LA LITIÈRE DE NOS ÉLUS

31-mars-2009

Si les honneurs purs n’étaient achetés qu’au
prix du mérite, que de gens qui sont nus seraient
couverts, que de gens qui commandent seraient
commandés.”
Le Marchand de Venise ( W.Shakespeare )

Le salaire des élus

On se plaint tous des salaires des élus. Un  ministre – au Québec – gagne environ 150,000$.

Là où le bât fait bobo, c’est au niveau des frais liés aux tâches. Il y a une certaine désinvolture masquée  dans les choix de ces dépenses dites reliées au travail.

Comme le visionnement de films pornos…

Le beurre du salaire

Jacki Smith, la ministre de l’Intérieur (GB),  une dame intransigeante a réclamé des frais  de remboursement pour des films pornos visionnés par son mari.

Elle plaide l’inadvertance. Elle a payé ses frais de télévision… Point.

La même ministre aurait aussi touché 116, 000 livres d’indemnité logement au titre d’un logement secondaire, car elle avait déclaré comme résidence principale, le logement de sa sœur !

Son mari est également un de ses employés.

Pendant qu’elle est partie, il visionne des films. Pas tous 3 X, mais enfin!…

Elle affirme  qu’elle va tout rembourser.

Son mari n’a qu’à se brancher à un peer-to-peer. C’est gratuit, et on ne risque même pas d’être poursuivi. Du moins, pas pour le moment…

La culture des Élisabeth au Canada

Étant donné que nous avons hérité du système britannique, nous avons 10 provinces et dans chaque province il y a un ou une représentante de la reine : les lieutenants-gouverneurs. Et pour le pays, un autre : ce qui nous fait onze rois ou reines.

Pour les dépenses reliées aux fonctions, nous avons bien plus que des films pornos.

Et la fonction en est une de cosmétique.  On ne sait pas trop à quoi sert cette «fonction» sauf celle de représenter la monarchie. Les vedettes de cinéma sont payées grassement pour des pubs à dérider les visages mollassons. Les ersatz de la monarchie s’empiffrent de nos sueurs.

On est redevenus des terriens au service de majestés. Les sillons de nos terres sont des rides dans lesquelles nous fertilisons leur fortune.

On cultive les Élisabeth comme des oignons. Et ça nous fait brailler à chaque fois qu’on en voit une. La monarchie c’est comme la pelure d’une pelure d’une pelure.

Voici un exemple de dépenses que l’on a reproché à notre représentante de la monarchie, au Québec seulement. Le règne de Mme Thibault :

L’enquête de Mme Fraser observe que de 1997 à 2007, Mme Thibault a utilisé 239 000 $ à des fins personnelles. Par exemple, les fonds publics ont payé une facture de 4000 $ pour souligner l’anniversaire d’un membre de la famille de Mme Thibault. Deux repas privés à Québec ont coûté 2800 $. Un voyage de pêche a représenté une dépense de 3700 $ de fonds publics. Des séjours en Ontario ou au Nouveau-Brunswick, sans activités officielles, ont coûté respectivement 2300 $ et 1600 $ -ce dernier périple s’est résumé à un voyage de golf.

Mme Thibault a bénéficié de plusieurs séjours à l’hôtel, une fois cinq nuits, une autre fois quatre, au mont Tremblant par exemple, sans que cela soit lié à ses fonctions. Chacun de ces séjours a coûté plus de 2000 $. On a aussi retrouvé des remboursements de repas sans justification pour 14 000 $, une réception sans objet, pour 4500 $ et un versement direct de 3500 $ à Mme Thibault sans explications. Denis Lessard, La Presse

Le salaire des figurants

La représentante de la reine  nous aurait coûté près de 10 millions de dollars en dix ans.

Ce qui équivaut au salaire d’environ 200 soudeurs travaillant sur une période de 10 ans. Ou de 400 plongeurs de restaurants.  Des gens qui produisent quelque chose…

Il y a de quoi se  questionner sur le «cosmétisme» du rôle de  reine, cette espèce de cintre à bijoux.

La parade des chapeaux nous coûte cher.

Sans compter que ça finit par faire des princes et des princesses. Comme dirait Benoît VI : «Il y a des condoms qui se perdent».

