UNE PETITE VITRE

29-avril-2009

Au petit matin
Je me suis levé
Pour laver, et délaver les petits grains de poussières collés.

À coup de torchons d’heures
À coup d’eau
De vain
Aigre

Les vitres sont devenues plus claires

Et j’ai pu me voir
Au dedans

Comme ça, dans de tout petits silences d’œil
Comme ça, dans un ballet de lave-lave sans écueil
J’ai ouvert un œil

Demain, avec des petits pas d’amis
Demain, avec des petites mains de miroir
Des doigts d’enfant
Je creuserai encore
Et encore, et toujours
La vitre

J’avais lavé mon œil
Sans le savoir
Les flic-à-flac de boue
De vain
Disparus

À la dose de l’eau et du vinaigre
De la vie, de la vie, de l’aigre
On se lave toujours et toujours
Quant on frotte et frotte et frotte
C’est toujours et toujours
L’âme dans une menue trotte
Qui décrotte et décrotte

Les vitres sont faites
Pour voir en dedans..

28 avril 2009


SIX MILLIARDS DE JUIFS

28-avril-2009

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Pinocchio n’apparaît-il pas au lecteur comme un homme habillé en pantin alors que ce même lecteur ne se sent-il pas finalement, au fond de lui-même, un pantin habillé en homme ? Pinocchio

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Les origines et particularités du virus de la grippe porcine

Selon des scientifiques et docteurs, ce virus “unique” de la grippe porcine est une combinaison inédite et jamais vue entre du matériel génétique de porc, d’oiseaux et d’humains. “Nous sommes très inquiets”, a déclaré le porte-parole de l’OMS, Thomas Abraham. “Nous avons ce qui semble être un nouveau virus et il s’est propagé d’humain à humain”. Il a la fâcheuse caractéristique de ne pas être détectable par le système immunitaire. Mais est-ce une combinaison si inattendue que cela, alors que l’on sait que le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) parlait déjà de virus recombinants en 2005? À cela s’ajoute le fait qu’ils avaient annoncé qu’ils mélangeraient des virus de la grippe aviaire avec ceux de la grippe humaine pour se rendre compte que cette combinaison entre ces deux types d’influenza ne créait pas une nouvelle forme infectieuse.

Où est apparue la première contamination de grippe porcine (H1N1)? À Fort Dix, New Jersey, en 1976. Possiblement une création d’un laboratoire militaire américain. Environ 200 soldats seront contaminés et quelques autres vont mourir, ce qui aura pour effet d’entrainer une campagne de vaccination forcée et discutable de la part du gouvernement américain puisque qu’ils ne tarderont pas à s’apercevoir que les gens vaccinés commençaient à mourir non pas du virus, mais des vaccins.

Il n’est pas rare que les médias rapportent le fait que des laboratoires universitaires et militaires américains s’échinent à manipuler des virus de la grippe aviaire. Cette nouvelle souche de grippe porcine (H1N1) que “personne n’a jamais vu”, contient du matériel génétique de la grippe aviaire (H5N1). Comment CELA est-il possible?

La salve des virus de la grippe porcine, aviaire et humaine – partie I

François Marginean,

Les 7 du Québec

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La pandémie du pantomime

À quoi donc est livré notre citoyen aujourd’hui?

À la simple pantomime. Sorte de vivant sans voix, incapable de s’exprimer clairement.

On lui a arraché la langue.

On lui a donné un X.

Qu’est-ce donc que la pantomime.

Il  consiste à interpréter un morceau de vie sans paroles ou avec peu de mots, le poids principal de l’expression devant être porté par les langages du corps. Ainsi le spectateur doit-il ressentir les pensées et la vie intérieure de l’acteur sans l’aide du langage articulé. Les techniques du mime peuvent aller de la simple imitation ou d’évocation à une recherche chorégraphique qui ne peut pas être « traduite » en paroles.

Le citoyen est un sourd, mi aveugle, qui marche dans la nouvelle religion du savoir faire scientifique.

Le vaccin avant la pandémie?

Sanofi-aventis (EURONEXT : SAN et NYSE : SNY) annonce aujourd’hui la signature d’un contrat avec les autorités mexicaines, pour la construction d’une usine de production de vaccin contre la grippe, représentant un investissement de 100 millions d’euros.

