazi, découle du mouvement völkisch (5) apparu en Allemagne à la fin du XIXème siècle; un mouvement que le sentiment de frustration lié à la défaite de 1918 et la crise de 1929 ont renforcé. Ce courant raciste foncièrement anti-juif et anti-slave, ravivant un passé germanique mythique, rêvait d’une expansion continentale, seule en mesure d’offrir un espace viable au génie du volk (6) germanique. Cet espace vital ne souffre aucune promiscuité et se doit d’être purifié des autres volk qui menacent sa vitalité. Toutefois, malgré sa particularité et sa vision romantique réactionnaire, le racisme allemand s’inscrit bien dans la logique raciste européenne ; il en constitue l’étape ultime, celle de l’épuration pure et simple de l’altérité impure. Or ce violent repli identitaire allait paradoxalement fleurir et se concrétiser chez ceux-là même dont les nazis projetaient l’extermination. Hitler doit bien sourire de satisfaction dans sa tombe, lui qui avec la création d’Israël, a certainement réussi ce qu’il a lamentablement raté dans son propre pays : une entité tournée vers un passé mythique, raciste, ségrégationniste et qui depuis soixante-dix ans use de tous les moyens sordides pour épurer son « espace vital » (6). Ce tribalisme nazi et sioniste, signe précurseur de l’échec de l’universalisme libéral, annonce déjà l’éclatement identitaire qui secoue l’humanité en ce début du XXIème siècle.

 

L’extermination de millions de tziganes et de juifs et l’anéantissement monstrueux des habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, toutes ces horreurs n’ont pas réussi à ébranler d’un iota ce mythe abominable. La hiérarchisation raciale qui constitue l’assise économique de la modernité continue malgré tout à hanter l’imaginaire occidental. En effet, la vague des indépendances des années soixante et l’avènement du néo-colonialisme vont favoriser une nouvelle forme de  racisme à tendance «culturaliste». Maintenant, ce ne sont plus les races mais les cultures qui forment des blocs homogènes dont les différences sont incommensurables et irréconciliables. L’altérité se trouve alors dotée d’une « nature culturelle » essentialisée et irrémédiablement figée.  La crise économique qui s’installe depuis les années soixante-dix ne fera qu’attiser ce « racisme sans race » qui rappelle à bien des égards  l’antisémitisme d’antan, mais sous une forme bien plus généralisée. Aujourd’hui, en lieu et place de la culture essentialisée du juif, c’est la culture de l’arabo-musulman ou de l’africain qui se trouve stigmatisée et infériorisée, voire même diabolisée. Ainsi voit-on se développer à travers toute l’Europe un discours de l’exclusion  à l’encontre  des immigrés issus des « anciennes » colonies en les rendant responsables de tous les maux d’une société en crise. Le paradoxe est qu’on n’hésite pas à taxer certains groupes ethniques de communautarisme alors qu’on use de tous les moyens pour les empêcher de s’intégrer. Les émeutes d’octobre 2005 illustrent l’impasse dans laquelle se trou ve empêtré le système politique français qui n’arrête pas de bafouer les valeurs républicaines tout en prétendant les défendre. L’épouvantail de l’islamiste et du musulman confondus, brandi en tout lieu et jeté en pâture aux peuples occidentaux malmenés par les retombés de la crise capitaliste mondiale ne manque pas de nous rappeler le sort réservé aux juifs et aux communistes pendant les années trente en Europe. Mais cette fois-ci, la chasse aux sorcières prend des proportions énormes et couvre depuis plus de vingt ans l’ensemble du monde arabo-musulman.

 

La névrose expansionniste occidentale  atteint aujourd’hui sa culminance  avec son ultime variante idéologique : le choc des civilisations. Les centaines de chaines de télévision wahhabites du Golfe d’un côté et les médias occidentaux de l’autre, obéissant  tous aux ordres du même maître, ne font qu’attiser les haines et asseoir cette thèse si chère au feu Samuel Huntington.  Avec la diabolisation du monde arabo-musulman, il ne s’agit plus de justifier le bien-fondé de l’esclavage ni de défendre les bienfaits de la colonisation mais de légitimer l’épuration pure et simple de toute une civilisation. En effet, le volk anglo-saxon, dans le cadre de son projet euro-atlantique compte  aplanir l’espace allant de l’Europe du nord aux confins de l’Oural. La mondialisation néolibérale a bien besoin d’un espace vital à la hauteur de sa démesure. Tous les volk qui font obstacle seront systématiquement réduits. La tragédie du monde arabe est de se trouver géographiquement et énergétiquement en travers  du chemin de cette vaste entreprise de démolition.