C’est l’envers du monde du cinéma : les figurants gagnent plus cher que les vedettes.

Si c’était un de  nous l’élu?

On serait tentés de faire comme eux. Chacun son choix, chacun-pour-soi.

Je passerais mes dépenses de la manière suivante :

- La collection de films de Charlie Chaplin

-  Une horloge du Titanic

-  Une petite culotte de Janis Joplin

- Une sculpture de Michael Jackson fabriquée par un Inuit

- Une paire de pantoufles «Obama» tricotée au noir par une Mexicaine

- Un Messerschmitt B-109.

-  Une litière à chats.

Pourquoi la litière à chats?

Nous  avons deux matous  qui coûtent très cher : ça mange comme des princes et ça se promène partout dans la maison, fiers et altiers.

Mais  quand ils vont au petit coin, le bouquet d’effluves n’est pas toujours royal.

De sorte que nous leur avons acheté la meilleure litière qui soit : couvercle fermé.

Et plus je la regarde, cette satanée litière,  plus je lui trouve des airs de parlement…

Sauf qu’elle est payée…


LA JEUNE NOIRE BAMBOOZLÉE

29-mars-2009

bamboozle – conceal one’s true motives from especially by elaborately feigning good intentions so as to gain an end; “He bamboozled his professors into thinking that he knew the subject well”

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J’ai toujours aimé les mots. Avec eux, on a presque l’heure juste. Et des petits à côté coquets ou monstrueux de par leurs synonymes. Avec un seul mot, on en perd un peu, avec plusieurs, on y gagne à comprendre ce que signifie un mot. Surtout quand il mène à une action, qui mène à une crise, qui mène aux gens qui mènent le monde à coups de  leurres et de fraudes pendant que nous dormons du sommeil du juste.

***

Ça se passe à Détroit.

Une jeune noire mange dans une soupe populaire. Pourtant, elle a un travail. Mais ça ne suffit pas. Elle est là avec son fils… Et tout autour, des noirs, pauvres, éclopés.

Elle vient de perdre sa maison.

Les Étatsuniens et le business

Comme disait l’ami Pierre JC Allard  : «Les Étasuniens se blousent entre eux». Bref, ils s’entre-abusent, ils se fraudent entre eux, la liste est longue…  Le trou noir pourrait bien nous avaler tout rond, comme ceux de l’espace…

Les shylocks nous font virevolter dans l’hyperespace du crédit au bord d’un trou noir. Un jour ou l’autre, ceux qui croient savoir quand quitter gagnants les vaisseaux en péril joueront  la baisse plutôt que la hausse une heure de trop. On prendra conscience que le vrai “plancher” du Dow-Jones n’est pas à 10 000 ou à 5 000, mais qu’il n’a jamais existé ailleurs que dans la tête des vrais croyants qui ce matin-là n’y croient plus. On choira dans ce trou noir de l’incrédulité et tout le système implosera.

Un toit sans «moi»

On se moque de l’humain.

Je reviens à cette jeune femme toute naïve qui s’est acheté une maison. Au bout de quelques mois, les paiements ont grimpé. Au bout d’un certain temps…

-          On m’a dit que j’avais changé de banque… Et ça a grimpé encore.

On lui a vendu un toit qu’elle n’avait pas le moyen de se payer.

Le petit génie a eu l’idée de vendre son hypothèque à une autre banque avide. Les Étasuniens mettent du savon dans le bain et vendent la bulle avec.

Et c’est comme ça qu’à force de se vendre du vent le système s’est effondré.

Du pyramidal aux algues marines…

Pas plus finaud, l’autre banquier s’est dit : «Je trouverai bien une banque qui va racheter le tout, bulles comprises ».

Global Business Corruption: principal obstacle à l’avenir de la vie

July 1, 2008

Cet article date de juillet 2008.

Business Case

  • Les estimations montrent que le coût de la corruption équivaut à plus de 5% du PIB mondial (US $ 2.6 billions), avec 1 billion de dollars US versés en pots-de-vin chaque année.
  • La corruption représente 10% du total des coûts des entreprises au niveau mondial, et jusqu’à 25% du coût de d marchés dans les pays en développement.

*  Déplacer des affaires d’un pays avec un bas taux de corruption vers un pays à moyen taux de corruption ou haut taux de corruption se trouve à être l’équivalent d’un impôt de 20% sur les entreprises étrangères.