L’annonce a été faite au cours d’une cérémonie en présence de MM. Felipe Calderon, Président du Mexique et Nicolas Sarkozy, Président de la République Française, en visite officielle au Mexique.

Cette usine sera construite et exploitée par sanofi pasteur, la division vaccins du Groupe sanofi-aventis, représenté par Chris Viehbacher, directeur général de sanofi-aventis.

« Avec la construction de cette usine, sanofi-aventis est fier de contribuer au renforcement des infrastructures de santé du Mexique et tient à souligner l’engagement exemplaire envers la santé publique de ce pays, à travers son programme de vaccination contre la grippe et de préparation à la pandémie », a déclaré Chris Viehbacher. « Cet investissement démontre l’engagement local de sanofi-aventis pour la santé mondiale. Cette usine constituera un atout de santé publique, pour les Mexicains ainsi que pour l’Amérique Latine, dans le cadre de la préparation à la pandémie grippale ». Satoni Aventis

Le grand massacre de la liberté

Pendant qu’on parlait de pandémie, à la télé, à la radio, et qu’on pouvait voir des humains masqués dans les aéroports, je me suis dit qu’on ne pouvait pas faire pire en matière de terrorisme mondial.

Ben Laden, à côté de ce massacre de la liberté, c’est un ange.

Jusqu’à maintenant, je me disais que l’homme «libre» avait des milliers d’années d’histoire derrière lui et qu’il se délivrerait du travail et de la misère.

Mais la liberté et la peur avec des masques, ce n’est pas une liberté. Les chaînes invisibles ont pire que les métalliques. D’ailleurs, ces masques ne sont pas des masques, ce sont des implants de menottes dans le crane des citoyens.

Le catholicisme condamnait les méchants à l’enfer.

La société hypocritement et faussement démocratique elle, condamne les bonnes gens à la pâture, comme dans les grands spectacles de Rome.

Sauf que le lion est en cravate et médaillé d’une université de prestige.

L’école zen dit qu’il y a une différence entre la souffrance et la douleur. On ne peut contrôler la première, mais on peut contrôler la seconde.

Sauf que si dans votre vie on vous accorde la liberté et dignité humaine qui vous donne accès à une certaine force et contrôle de votre vie.

Quand il y a trop de cordes, nous sommes tous de Pinocchio emmêlés.

Sorti d’une caverne pour entrer dans un Auswitchz

Bienvenue dans la plus grande chambre à gaz du système planétaire.

Toutes les installations sont payées par le citoyen…

Tous les malheurs sont la faute du citoyen.

Beau progrès.

Et le gaz?

C’est une injection de peur. Comme si on vous inoculait contre la paix d’esprit. Une forme d’homéopathie issue du venin de notre cher, mais très cher financier.

Un petit peu de WTC dans vos veines.

Le 911. Pour le besoin d’un secours.

Une ligne qui n’en finit plus.

Alors, nos masses humaines, comme dans les vieux films de SF des années 70, voyage masquée.

Les juifs d’Auswitchz ont été nourris pour ne pas vivre… Le moins possible…

Squelettisés.

Nous? Nourris de l’âme, le moins possible.

Ça fouette l’envie de survivre… Mais au prix des financiers et des multiplégiques des États qui œuvrent pour eux.

Dans une lignée de médecins et de spécialistes kapo.

Pour alimenter son orgueil, sa position, son rang…

Chacun son gaz.

Le téléphone arabe

Le jeu du téléphone arabe consiste à faire circuler rapidement de bouche à oreille à travers une file de joueurs, une phrase inventée par le premier d’entre eux puis récitée à voix haute par le dernier. L’intérêt du jeu est de comparer la version finale de la phrase à sa version initiale. En effet, avec les éventuelles erreurs d’articulation, de prononciation, les confusions entre des mots et des sons, la phrase finale peut être tout à fait différente de la phrase initiale.

L’intérêt du jeu croît avec le nombre de joueurs et la complexité du message à échanger. Wiki

Toutes les chaînes du monde, toutes les informations sont au service de ces entreprises qui vendent de l’information.

Alors, leur intérêt n’est plus d’informer, mais leur intérêt est …l’intérêt et les intérêts.