Depuis les années quarante la guerre ne semble plus avoir pour objet la domination  du vaincu mais son extermination. Les horreurs commises par Hitler et par Truman ainsi que  les massacres en Algérie, au Vietnam, à Sabra et Chatila, au Rwanda, à Gaza  pour ne citer que ceux-là, ne sont que la conséquence  directe de ce long processus de déshumanisation qui atteint aujourd’hui sa phase terminale. L’oxymore du « chaos constructeur » est d’une limpidité aveuglante. Pour les néo-conservateurs la guerre devient ainsi synonyme d’éradication. C’est cette logique qui oriente les stratèges américains dans les guerres qu’ils mènent depuis le début des années 90 contre le monde arabe. L’embargo imposé à l’Irak pendant plus de dix ans a fait plus d’un million de morts dont une majorité d’enfants privés de médicaments. L’utilisation intensive de munitions à l’uranium appauvri pendant la première et la deuxième guerre du Golfe a contaminé de manière indélébile le sol irakien et condamné des millions d’irakiens à mourir de leucémie ou par d’autres formes de cancers. Les euphémismes ridicules tels que « guerre propre » ou encore « frappes chirurgicales » cachent piteusement cette stratégie de l’extermination. Or ces empoisonneurs ne se doutaient nullement de ce que le sort leur réservait.  La « guerre à zéro mort » promise par Colin Powell s’avère un gros mensonge lorsqu’après quelques années, un grand nombre de vétérans des guerres du Golfe se trouvent atteint de leucémies, de cancers des ganglions, de perte de poids, de déficiences pulmonaires, sans compter les malformations congénitales dont souffre leur progéniture. Sur les 697 000 soldats américains engagés dans l’opération «Tempête du désert» de 1991, 183 000 touchent aujourd’hui une pension d’invalidité et 10 000 sont décédés des suites de leurs maladies.

                                                                                                                                                          

 Si la première guerre du Golfe n’était pas allée à son terme, c’était simplement pour  apeurer l’Arabie Saoudite et d’autres pays de la région et de les pousser ainsi à solliciter le déploiement de l’armée américaine sur leur sol. L’épouvantail surmédiatisé d’un Saddam Hussein  belliqueux et vindicatif a suffi pour jeter tous ces rois et roitelets dans les bras tendus de l’oncle Sam. Mais c’est la deuxième guerre du Golfe qui allait constituer le vrai champ d’expérimentation du chaos, une avant-première de la tragédie qui secoue aujourd’hui  l’Afrique du nord et le Moyen Orient. Il ne s’agit plus de vaincre une armée ou de renverser un pouvoir ou même d’occuper un pays mais de détruire des états avec toutes leurs institutions et de diviser dans le sang des sociétés en dressant les groupes ethniques et confessionnels les uns contre les autres. Il faut toutefois préciser que cette gigantesque manœuvre de déstabilisation du monde arabe, cyniquement  appelée « printemps arabe » s’inscrit dans une démarche dont les racines remontent bien loin dans le temps. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis, jouant sur le sentiment identitaire religieux des Tchétchènes, des Kazakhs, des Ouzbeks, ont réussi à dresser ces peuples contre les communistes athées. Les Américains s’empresseront de prendre le relais. En juillet 1953 alors que la guerre froide battait son plein, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis. Elle est reçue à la Maison-Blanche par le président Dwight Eisenhower. Celui-ci s’adresse à ses invités en ces termes : «notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme». Saïd Ramadan, gendre et successeur de Hassan Al-Banna, fondateur du mouvement des « frères musulmans » faisait partie de la délégation (7). Il sera désormais l’acteur principal de la guerre d’usure menée contre le régime nassérien et contre tous les régimes et courants politiques progressistes du monde arabe. Un prosélytisme religieux tous azimuts s’étendra alors de l’Europe occidentale jusqu’en  Asie centrale, généreusement financé par l’Arabie Saoudite et soutenu par l’ensemble des pays occidentaux.  Des milliards de dollars seront investis dans la création partout dans le monde d’universités théologiques, d’écoles coraniques, de mosquées et d’institutions religieuses de toute sorte qui auront pour rôle d’encadrer les musulmans de l’intérieur ainsi que ceux de la diaspora. Il ne fallut pas plus de vingt ans pour que des couches importantes de la jeunesse arabe et islamique se soient « convertis » à l’intégrisme wahhabite. Les étasuniens n’ont plus que l’embarras du choix pour puiser parmi ses masses fanatisées autant de combattants qu’ils veulent. Des Moudjahidines de tous les coins et recoins du  monde arabe et islamique sont envoyés en Afghanistan combattre les mécréants soviétiques(8). Une armée d’exaltés qui ne coute  presque rien à ses commanditaires a fini après des années d’harcèlement par épuiser une économie soviétique déjà  chancelante et accélérer de la sorte l’implosion de l’URSS. Les occidentaux ne s’arrêteront pas là, ils useront du même stratagème pour provoquer l’implosion de la Yougoslavie. Il faut cependant se rappeler que bien avant l’instrumentalisation des islamistes, l’OTAN a levé dans tous les pays de l’Europe occidentale une armée secrète au nom de Stay-behind (9). Chaque pays avait son propre réseau. Celui de l’Allemagne de l’Ouest par exemple portait le nom de Schwert (glaive en allemand), créé à la fin des années 1940, Il était composé à l’origine d’anciens SS. Le réseau italien Gladio (glaive en italien) recrutait ses membres parmi les organisations fascistes. Il s’agissait pour l’OTAN d’armer, d’entrainer et d’entretenir des groupes armés d’extrême droite connus pour leur haine viscérale du communisme. Ces réseaux étaient constitués de cellules éparpillées sur l’ensemble des territoires des « démocraties » occidentales à l’insu de leurs parlements. A l’origine, ces cellules auraient constitué autant de poches de résistance à une probable invasion soviétique. Mais la montée fulgurante de certains partis de gauche comme par exemple le parti communiste italien allait changer la donne. Il devenait alors impératif de pointer ses armes contre cette menace venue de l’intérieur. D’après l’historien Daniele Ganser (10), L’essentiel des attentats terroristes qui ont ensanglanté l’Europe Occidentale jusqu’à la fin des années quatre-vingt et que l’on attribuait faussement à l’extrême gauche étaient en fait l’œuvre de ces groupuscules fascistes commandés par l’OTAN. L’attentat de la gare de Bologne en 1980 ou encore celui de la fête de la bière de Munich en 1980 sont deux épisodes douloureux d’une longue série d’actions terroristes non revendiquées et non élucidées pour la plupart. Ces crimes abominables commis à l’aveugle contre des concitoyens s’inscrivent selon Ganser dans une « stratégie de la tension » consistant à discréditer l’ennemi en lui imputant des actions terroristes qu’il n’a point commis. L’assassinat de civils innocents, en suscitant la peur et la haine chez le reste de la population finit par diaboliser celui qu’on veut disqualifier ou agresser. Cependant, tous ces attentats sous fausse bannière, en semant la terreur en Europe pendant la guerre froide, n’ont surtout servi qu’à soumettre définitivement la politique européenne aux exigences des Etats-Unis.