(·  Moving business from a country with a low level of corruption to a country with medium or high levels of corruption is found to be equivalent to a 20% tax on foreign business. )

La corruption à l’échelle mondiale

La corruption dans notre société, c’est comme les gâteaux mille-feuilles : certaines couches sont toutes petites et friables, d’autres sont énormes.

La corruption, la petite, est devenue une manière de faire. Appelez un plombier, un menuisier, ou un petit entrepreneur, il vous fera un rabais si vous consentez une mode de paiement en deux étages : une facture coupée et un montant en argent.

Partout. Dès que l’occasion se présente… Même dans la fonction publique.

Il n’y a plus d’enfer! Pourquoi on se priverait? C’est tout petit…

Le crétin mondialisé et son sirop d’ego

J’adore les  finauds qui se prennent pour des êtres intelligents et qui ont l’idée du siècle. Quand un humain a une idée, des millions d’autres peuvent l’avoir aussi. Mais là où ça gratouille, c’est que notre chimpanzé évolué se croit le seul à être descendu de l’arbre.

C’est comme ça que la fibre de crétins a tressé une toile d’araignée globale avec les petites gens, à travers les grandes entreprises.

Le voilà un peu dégrisé de sa brosse après avoir avalé trop de sirop d’ego.

Mais ça ne l’arrêtera pas…

L’humanité, pour lui, c’est une somme de gens qui peuvent encore acheter. Et il est assis tranquillement à essayer de vous faire mouvoir vos petits avoirs.

Les chats font ça avec les souris : il tapent dessus, s’amusent avec tant qu’elles bougent.

Après, c’est sans intérêt… Pour le chat

L’engin invisible, Yan Barcelo

Un article sur les 7 du Québec. Allez visiter, vous comprendrez ce qu’on nous cache…

Le château de cartes des acteurs de l’économie est devenu une sorte de jeu dangereux dont nous ignorons les conséquences.

On injecte des sommes astronomiques ici et là. Mais rien n’est garanti.

C’est tout simplement parce qu’on a joué longtemps avec des gens comme  la dame de Détroit rendue à la soupe populaire.

Littéralement, nous avons affaire à un château de cartes en voie de s’écrouler. Enlevez une carte n’importe où dans un château de cartes et tout l’ensemble s’écroule. C’est – on peut le supposer – ce qui est en train de se passer.(…)

La crise actuelle n’a qu’une cause : l’engin détraqué des produits financiers dérivés. Il faudra bien un jour attaquer directement le monstre au lieu de l’alimenter systétiquement comme le font à l’heure les gouvernements.

Il n’y a pas d’avenir dans le sirop d’ego pour l’Humanité.


SE DÉCHAISER

27-mars-2009

« Si le monde était clair, l’art ne serait pas»

Albert Camus

J’ai l’impression que la vie est une sorte de funambule où la corde sur laquelle on marche n’a pas de limites. Et c’est stressant… Une ligne qui s’en va vers l’infini… Un nœud gordien? C’est pire quand on ne marche pas dessus… On y est parfois assis…

Le futur est en dessous comme une énorme crevasse et on sue au soleil. Une corde c’est un plancher trop étroit pour un humain…

J’ai pensé un jour me comprendre et comprendre les autres… Mais plus le temps me griffe de ses aiguilles d’horloges, plus le mystère s’épaissit par les couches de doutes qui se superposent comme des pelures d’oignon. Et  ça me donne envie de pleurer… Mais je suis grand… Grand de quoi? Je regarde encore des dessins animés, je télécharge des films, et puis j’ai la passion des humains, des femmes ( l’aveu, la veut,) , de la photographie, des films, des étangs verts…… Maudit soit ce bouillon rose cultivé dans un jardin où j’ai bouffé trop de compost!