Nous allons consommer des masques…

Et oublier un peu la crise financière.

La santé, c’est important.

On a tous peur de la mort.

Même quand la chambre à gaz est bleue et ronde.



LA DÉBANDADE DE L’INDUSTRIE AUTOMOBILE ENFIN EXPLIQUÉE!

26-avril-2009

Pas aussi impressionnant que  Les beautés de Montréal de M. Pierre Chantelois, mais on fait avec ce qu’on a. Au moins, on a des compteurs d’eau pas trop chers.

C’est à la suite d’une balade dans les bois ce matin que j’ai découvert la raison pour laquelle l’industrie automobile étasunienne en arrache autant : il pousse des voitures des les bois.

Rien de mois. J’en ai trouvé une, en ce 26 avril, en train de «pousser».

On a qu’à aller les cueillir.

C’est du moins ce que m’a dit mon beau-frère…

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autoimmobile

Auto immobile. La OBAMA, saura vous plaire avec son habitacle ouvert et sa démarche

«running shoes».

One for the money

Two, for the show…

Das Auto

Déjà, le parcomètre naturel, est planté.

Le foetus d'acier

Éthylomètre en sus. Pour ceux qui partent, mais qui ne se souviennent plus s’ils arrivent ou partent.

Car-nivore

La Car-nivore, ne nourrit principalement de la biomasse pour contruire son habitacle…

Vue sur le Saint-Laurent

Munie d’un écran géant. La Kamouraskoise est la voiture qui laboure la route.

Avec rouille auto-programmée pour que vous en achetiez une autre dans dix ans. Ou une fois qu’elle sera payée…


HANNIBAL LECTER ET LES DR PATCH ADAMS

25-avril-2009

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HANNIBAL

Mais derrière un sourire carnassier aux dents blanches, une politesse raffinée, se cache un implacable criminel amoral qui ne connaît ni pitié, ni remords. En effet, avant d’être arrêté en 1980 par Will Graham (un profiler que ce génie machiavélique aidait dans l’établissement du profil psychologique d’un tueur qui n’était autre que lui-même).  Hannibal Lecter Wiki

Du sapin au cercueil

L’expression très québécoise « se faire passer un sapin »  a trois sens possibles

1 : Se faire vendre du bois de sapin, qui fissure au séchage, pour du bois  d’épinette, beaucoup plus résistant

2 : Se faire vendre une épinette pour un sapin de Noël (plus courant en ville)

3 : Sentir le sapin » signifie être proche de sa mort, car les cercueils étaient surtout faits en bois de sapin. Gamma Force

Les sociétés démocratiques sont en train de se faire infiltrer une moisissure par sa manière de manipuler «l’argent». Les banques étasuniennes afficheraient des profits… Obama, le nouveau magicien d’Oz?

Se faire vendre un sapin fendillé, ou une épinette pour un saper, passe encore…

On se croirait en 1930 dans un système de désinformation. Le problème actuel n’est pas que nous manquons d’information, elle est seulement éteinte, écrémée,  falsifiée, soit d’ignorance ou par crainte de toucher des sujets tabous.

De sorte que le 1930 est toujours là…

À force de cultiver la vente de sapin, l’on risque de se retrouver au tombeau.

La falsification est devenue un sport de riches.

Obama et tout son entourage de Jésus de plâtre peuvent bien essayer de nous leurrer avec des manœuvres pour nous faire croire que l’argent coule, mais leur système n’est qu’une mare qui se nourrit de son eau.

Les noces de Cana

« Or il y avait là six jarres de pierre, pour les purifications des Juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d’eau ces jarres ». Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Puisez maintenant et portez-en au maître d’hôtel ». Ils lui en portèrent. Quand le maître d’hôtel eut goûté l’eau devenue du vin – il en ignorait la provenance, mais les serveurs la savaient, eux qui avait puisé l’eau – il appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, alors le moins bon ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent ».

« Tel fut le commencement des signes de Jésus ; c’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui ».

La foi qui nivelle les montagnes

Étymologiquement, “foi” provient du latin fides et se rattache à une racine indo-européenne bheidh “avoir confiance” .