                                                                                   

C’est cette stratégie du mensonge et de la manipulation qui a modifié l’art de la guerre depuis plus d’un demi-siècle en érigeant en système le terrorisme d’état. Ayant amplement atteint ses objectifs pendant la guerre froide, la « stratégie de la tension » n’a pas désarmé pour autant. Une fois débarrassés du péril rouge, les états occidentaux s’empresseront dès les années 1990 d’inventer le péril vert. Les impératifs géostratégiques ont besoin plus que jamais de maintenir la « tension ». Voilà que les moudjahidines, applaudis lors de la guerre sovieto-afghane retournent subitement leurs armes contre leurs anciens commanditaires. Vraie révolte ou pure simulation ? Là est la question ! Mais a-t-on vraiment besoin de le savoir ?! Le décor est déjà bel et bien planté et l’ange du mal a vite fait d’entrer en scène. A chaque attentat, hommes politiques et médias, piégés par leur racisme culturaliste, partent en croisade et dans la confusion la plus totale contre l’islamisme, le djihadisme, le salafisme, l’islam… Mais qu’à cela ne tienne, l’amalgame, dans le contexte de cette guerre mondiale qui ne dit pas son nom, devient une arme de destruction massive des esprits. Quelques milliers de mercenaires et de fanatiques qu’on agite d’une télévision à l’autre ont suffi pour scinder le monde en croisés et en sarrasins en moins d’une décennie. L’attentat du 11 septembre viendra alors à point nommé constituer le nœud de l’intrigue. Les preux et très chrétiens marchands d’armes et de pétrole, courroucés par tant de sauvagerie, partent en chasse, décidés d’en finir avec ces hordes barbares de Gog et Magog, tout cela au grand soulagement du bon peuple et au bénéfice de la divine démocratie. Oui, il faut bien s’y résoudre, les guerres d’aujourd’hui ne sont plus celles de la liberté contre l’égalité, deux utopies du siècle précèdent, tombées en désuétude mais celles des intégrismes.

 

Cette guerre mondiale contre le terrorisme qui broie l’Irak et l’Afghanistan depuis une dizaine d’années aura largement suffi à l’incubation du mal qui depuis 2011 explose et embrase  l’ensemble du monde arabe. L’extraordinaire est que l’OTAN et à sa tête les Etats-Unis, en imposant une guerre dissymétrique à l’Irak puis à la Libye a abandonné en toute diligence ces deux pays aux mains de terroristes métamorphosés, je ne sais par quel miracle, en « révolutionnaires ». Qui ne se souvient du spectacle surréaliste du sioniste Bernard-Henri Lévy haranguant en Matamore les islamistes d’Al Qaeda à Benghazi ! On doit au moins reconnaitre au « printemps arabe » d’avoir mis à nu les plans atlantistes : l’instauration du chaos au sein du monde arabe en livrant ce dernier, pieds et poings liés au terrorisme. Faut-il alors continuer à se perdre en vaines conjectures alors que l’OTAN joue à visage découvert ! Les condamnations proférées hypocritement après chaque abomination commise par les intégristes font sourire les plus crédules. Il devient clair aujourd’hui que l’OTAN ne s’est jamais départi de sa « stratégie de la tension ». Le soutien inconditionnel apporté en ce moment aux extrémistes islamistes par l’Occident et par ses vassaux du Golfe porte à croire que les attentats commis par Al Qaeda tout au long des années 1990 n’auraient été que des false flag operations, des crimes ourdis sous faux pavillon servant à légitimer la déstabilisation de tous ces pays qui de l’Afrique du Nord à la mer Caspienne reposent sur d’énormes réserves de gaz et de pétrole. C’est probablement la première fois dans l’histoire  moderne qu’une hyperpuissance opte pour une guerre asymétrique par terroristes interposés, une guerre beaucoup moins couteuse et où toutes les atrocités et tous les coups bas sont permis.