Ce doit être parce que j’ai passé la journée dans une «journée pédagogique». À lire des petites pages roses des lignes de pensées si menues, tellement étriquées et pauvres – enfin, pour moi – que je n’arrivais pas à me concentrer. Assis six heures, je me meurs. C’est bon pour les hémorroïdes, pas pour les humains. Les comités des sous comités et leurs  compte-rendus à la fin… C’est comme se faire clouer à petits feux… Un petit Christ sans Église…

Je dois être une paire d’hémorroïdes… Je brûle d’ennui quand je suis assis. Les technocrates aiment ça. Dessiner un «tableau» comme pour faire un résumé de «comment apprendre»…« Comment être»…  « Comment apprendre à être»… Ce n’est pas de l’enseignement, c’est une religion…

Je dois être un trou de cul pas à sa place…

Je devrais me mouvoir, déménager… Me déchaiser… Un deux pattes sur quatre pattes…

Je sais qu’ils sont tous gentils et qu’ils aiment leur «job»…C’est juste que je cherche ma chaise… Cinquante ans en fauteuil de la vie… Je me dis qu’il doit bien y avoir une place où on pousse un grand soupir. Un creuset en forme de fesses… Mais des fesses ça ressemble aux deux hémisphères du cerveau… Sauf que je suis à l’envers…

Les politiciens, eux, n’ont pas de fesses. Ou bien ils les ont dans leurs joues bouffies comme leur portefeuille et leur grassouillette  pensée engraissée de la certitude. Cette certitude que je n’ai pas… Cette fixitude que je n’aurai jamais… On dirait bien que je suis un dessein que trop animé…

Croire? Croire en quoi? À l’éternité? Oui, souvent. Mais maintes fois j’ai des doutes sur mes doutes.

Comme un petit jardin rose qui plante un arbre avec un tronc pour question  qui finit par récolter  des milliers de feuilles… Toutes vertes…Toutes des doutes… Pas mûres.. Amûries … Des «à recommencer»… Ou comment romancer  mille doutes. On écrit toujours sur une page verte… Les feuilles : toutes des antennes assoiffées de lumière. Occupées à la photosynthèse. Comme nous…

Je me définirais comme un petit pois vert qui n’arrive pas à sécher. Même avec toute la sécheresse ambiante de ce monde…  Je broute des écrits d’écran… Il me reste quelques fleurs et quelques tiges…C’est déjà beaucoup… J’avale des yeux les alentours. Et j’ai des frissons quand je rencontre des âmes trop chaudes pour ce monde.

Je pensais en avoir assez d’une vie pour saisir… Un sens… Un je ne sais quoi… Une réponse… Où vais-je? Qui suis-je? D’où venons-je? Où rirons nous?

Enfin! Tout ça pour dire que je suis une paire d’hémisphères survoltés.

Je suis né comme ça. J’ai bien essayé de me tuer sans me suicider, mais ça ne marche pas. Quand je porte une cravate, j’ai l’ai d’un rat de laboratoire déguisé en banquier qui sourit pour avoir votre argent. On cherche tous l’habit qui fait le moi…

Au lieu d’écrire des sottises, je ferais mieux d’aller dormir. Justement, dormir c’est la dernière chose qui m’intéresse. Le monde est rempli de gens qui dorment dans le jour et qui se font réveiller par ceux qui ne veulent pas dormir la nuit. C’est trop noir. Je préfère sommeiller le jour en avalant  un somnifère fantasme… Je m’endors avec un grand sourire… À travers mes paupières au soleil, il doit bien y avoir un quelque chose qui passe et me nourrit?

J’ai vu trop de singes avec des feuillets et des lunettes pour me laisser tromper.

Alors, parfois, je vais au cru, au tout cru. Et le tout cru, c’est brut. Brut comme l’envie que j’ai de faire l’amour à 2 :12 :36 de la nuit. Ça me dit que je suis vivant… Et qu’un bureau est une pyramide de Chéops… Les enfarinés dans leurs langes… Voitures rutilantes. Contes en banques…Organisés comme les tiroirs de leurs classeurs.

Un monde où chacun est un «dossier»… Un dossier, c’est une partie de chaise…

Dans les réunions, on a un «Ordre du jour» devant soi.

Je préfère le «Désordre de la nuit» devant moi.

On m’a fait croire que tout cela était stupide et désordonnée et ,surtout, pas rationnel.

Il n’y a pas d’amour dans le rationnel. Pas de passion. Du moins pour moi… Je suis du genre à m’acheter trois puzzles  pour en faire un… Ce qui est que trop défini et clair m’ennuie.