C’est cette confiance qui est ébranlée depuis des décennies. Mais au moment où le peuple découvrira que la mariée couche les acteurs d’une pègre étatisée, il se pourrait que le monde change ce dit modèle parfait. Car aussi grassement qu’il est nourrit, le peuple s’endort comme après un long repas lardé et suintant.

Les porcs ont toujours l’air en santé…

Le mariage de la finance et de la politique – dans son flirt avec la malhonnêteté – va finir par faire du mariage entre le citoyen et ses dirigeants élus démocratiquement (sic), le grand divorce.

Quand les dés sont ronds

Drôle de jeu et de chausse-trappe. Les grands du monde ont du modeler le dé en l’arrondissant pour qu’il roule sur une table déjà ronde : la Terre. Tout le monde a des billes en dessous des pieds.

C’est l’État de soulerie : c’est l’état dans lequel on garde le peuple en le gavant de mensonges. Car le le temps des miracles n’est qu’un leurre.

De sorte que l’humain n’est plus qu’une oie.

Après s’être fait déplumer et charcuté par les bouchers du capitalisme, ceux-ci n’étant pas intéressés à perdre leur dinde, se livrent à des recours qui nous font loucher,  comme ces jongleurs à balles des cirques. Rien de moins… On se renvoie l’argent, comme pour nous bluffer du nerf optique, l’un vers l’autre.

Du ping-pong harvardien…

Ces sieurs ont la cote…

Les clowns doctorisés

On a saigné le consommateur, mais on espère qu’il donnera du sang à la Croix-Rouge.

En attendant – les jongleurs constatant la gravité de la «maladie» du patient- se promènent dans nos dortoirs avec une flopé de Dr Patch-Adams .

« Patch » Adams est aussi actif dans le social, il est non seulement un citoyen diplomate mais aussi un clown professionnel, un artiste et un auteur. Chaque année il organise avec un groupe de volontaires un voyage en Russie où déguisées en clown ces personnes apportent de l’espérance et de la joie aux orphelins, patients et aux gens. En 1998, il se rendit aussi en Bosnie, un pays de la péninsule balkanique déchiré par la guerre.

Véritable révolutionnaire dans sa façon d’appréhender le monde, il estime que c’est par l’amour et la compassion autant que par la médecine dite conventionnelle qu’il convient d’apporter du soin aux personnes malades. Il est auteur d’un manuel pour visiter les personnes en souffrance qui est intitulé “docteur tendresse” Wikipedia

Malheureusement, une fois le Dr épluché de sa bonté apparente, il ne reste plus que la cerise du nez rouge et les grimaces pour nous divertir.

En attendant que la santé revienne, pas la nôtre, la leur…

C’est bien là le drame. Comme mes arrière grands-parents : on soignait les porcs pour les manger.

Eux, pensaient avoir affaire à un docteur tendresse…

Nourrir, c’est faire vivre un peu…

Mais, en vérité, c’est Hannibal qui veut nous bouffer.


GAGNER SON DÉSODORISANT À LA SUEUR DE SES AISSELLES (2)

24-avril-2009

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Le travail est la prière des esclaves ; la prière est le travail des hommes  libres.

Léon Bloy

Le travail à la chaîne est rendu encore plus inhumain par le rythme effréné, et sans cesse accéléré, que dicte un patron soucieux de rentabilité, confortablement installé dans un fauteuil, et dont la seule fonction consiste à surveiller de façon quasi policière ou pénitentiaire le travail des ouvriers. Les temps modernes Les temps modernes

***

Nous avons parcouru  700 kilomètres pour venir gagner nos vies,  trouver un instrument de torture payant.

L’amour avait chambardé tout mon plan de vie. Un plan de vie dont j’avais tracé l’esquisse, un petit dessein, un petit destin, mais de grandes ambitions cachées : ne rien faire. Comme un revenant de l’au-delà, un touriste de la Vie. Parcourir la Vie, découvrir les autres, aimer. Point.

J’étais paresseux au sens social du terme. On ne cultive pas la paresse. Elle est là, et c’est elle qui nous cultive, en autant que l’on soit cette «paresse», cette capacité à ne rien faire  qui nous sculpte.

Le reste est une obsession de l’Homme pour la galère et son rendement.