 

Si l’armée secrète de l’OTAN, formée pour l’essentiel de fascistes er d’anciens nazis, avait pour mission de  discréditer la gauche européenne pendant la guerre froide, les extrémistes islamistes ont quant à eux la double mission de diaboliser le monde arabo-musulman aux yeux de l’opinion publique et de  déstabiliser par la violence  les pays qui recomposeront le Nouveau Moyen-Orient. Dans des pays comme la Tunisie ou l’Egypte, la montée au pouvoir des frères musulmans par la voie démocratique servira à démanteler en douce les institutions étatiques et à aplanir ainsi le terrain avant l’entrée en scène des djihadistes. Par contre dans des pays comme la Libye, où l’état est inconsistant, on choisit d’instaurer immédiatement le chaos en détruisant le pouvoir politique et en mettant le pays entre les mains de bandes armées rivales. Dans les deux cas de figure, le délitement de l’Etat par la généralisation de la contrebande et par l’exacerbation des luttes intestines interethniques et interconfessionnelles constitue l’objectif premier du « printemps arabe ». En effet, avec la destruction de l’Etat, la classe politique, les acteurs économiques ainsi que l’ensemble des composants  de la société, dépourvus de garde-fou, finissent toujours par se livrer une lutte à mort dans la confusion la plus totale. Sans nul doute que les promoteurs du nouvel ordre mondial tiennent ainsi à vérifier l’hypothèse de « l’état de nature » si chère à Hobbes, tout en y mettant bien entendu leur grain de sel. Lynchages, viols, lapidations, scènes d’anthropophagie…C’est de loin  plus palpitant que tous ces  western d’antan où de  méchants peau-rouge torturaient à mort de paisibles visages pâles. Mais ce n’était alors que de la fiction. Aujourd’hui, quelques milliers de cabotins sanguinaires, armés jusqu’aux dents, font office de fossoyeurs attitrés d’une civilisation millénaire. Tous ces fanatiques manipulés tentent à travers les horreurs qu’ils commettent d’exclure du présent le monde arabo-musulman  en l’ensevelissant sous les décombres d’une histoire mythique qu’on veut sombre et barbare. A trop vouloir déterrer leur mythe,  ces fous-furieux de Dieu ne font en fait que creuser leur propre tombe et celle de ceux qu’ils combattent, tout cela sous l’œil sadique de l’Empire en construction. Générer la barbarie pour asseoir les bases d’un nouvel  empire, tel est probablement le dernier acte de cette tragédie qui ensanglante  depuis plus de deux siècles la planète. Cet ultime retour de la barbarie est certainement le signe annonciateur d’une civilisation qui s’autodétruit, impuissante face à l’inanité de son projet. La désacralisation des religions séculières plonge depuis quelque temps le monde dans l’incertitude et la confusion la plus totale. En effet, Les idéaux de liberté et d’égalité qui ont tenu en haleine tout le  XXème siècle ne sont plus en mesure d’entretenir l’illusion des lendemains qui chantent promis par la modernité. Ce vide symbolique insupportable ne tardera pas à être comblé par toutes sortes de replis identitaires. Un tel  processus permet dans les situations de troubles et de mutations rapides de verbaliser l’anxiété et même  de l’atténuer en redonnant, grâce à des référents historiques,  territoriaux, culturels ou religieux du sens à ce qui semble ne plus en avoir. C’est dans ce contexte que la machine à remonter le temps s’est mise en branle,  embarquant à son bord   des légions d’intégristes désespérés tentant d’échapper magiquement à l’asphyxie du présent.  Mais une fois radicalisée, cette « proclamation identitaire » s’exacerbe et  aboutit à une polarisation antagoniste où  l’altérité menaçante   devient un danger  imminent qu’il faut immédiatement détruire. C’est cette logique de l’anéantissement de l’autre promue par le nazisme  qui réapparait en ces temps troubles d’une civilisation qui agonise. En effet, à  l’image du mouvement volkisch qui a fait le lit du nazisme en Allemagne, l’intégrisme juif et l’intégrisme islamiste s’accordent  pour ressusciter chacun de son côté sa propre histoire mythique.  Les sionistes en procédant depuis plus d’un demi-siècle à des massacres ponctuels de palestiniens, s’adonnent en quelque sorte à un rite sacrificiel  sensé épurer leur prétendu espace sacré.  Les takfiristes usent de la même violence pour exterminer les apostats, épuration  nécessaire à l’exhumation de leur khalifat mythique.  Il importe toutefois de souligner que bien que s’identifiant aux fondamentalismes religieux, ces obsessions identitaires pathologiques ne sont autres qu’un pur produit d’une modernité aux abois.

 

Les massacres perpétrés par les sionistes à Gaza, déchiquetant jour après jour et sans jamais se lasser les corps de femmes et d’enfants et les horreurs commises par Daech en Syrie et en Irak… une telle violence insensée finit par fissurer l’image que nous avons  de nous-même. Mais Lorsqu’on voit des israéliens exulter de joie sur les réseaux sociaux, savourant en barbares les carnages commis par leur armée et lorsqu’on voit des djihadistes exhiber triomphalement les entrailles de leurs victimes, on finit par comprendre que le processus de déshumanisation entamé depuis des siècles  vient d’être parachevé. La crise identitaire consécutive à la crise de valeurs d’une civilisation qui chavire tombe au bon moment pour  ces Machiavel du néolibéralisme. Incapables de continuer à tirer profit du capitalisme productif et sachant pertinemment que les jours du capitalisme financier sont d’ores et déjà  comptés, ils choisissent de rafler la mise. Si la destruction  des sociétés arabo-musulmanes par la manipulation et l’exacerbation des conflits ethniques et confessionnels bat aujourd’hui son plein, la faillite imminente des états européens risque de plonger de son côté  les peuples d’Europe dans un cycle de violence inouïe. Le chaos constructeur aura ainsi parachevé son œuvre destructrice.