Tout le bric-à-brac de l’industrie, même celle du savoir, je les considérais comme une maladie de l’Histoire. Une Histoire parsemés de tueurs d’âmes.

Je l’ai su… Je l’ai su dès les premières années de ma vie.

***

On a échangé de belles grandes forêts pour des millions de tonnes de briques adroitement posées : des maisons, des buildings géants qui grattent les ciels, des châteaux en Espagne sans  Espagne Nous avons loué un tout petit cube (un logis) pour nous abriter. Dans le quartier chinois de la ville. A l’entrée, plus précisément. A dire vrai, il y a là un mélange de noirr, de jaunes, de blancs, une sorte d’ébouriffage de couleurs due au klondyke de l’american way of life qu’on peut trouver dans ce pays qu’est le Canada.

Au second étage, vivent  une grappe de noirs qui bambochent sans arrêt. Durant les week-ends ils arroseront notre petit coin de pelouse de leurs vomis… Quand ils ne ratent pas l’auto… Drôles d’oiseaux ! …Un peu plus loin,  il y a un libanais qui tient un dépanneur. De biais, à droite, un chauffeur de taxi toujours en rage qui nous engueule tout le temps pour son ‘crisse’ de parking. On dirait qu’il veut toujours notre peau… Un taxidermiste…

*

Au début nous n’avions de yeux que pour cette fourmilière géante, grésillant de néons, turbulente, voire criarde, qui affiche ses richesses derrière des vitrines pour nous permettre de faire du lèche-richesse.

Les jours ont passé. L’enchantement a viré au vinaigre. À force de répéter les mêmes gestes, de voir les mêmes choses, nous nous sommes lassés. L’esprit de lucre,  nourrit d’un salaire de famine, a éteint notre appétit. Notre soif. Comme une lente fermentation. Si lente et si dense que nous ressemblons parfois à  deux âmes ulcérées. À  la fois heureux et ulcérés. Car l’amour est une sorte de nids à deux places. Et pendant un temps, il n’a de place que pour l’amour : un aveuglement doux qui nous extrait du monde extérieur, en même temps que celui de notre propre intérieur. Un accord dans la symphonie de la vie.

Ainsi réduit dans un temps et un espace restreint,  la soirée et la cuisine, sur une vieille table aux pattes nickelées, j’ai pris l’habitude, chaque soir, de rayer ce monde d’une ligne d’encre. Ne pouvant l’effacer de ma tête, je pouvais à tout le moins l’embrouiller, le déformer pour le former à nouveau à ma guise. En faire une aventure. L’Indiana Jones de la ville qui chasse les cancrelats dans les encoignures de son appartement ainsi que les salauds d’adultes organisés et cravatés, embourgeoisés, trouvant leurs armoiries dans des diplômes.

Je ne comprenais pas trop qui j’étais, mais j’avais un instinct incroyable. Le plus difficile est de savoir qui l’on est vraiment, de se détacher de ce qu’on veut faire de nous. Bref, de nous délivrer. J’avais passé des années à partager un appartement, dans une petite chambre. Je ne possédais qu’un matelas posé sur le sol. Les soirs d’hiver, quand la température chutait à moins 15 degrés Celsius, je dormais toujours la fenêtre ouverte.

On cherche tous le bonheur. On le cherche sans jamais vraiment le trouver. Il n’y a pas de formule. Mais dans l’amour, il est toujours une forme d’apprentissage de la vie qui sous entend un contrat social en même temps. En même temps qu’il m’effrayait, en même temps il m’appelait.

Comma la peur de rater quelque chose…

Mais l’amour ne se pose pas de question : C’est déjà – dans son commencement – une passion.

Alors, j’étais devenu «normal»… J’allais travailler, fonder une famille, travailler, élever des enfants et vivre l’amour.

Je devais aussi vouloir obéir, après avoir passé vingt ans à me faire lessiver le cerveau avec les réussites sociales. On apprend aux humains à ne pas être différents. Obéir aux lois, obéir aux principes, obéir à des religiosités, des conduites. On est tous un peu victime du syndrome du soldat : en rang d’oignon. La liberté d’esprit encapsulée dans des formules à la Goebbels.

L’obéissance est une vertu qui tue. Car trop souvent l’obéissance sociale est un ordre venu de haut par quelqu’un de tordu ou encore bien savonné, lavé, qui s’est donné pour mission de former les autres.

La seule mission de l’existence est de se former. D’être simplement, tout simplement dans le respect des autres.

*

Les livres sont là, épars sur les chariots métalliques, derrière les ascenseurs. De 8h30 à 9h15, c’est la course. Ils appellent cela le rendement.

Mais qu’est-ce que le rendement ? Il y a deux milles ans, on a demandé à des types de soumissionner pour fabriquer une croix. Elle devait être livrée le lendemain. Trois types du village soumissionnèrent. S’ils avaient vécus aujourd’hui, ils auraient eu à faire face à la concurrence du Japon, du Mexique, de la Chine, and the So on océaniques countries. Au moins deux cents entrepreneurs. La croix la plus rapidement construite : pièces de Chine, montée au Mexique, et livrée en Judée.

Le rendement ? C’est ce à quoi tous les travailleurs de ce monde sont crucifiés : travailler vite et bien. Il faut éjaculer vite et bien. Tout le contraire de l’art de bien faire l’amour… Pire : on fini par oublier la vie. Bouleté au bal du boulot, tu déboules, ébouillanté de l’asphalte, surpris à rêver de la boulaie, tu balaies sans arrêt, boulomane,  devenu désormais le bourbillon dans le grand visage du bourbier de cette société de brocanteurs boursicoteurs.

Dans nos rangs il y a un italien. Un descendant des romains ? Il travaille comme un damné. Cigarette aux lèvres. Il coure. Il fait du zèle. Aux yeux du patron, c’est un ange. Les anges ont des zèles… Il cumule deux emplois. Le soir, il travaille comme serveur. Il a quarante-quatre ans. Il se plaint souvent d’entropie de chair. Le corps à peine à suivre. L’italien maugrée. Il fait le procès de sa ‘vieillesse’ en mangeant des avocats avec une petite cuillère. C’est son entrée aux repas du midi. Quand il le mange, il glisse un livre entre son séant et le tabouret.

C’est bien là le grand drame du monde : les livres, pour en tirer profit, il faut savoir les déguster avant de les chier.


LES FANTÔMES DES ARMOIRES

23-avril-2009

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Je les regardais depuis des mois, ces armoires. Elles me faisaient souffrir… Car il fallait les nettoyer. Les vider de leur contenu et passer au torchon mouillé chaque menue pièce,  chaque tasse, chaque cuillère. Je ne pensais pas souffrir autant en regardant des armoires. En fait, la vraie souffrance était de regarder les armoires et de penser que j’allais souffrir en les lavant.

J’ai pris trois jours à me faire à l’idée : lundi, les armoires.

Quand j’ai ouvert le premier panneau, j’étais déjà mort : ce qu’on ramasse et ce qu’on garde est le poids écrase. Il y avait une telle multitude de petits objets, qu’en en faisant la somme, ils auraient pu écrabouiller une  auto. De là sans doute vient l’expression : Ça m’écrase. On est juste écrasés par le poids de ses pensées…

J’ai pris mon courage d’une main et mon torchon de l’autre.

Tranquillement, à petit pas de paresseux, j’ai vidée la première. Puis j’ai lavé le fond comme un chat fait sa toilette.

C’est en frottant chaque petit, voire infime objet que le calme s’est installé. L’esprit est un grenier qui nourrit trop de fantômes. En plus, il les crée. On ne souffre que d’être hantés.

Plus j’avançais, plus les gestes se mutaient en un dynamisme qui se renouvelait. La tristesse des pensées empoisonnées s’est transformée lentement en la joie de l’artisan. Quand on fait le tour des objets avec un linge mouillé, on le regarde, on le retourne, on y réfléchit. La pensée infernale, passe par une sorte d’église… Les pensées nous construisent.

Et tout dépend comment on travaille sa petite demeure. Car peu importe où l’on est, on est toujours dans la demeure de soi. De sorte qu’il n’existe qu’un seul château, qu’une seule richesse : celle qu’on construit. Et plus la douceur et l’amour de faire est grand – même dans l’apparente insignifiance d’une armoire à nettoyer – plus la demeure du corps est agréable.