Fethi GHARBI

1) http://fr.wikisource.org/wiki/Code_noir/1685                                    

 2) Laurent Estève : Montesquieu, Rousseau, Diderot : du genre humain au bois d’ébène . Les silences du droit naturel  Ed. Unesco

3) http://inter.culturel.free.fr/textes/indigenat.htm

4) http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article1315

5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_v%C3%B6lkisch)

6)  Volk qui signifie peuple en allemand constitue pour le mouvement volkisch un tout unique, une communauté immuable tournée vers un passé mythique que les évolutions de la société dans les années 1860 désorganisent et disloquent. Pour le  mouvement, les agents de division de la nation allemande sont les libéraux et les Juifs fervents défenseurs de l ’universalisme.

7)  Ian Johnson, Une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident, JC Lattès

8) http://www.youtube.com/watch?v=Osc2o5Vs4Z8&hd=1#

9) http://www.youtube.com/watch?v=Z7LmCs51Z5g&hd=1

10 Daniele Ganser,  Les armées secrètes de l’OTAN , édit. DemiLune

NIP!NIP!NIP!Hourra!

Credit-Card-Fraud

"Depuis ce jour, quand je me vois dans une glace, je vois mon permis de conduire…"  (GP) 

" Le fumier sert à enrichir les champs et les banques". Robert Meunier, fermier inconnu du net. 

***

Ce matin, je suis allé à une institution financière, honteux, pour faire réactiver ma carte de débit. J’avais inscrit deux fois le mauvais NIP, et plouc! Le système automatisé me refuse l’accès à mon conte. Investir ou encore « préparer » ses vieux jours, c’est un conte en banque.

Mais bon!

C’était pendant une canicule, parce que mon corps ne supporte pas les alentours de 30 degrés. Dehors, ça vacarmait à n’en plus finir avec les travaux d’aqueduc. Au Québec comme ailleurs, on est caduc partout. Tout le monde a des tuyaux pour faire pousser de l’argent à travers l’asphalte.

***

L’institution financière serait un fleuron du Québec. Si on la prononce bien, on obtient un potager comme dans « Des jardins ». Mais là, il n’y pousse que de l’argent. Construire pour aider les petites gens, elle s’aide maintenant elle-même en jouant dans le grand circuit de la mondialisation :Money for Nothing, comme dit la chanson.

Je me dirige vers le comptoir, présente ma carte à une jeune employée. Elle est  nerveuse à frémir du regard. Un regard d’écureuil qui a un chien devant lui, sous l’arbre, mais vêtue comme les lys des champs. C’est tellement beau que j’enlève mes lunettes pour ne pas la voir.

En fait, je ne reconnais plus personne. Avant, c’étaient des voisins d’un petit patelin rural qui y  travaillaient. Alors, on s’informait de la vie des enfants, on rigolait et on promettait de se rencontrer lors du prochain festival. Car tous les villages du Québec ont des festivals.  À  Sainte-Perpétue, on a le Festival du cochon. Il faut – entre autres- attraper un cochon graissé. Je sais que c’est difficile à imaginer, mais une image sera parfaite. On graisse le cochon et on essaie de l’attraper.

 Une foule record au Festival du cochon

Photo:  Yves Charlebois / Agence QMI

***

Mouton:  retour aux…

Je lui explique le cas, mais elle dit ne pas pouvoir m’aider. En fait, elle ne sait pas comment faire.

- Allez à l’accueil.

À l’accueil, on me dit qu’on n’a pas les outils nécessaires pour activer la carte. – Allons au comptoir.

Oups! J’ai perdu mon rang dans la file. Et la fille dans mon rang. Cette fois, c’est un jeune homme qui a sans doute terminé son secondaire, mais duquel émane un flegme rassurant.

On me demande une carte d’identité. Je tends mon permis de conduire avec cette photo obligatoire de « sans sourire », aussi triste que le monde « contemporain » : c’est-à-dire que vous avez l’air de quelqu’un qui vient de sortir d’une prison. Aujourd’hui, t’as plus le droit de sourire, même devant un guichet et des « personnes réelles » un peu imbibées du robotisme du monde des affaires.

La meilleure question revient à la dame en cheveux jaunes est celle dans laquelle elle  me demande combien de fois j’ai  tapé mon NIP ( Numéro d’Identification Personnel) avant que la carte me soit « retirée ».

 – 2 fois.

Soupçonneuse, elle me regarde et ajoute :

- Pas trois fois?

 -Non, deux.

- Mais on vous a affiché : VOTRE CARTE VOUS EST TEMPORAIREMENT RETIRÉE?

C’est étrange! À la banque, on ne sait plus compter jusqu’à trois : deux essais. Car elle m’avait demandé combien d’essais.  En plus, quelle carte? La carte de la « machine » se nomme carte de débit.  Et non pas   carte de crédit…

C’est du  delirium  

-Venez au comptoir.