J’y ai passé des heures. J’ai jeté des minuscules objets rouillés. Rouillées comme des idées reçues. Rien de pire que les idées reçues : ils encombrent les âmes comme tous ces «oubliés», jamais remis en question dans les tiroirs. On les garde par peur de manquer de quelque chose. On les garde par conviction que les posséder nous déleste de la peur.

Au bout de deux heures, j’étais dans une sorte de monastère. J’égrenais mes objets comme des petits grains roses et douillets.

On trouve des trésors dans l’ablution d’infimes bibelots  : j’ai sorti du tiroir un petit éléphant sculpté aux Indes. Souvenir qui avait été donné à ma mère par une amie lors d’un voyage.

J’ai souri.

Je l’ai frotté, retourné, examiné. Ce n’était pas la beauté de l’objet qui me fascinait. Non, c’était tout simplement le souvenir de ma mère qui collectionnait les minuscules éléphants pour la chance qu’ils sont supposés représenter. C’était d’ailleurs le plus petit bibelot de l’appartement de ma mère… Pourtant, c’était lui que je regardais toujours quand, assis sur les causeuses, nous parlions de la vie. Je me demande si à travers le temps la petite sculpture ne savait pas qu’un jour je la découvrirais et qu’elle allait me permettre de découvrir un peu un sens et une beauté ajoutée à cette vie. Que savons- nous du rapport entre les objets et nous? Le bois et la pierre sont peut-être des pièces emmagasinant les souvenirs dans une éternité figée. Alors que nous, nous allons tout frileux dans les petits pas du temps.

J’ai terminé le débarbouillage des armoires hier. Chaque objet a été une histoire, un conte.

J’en suis sorti comme si j’avais lu en lavant.

Puis je me suis reculé, les ai regardé, fier. Fier de mon travail, fier de mon voyage, fier de constater qu’il n’y a rien à nettoyer dans les armoires.

Le grand lavage, c’est celui de l’esprit   toujours trop petit pour affronter les faux fantômes des armoires.

La peur est un éléphant qui nous écrase tous.

Gaëtan Pelletier

23 avril 09


L’OEUF-ENFANT

19-avril-2009

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J’ai raclé le sol, ce printemps
Pour qu’il en sorte du vert
Comme je racle ma vie
Chaque matin

Je ne fais rien à peu près. Je fais tout près d’un rien. Quand on a un petit orteil dans l’éternité, les êtres et les choses prennent une belle lumière. C’est comme ça que j’ai le pied sur Terre et l’œil accroché à l’étoile. Je ne sais rien. Je ne veux rien du savoir. Ni même des mots.
J’ai ramassé tant d’herbe séché. Mais je n’en ramasserai jamais autant que toute la paille d’Humains rencontrée dans ma vie.
C’est comme ça.

J’ai raclé le sol, ce printemps
Pour faire repousser l’enfant
À petits pas d’infini
Chaque matin

Je ne fais rien. Je me laisse faire. Personne ne crée les sons. Ils viennent à vous. Toute douceur n’est pas bonne à dire. Les humains, on dirait, parfois, sont des sourds qui ne s’entendent pas dans les guerres.

J’ai raclé ma vie, ces derniers temps
Pour décoquiller l’œuf enfant
Et c’est tout beau
Comme un printemps

Gaëtan Pelletier
19 avr. 09


LA TUAUTERIE DU CERVEAU

19-avril-2009

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IMAGE: ENSENDERS

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LÉVIS – Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, se réjouit du taux élevé de consommation de médicaments au Québec, en comparaison avec les autres provinces canadiennes. Google, Presse Canadienne

Une canne pour l’Humanité, un pas de géant pour l’industrie pharmaceutique

Comme ministre de la Santé, je suis très content de voir qu’au Québec on est en avance sur toutes les autres provinces”, a-t-il dit, vendredi, en conférence de presse, après avoir pris connaissance des dernières statistiques de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Les Québécois sont parmi les plus grands consommateurs de médicaments au Canada et au monde. Le régime d’assurances-médicaments coûte quelque 2 milliards $ par année, en hausse constante.

Plus on est malade, plus ça va bien! La politique est en train de dégriser des cerveaux. Les joueurs de football sont descendus au rang des  cheerleaders.

A ses yeux, ce n’est pas le Québec qui a un problème de “surconsommation”, mais le reste du Canada qui est aux prises avec un problème de “sous-consommation”.

La bactérie P

Les politiciens sont atteints d’une étrange bactérie : la P. La politique est devenue la syphilis du 21ième siècle. À chaque fois qu’un être intelligent y embarque, il ne souffre plus uniquement de la langue de bois, mais discoure d’un «lèchepiedisme» navrant.

À croire que le cerveau se promène dans une limousine à deux roues.

Le Gros Bon Sens est comme dirait gangrené jusqu’à «substantifique moelle».

Même un laveur de vitre témoin de Jéhovah et adepte de Bingo pourrait faire mieux.

La soupe où nagent des Frankenstein

Les médicaments sont des «produits» de laboratoire. Des Frankenstein chimiques, toujours toxiques, «innaturels», mais …magiques.

Ce n’est guère mieux que le poison de serpent pour guérir l’influenza. C’est une soupe dont le chaudron est maintenant blanc et les sorciers en blouses blanches.

Le reste du personnel, les dirigeants sont porteurs de cravates.

Et le but est de vous rendre la santé… Celle que vous avez perdue par une société malades de ces monstres qui vous goinfrent comme des oies.

La pharmacie est devenue une mangeoire pour les oiseaux que nous sommes.

Nous avons également banalisé le médicament. Bien qu’il représente un acte thérapeutique incontournable, sa balance bénéfices-risques est insuffisamment évaluée et bien souvent dédramatisée jusqu’à l’en oublier.

La diminution du coût des médicaments, voire leur gratuité, … contribuent certainement à cette banalisation. » Edith Dufay, L’erreur médicamenteuse.

Plus c’est cher, meilleur c’est

Le régime d’assurances-médicaments coûte quelque 2 milliards $ par année, en hausse constante. Google, Presse Canadienne

Saprée bonne nouvelle!

On est de plus en plus malades. Et ce n’est plus normal d’être en santé…

Le tuyau qui coule

Si votre sous-sol est inondé et qu’on bande les fissures  ad nauseam, n’importe lequel citoyen ordinaire vous dira qu’il ne sert à rien de bâillonner les fissures.

Faites venir un plombier, il vous rira dans la face.

Il cherchera la fissure.

Monsieur Bolduc nous dit que si on saigne du corps et énormément de l’âme, il suffit de s’enrouler dans une camisole de force chimique.

C’est comme ça qu’on devient un mauvais plombier…

Plus on vend de tuyaux, plus ça coule, plus il faut vendre de tuyaux.

Le corps est constitué d’au mons 60% d’eau…

On dirait que les politiciens marchent la tête en bas.


LA SOCIALE DÉMOCRATIE

15-avril-2009

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C’est la philosophie par laquelle tout le monde devient le Robin des bois en donnant une partie de son salaire aux pauvres. Les pauvres deviennent un peu plus riches et rêvent de devenir des  Robin des bois.

Marianne finit par devoir travailler.

Et après que Robin est  devenu pauvre de par ses dons, personne ne veut plus rien lui donner.

Robin se promène en sous vêtements…

Et Marianne est partie avec un autre…

Et le grand dada bedonnant dessine sur un arbre un coeur avec une flèche qui le transperce.


LE LION

15-avril-2009

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Quand le lion vit la souris, il se mit à rire, à rire, à rire… Se disant qu’il n’y avait pas de proie plus facile, vu sa petitesse. Et quand il voulut l’attraper il se heurta à l’étroitesse de son trou. Mais fort qu’il était, il fut incapable d’imaginer seulement la longueur et la finesse du souterrain.

Et la souris, pour rire , sortit derrière lui et lui mordilla la queue.

Elle joua ainsi au lion et à la souris jusqu’à ce que le roi de la création, si frustré, en oublia de chercher sa pitance là où il le fallait.

Un fois affaibli, couché, essoufflé, la souris en fit le tour.

Elle le regarda droit dans les yeux.

Et juste avant de mourir il comprit qu’il n’y avait pas qu’une seule façon de tuer quelqu’un, ou de s’en nourrir.

Et la souris resta près de son trou, fière, voyant tous les oiseaux venir prendre leur repas.