***

Beau bureau! On se croirait  à Dubaï. Du moins dans un ascenseur… C’est lustré jusque dans les recoins. Des vitres, des chaises chromées, des dames or donné…

 -Bon, je vois que vous avez un mot de passe de seulement 5 lettres :

*****.

- Ou chiffres… ai-je souri.

- Pour votre sécurité, vous devriez avoir un mot de passe plus … complexe…

A fin de ne pas être victime de vol.

Bien bonne celle-là! Un voleur sait qu’il n’a pas droit à plus de deux tentatives, alors il vous vole votre NIP avant votre carte. Happy together!  :-)

-Madame! On ne peut même pas se voler soi-même…

-Je vous conseillerais…

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais nous vivons dans un monde de « conseillers spécialistes ». Il en pleut. Ils sont partout. Goutte à goutte. Goûte et dégoûte. Des blattes d’institutions. Ils sont tous savants, spécialisés, avec leur petit diplôme affiché au mur. Ils nous arrosent de conseils comme si nous étions des abrutis. Des séchés à froid.

 

J’ignore  si j’avais tort, mais je me voyais  comme participant au  festival du cochon de Sainte-Perpétue. Mais c’est  qui le cochon? Quand on vous demande 7 % à 12% pour un prêt et qu’on vous en donne 1%  pour vos placements,  j’ai vite compris la raison pour laquelle  grand-papa gardait ses avoirs dans un cochon-tirelire. Mais plus encore : au festival, ce n’est jamais le cochon qui,  même en gagnant, mange l’humain qui le saisit et le  rôtit après la fête. Non, le cochon est un amusement pour le public. Il y aurait eu une foule record au festival cette année.  6000 personnes. Soit le double de la population du village.  Et mon « institution bancaire » aurait fait des profits records dans un monde au prêche d’austérité. Prêchons! Prêchons! Dépêchons-nous de prêcher…

Ma photo de permis de conduire est maintenant installée dans tous les visages du « pas le droit de sourire » parce que les affaires sont sérieuses. Quand on parle d’argent… On ne parle plus de la vie. On est des androïdes à la Philip K.Dick. Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?.  Ma photo est laide comme toutes les photos des gens qui ne peuvent dévoiler leur  sourire.  En plus, comme dans le Blade Runner de P.K. Dick, on doit prouver que l’on a un passé pour prouver que l’on est vraiment des êtres humains et non des androïdes. Mais il s’avère que l’on active le système pour faire le contraire.

***

- Monsieur! Monsieur! -

Votre NIP?

-Bon, je vais en choisir un. Mais j’hésite entre deux.

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Je tape :

 

« levoleurdecartes »

- Ça m’a l’air pas mal.

- Un autre?

 

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« jaiperdumonnip ».

 

- Êtes-vous sûr de vous en souvenir?

 

 

Gaëtan Pelletier

5 août 2014

La drogue à mille ans

 

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"Ne vous demandez pas ce que vous pouvez faire pour votre nombril, demandez vous ce que votre nombril peut faire pour vous". 

Jocelyn Beauregard 

"J’ai vu un roux en train d’aider quelqu’un…  Un roux de secours"

Mathieu, humoriste en devenir

***

L’Histoire de l’humanité, malgré ses changements de frontières, est assez simple.

Les clans misérables d’il y a 10, 000 ans devaient survivre. Et pour survivre il fallait une certaine solidarité. Dès qu’ils purent former des "tribus fonctionnelles", avec leurs lois, leurs modes de vies, leurs valeurs, les autres tribus qui avaient développé, sur leur territoire, d’autres "valeurs", d’autres visions des dieux, une certaine culture, l’étincelle a jailli. L’équation de deux qui ont raison et s’entre tuent pour avoir raison ou vérité donne deux imbéciles pompeux.

C’est ce que nous voyons tous les jours dans les journaux, à la télévision, mais rien ne bat l’internet pour le grand combat des idées. Les idées passent avant la vie.  Et ça, les conquérants l’ont compris.

1. Les gens simples ne cherchent pas de grandes idées, de grandes organisations: ils "fabriquent" des enfants, travaillent, et retournent à la maison quand elle n’a pas été démolie. Ils fabriquent des enfants qui seront fabriqués pour être re moulés par le Syndrome de Stockholm . Et la descendance n’offrira plus de résistance. Elle reprendra du service.

2. On veut l’instruire pour l’esclavager. Au point où chacun est devenu un "clan" à lui seul, tant son nombril qui a grimpé au cerveau prend une grande bouffée de connaissances en pensant avaler toutes les connaissances de cette planète, Histoire, Philosophie, mais surtout l’Économie. Toutes trafiquées pour votre bon plaisir par les États dirigeants par la propagande chez les sauvages roses (USA) ou par la force chez les dictateurs… Ou présentés tels..

3. Une fois soumis au modèle des idoles élues ( comme Bush JR, ou autres personnages "biblique" contemporain,  tyranniques ou non), le petit travailleur qui regarde la mer, le ciel, les arbres, les fleurs est soumis au diktat de l’État monstrueux. Ce n’est pas un mouton, c’est un  narcotiqué semi conscient.

4. Mais il travaille pour "fabriquer" son bonheur et celui de l’humanité.

5. Mais rien n’a vraiment changé: notre citoyen dépoussiéré, gavé de connaissances, voué à des hommes d’État, à cette "perfectitude" présentée comme la seule alternative à la vie s’en fait une religion dans une multitude de religions. Car tout est religion, croyances, martèlement idéologico-propagandisme ,  toujours meilleurs, toujours amélioré en surface, mais pourri de l’intérieur.

6. Une fois "drogué", notre citoyen qui regarde la mer, les plantes, la Vie, son dieu, s’en retourne à la maison. Il fournit à l’État la moitié de sa sueur. Il fournit à l’État ses enfants soldats. Il fournit à l’État le sang qui tracera les lignes de l’Histoire. Ce n’est pas un soumis… C’est le soumis de soumis au cerveau délavé.

7. Le pusher d’État ne sait pas qu’il vend une certaine drogue concoctée par le cartel de la gente économique qui croit (presque) fermement qu’elle doit acquérir et vendre et ensuite transformer cet avoir dans le but d’acquérir plus d’avoir.

Mais le pusher dira que c’est pour le bien des citoyens. Il a toute la "science" des économistes bien formés aux théories mousseuses et nébuleuses, encore trafiquées. Car tout est trafic.

Direction: trou de Cénote 

Les Mayas considéraient ces puits comme un moyen de communication avec les dieux de l’infra-monde, le gouffre représentant une bouche. Ils étaient utilisés comme réserve d’eau douce, mais aussi comme lieu de culte dans lesquels étaient jetées des offrandes ou des victimes sacrificielles. Wiki

8. Chez les Mayas, le trou de Cénote -il y en a entre 3000 et 4000 au Yucatan – représentait le cadeau des dieux lors des sécheresses. Alors, sacrifions quelques "citoyens" pour remercier les dieux et faire en sorte qu’ils en creusent d’autres pour que survive la civilisation Maya.

De nos jours, les trous de Cénote sont remplacés par l’austérité économique issue de la crise de 2008, le commencement de la fin de l’ère capitaliste.  Pour survivre, il faut du "développement économique".

Manque d’eau=manque d’argent.

Nous voilà donc individualisés jusqu’à la lie, recourant aux psys, aux médicaments chimiques, aux frauduleux spécialistes qui vous demandent d’investir dans votre avenir, celui de vos enfants, mais par des offrandes à un trou d’eau.

Enfants

Sueurs

Santé

Comme le dit ma petite fille de trois ans Grabriela: VOILÀ!

Tout est bâti  d’arnaques en arnaques perpétuelles ou la recette change mais la formule de base de la manipulation des masses reste la même: le contrôle des masses par toutes les formes de langages des savoirs, des modes, du formatage des cerveaux pour en arriver à une religion et à des dons à des "églises" qui ne mènent nulle part, sauf à la souffrance et à la mort.

Le drogué fournit  les enfants, les armes et les sommes nécessaires à l’élection de l’élu, détourné vers des clans banquiers qui grossissent leurs ficelles pour mieux contrôler et mettre en place le petit Pinocchio au nez bien long… Il fournit également aux banques tous les avoirs que contrôlent celles-ci.

P.S.: C’était simplement l’histoire d’un acheteur de came au coin d’une rue appelée Terre. Dans la perspective de l’infini, ce n’est qu’une anecdote dans ce patient cosmos qui se fout bien de ce que nous allons devenir. Les civilisations peuvent bien disparaître, les étoiles également, et les planètes aussi. Mais je trouve toujours beau de regarder la mer en noir et blanc, les crapauds, les oiseaux, le grand mystère des étoiles. Au point, comme tout le monde, de détester mourir tant c’est beau.

Mais le premier pas serait de refuser tous ces "cadeaux" issus de la marchandisation de l’humain-cosmos au profit des profits. De se méfier de ceux qui vous veulent du bien à travers des tables de lamentations, de pourparlers et de bouteilles d’eau.

Il y a arnaque sous roche… Car la vie n’est plus de croire, mais de se méfier.

Gaëtan Pelletier

Juillet 2014

 

 

Un peu de bringue dans le dingue

Un peu de bringue dans le dingue

L’humanus-truc déçoit par sa petitesse.  Il a subi une mutation, comme un oiseau qui perdrait ses ailes parce qu’il volait la nuit et croyait que le ciel avait disparu.

Il est mieux reclus en des endroits où il laisse la tempête faire rage dans sa tête, partout où il est incapable de prétendre berner.

Tic tac. 2 secondes qu’il aura épargné à l’horreur, rêves avortés d’éternité.  Caramel, bonbons et chocolat, triste dilemne avant de tuer.

Tic tac. Un pan de vie se soulève, découverte futile et grandiose du temps passé à craindre les remous, la pluie et la haine.

Tic tac. 2 secondes de répit pour l’humanité.

Des mots pavés de mots, leur sens confié à google et leur portée à des sourds-aveugles. Visions inutiles d’ISO solutions à des problèmes vendus dans le rayon des problèmes manufacturés. Le silence tient le micro qu’on devine fabriqué en série.  On n’entend que les parasites.  Tic tac taxe.  Made in China.  Surf in USA.  Back in USSR.   Développé en série, vagues rumeurs de rupture de stock, coulé en tzigane frappé sur l’enclume et qui transforme le son en leurre.  Un appareil d’abord dévolu sion, qu’on teste à taire puisqu’il est sans garantie de califté.

Il faudrait abandonner ses droits comme ces chevaux qui se couchent pour ne plus se relever… Il faudrait aussi un voile opaque pour cacher l’inconscience qui gambade au grand jour: GM, OGM, VISA, le bon la brute et le truand. Il n’y en a plus un pour jouer le bon, forcément ce sera toujours mauvais.

Bill Gates peut sauver tous les nénuphars de la planète: il suffit qu’il écrive Microsoft sur l’eau avec des bulles économiques.

Le clown vêtu d’or sait que les fusées ne consomment pas d’eau. Questionné, il n’aura menti à personne durant la pesante heure. Tic tac. Une autre petite goutte dans l’océan des vérités trafiquées propulsées au fric. Et les enfants de minuit s’éteignent un à un, emportés loin de l’eau vive. Ils sont bannis avant d’avoir bu, avant d’avoir vu les étoiles, avant d’avoir souri. On les enterre sous le soleil, là ou prend fin pour eux l’odyssée meurtrière. Question de pratiques… pratiques. Tic tac.

Et mon ancienne voisine qui forçait l’univers à grands coups de mépris, comme une brute désaxée… conséquences des soldes chez Walmart: trop de pelles pour ne pas lancer sa neige sur le balcon des autres, trop de chaussures à crampons pour l’empêcher de tracer des sillons dans le parquet, trop de musique à rabais pour qu’elle oublie de purger toute la ville avec Michel Fugain. Une thermopompe bruyante lorsqu’elle dormait: la peinture gondolait sur les murs et les toiles d’araignées s’il y en avait ne résistaient pas. Il y a tout un tas de ces désaxés enfermés dans leur monde tapissé à fleur de peau. On leur fout du pognon dans les poches et un micro et on leur donne quelques cours sur l’art de claquer leur fric tout en ayant l’air honorables et on a le portrait de toutes les horreurs possibles.

Qu’on reprenne nos droits donc sur les chansons qui ne font pas souffrir! Vite une subvention, je m’impatiente à tant ignorer ce que le monde a envie de faire pour moi qui suis née sous les étoiles.

Pepsi a soif de folie et pense ajouter 10 ml à ses bouteilles. Que d’audace.

Et si j’étais reine couronnée d’inconscience à bord d’une galère, au lieu d’être une idéaliste accrochée au quai qui lance à l’eau toutes le bouteilles vides dans l’espoir qu’une fois remplies de douces heures elles vogueront vers tous les SOS de ceux qui espèrent survivre au temps qu’on leur vole?  J’aurais assurément moins de rêves mais plus d’idées…eau…logis.  Je maîtriserais l’art de galérer.

Les promeneurs aux chaussures luisantes sont dispersés aux quatre coins du monde et l’horizon a disparu tandis que les vagabonds pieds nus sont devenus muets, sourds et aveugles. Ils marchent sans savoir où ils vont.  Peu importe c’est partout pareil.  Ils gravissent des montagnes d’immondices à la recherche des sommets, le corps ravagé par l’effort, le coeur détruit par l’odeur insoutenable, fuyant le paradis défiguré, désarticulé pour atteindre Zombie land, là où il suffit de faire semblant de vivre pour être roi.  Ils ne voient pas, n’entendent pas, ne pleurent pas.

Pause humanitaire:

Tic Tac:

Les ponts se souviennent des rivières et des voitures qui jadis ignoraient l’avenir. La Corée danse un gangnam americano-rap-mafieux-dragonball-débilité-rétrograde et pernicieux. L’humanité régresse à son point zéro: ipad, ipod, facebook et alouette: les amitiés de bytes avec une encountered abnormal terminaison.  Si la batterie flanche on est dans la merde: on ne sait plus qui l’on naît ni qui l’on tue.

Les chefs sont payés pour jeter aux ordures les dernières pièces de viandes comestibles.  De toute façon il allait en manquer.  Un peu de cari, douze publicités et la journée se termine.  Direction le matelas de la trève avec ou sans repos, là ou les guerres sont sur pause.  Et roule la bande mémoire des élucubrations nocturnes semblables à celles du jour.  Une vie pare-choc à pare-choc.  Relaxol, Zzztol, Z-night, Nightquil au bromo-zzZ-paradoxal torpeurisant béni à l’absence de chapelet.  Nord-sud-est-ouest: géographie de la cage, 360 degrés de misères endormies et on s’accroche à son pays: le matelas anti-SDF dont il faut prolonger la garantie chaque jour.  En guise de promesse d’avenir, l’humanus-truc dépose 100$ sur la table de chevet, avant de sombrer dans l’oubli, afin de pouvoir vivre 24 heures de plus quand il ouvrira les yeux… Il ne se réveille plus:  il ouvre tout simplement les paupières.

Foutez-lui la paix avec la vie. Il s’en paie une tous les jours. Il entre son NIP pour repousser sa date d’expiration.

Heureusement la beauté est légère et vivifiante.  Elle est bien celle qui sera la dernière à tirer sa révérence:  un pied-de-nez à tous les spectacles désolants.

Elyan