Quand la réunion s’est terminée, aujourd’hui, après six heures, je me demandais ce que je faisais là. Je devrais être mendiant à Montréal ou chanteur sur une terrasse à cracher  des billeveséries sur une terrasse   du Château Frontenac,  en plein soleil, avec mon étui à guitare rempli de «trente sous»…Ou bien à courir les sentiers boisés  à regarder les bourgeons essayant de se nourrir et grandir,   leur petite bouche ouverte vers le ciel…

Non, je suis assis… Comment gober de la lumière à travers une chaise et un plancher?

Si les singes ne s’étaient pas excités dans les arbres, nous aurions les hémorroïdes plus grosses que les lobes de nos cerveaux. Vous imaginez notre allure?

Ce doit être pour ça que je préfère m’exciter.

C’est pour ça que je ne réussirai jamais à devenir vieux…

Il y a toujours plus de vie devant moi que dans mon «derrière»…


La petite récolte de lumière

22-mars-2009

Couleurs de l’âme

Yvette Faucher

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Cet été je bâtirai une âme. Elle naîtra en mai avec les graines que je planterai au jardin. Et ma femme fera des fleurs en regardant les lilas.

Les gens ne savent plus vivre.

Enfant je mangeais la terre. Maintenant c’est elle qui me nourrit. Je ne sais pas pourquoi. Par ce que peut-être j’y suis un peu né.

Les pousses des salades sont comme des enfants. On les soigne, on les nourrit, on les berce, et on les chauffe au soleil.

Il n’y a pas de lettres dans mon potager. Il n’y a pas de mots. Il n’y a pas de livres savants pour défaire un bas de laine fabriqué à la machine.

Ce serviteur nous a tués.

Les gens vivent à l’envers : ils écrivent des mots savants, mais ne savent toujours pas vivre. Ils ont pensé qu’en écrivant ça leur apprendra à devenir plus grands. Le cerveau est un bulbe qui meure.

Je me referai une âme. Parce qu’en regardant la terre, les papillons, la pluie, le ciel. Ce ne sont pas mes yeux qui verront. Ce sera mon âme venue ici pour voir que la Vie est belle et que dans tout ça il y a quelque chose d’invisible. Et je suis dans toutes les plantes et les plantes toutes en nous.

Les humains sont des plantes étranges. Parfois ils nourrissent, parfois ils détruisent. Parfois ils ne font rien…

Après l’hiver, quand les feuilles reviennent, toutes menues, je les regarde. Elles sont vertes et juteuses. Elles reviennent de loin comme moi, d’un hiver qui n’en finit plus…

Jusqu’au désespoir…

Je les soignerai comme je soigne ma vie. J’ai toujours su que les plantes étaient des prières silencieuses. Elles parlent d’odeurs, elles me voient les regarder.

Et comme toujours, je ne dirai rien, silencieux. Je serai muet comme une carte de visite.

Quand j’aurai chaud à rêver d’eau, je courrai les ombres. Ces pans froids noirs, ces ombrelles qui pastichent la fraîcheur.

Je serai à genou.

La terre deviendra friable et molle. Toute chaude.

Après des heures et des heures, je rentrerai manger.

Je saurai que mon âme sera lumineuse et dansante comme les feuilles des plantes.

S’il existe un Dieu, il est là. Il est en nous.

Nous ne savons plus vivre.

Les bureaux tuent.

Les mots sont trop habillés pour les étés.


LA DÉMOCRATIE JELL-0

22-mars-2009

Gelatin (US spelling) or gelatine (British spelling) (used to make Jell-o and other desserts) is made from the boiled bones, skins and tendons of animals. Gelatin can be made with fish bones, pork and/or beef skins. Gelatin is meat, bone, skin, hoof, or any other part/derivative.” -Wikipedia.org

La grappe de raisin productrice de vinaigre

Au temps où tout va vite, la chambre ralentit. Les parlementaires ont choisi d’être des grappes de raisins. Ce qui donne l’actuelle démocratie : deux saveurs de jello qui se combattent de bagatelles.

Il fut un temps où on payait des filles moitié nues pour se battre dans la boue.

C’est ça que sont devenues les parlementaires : des gens qui luttent dans la boue.

Alors, on vit dans une décennie – voire plus – de résultat jell-o, comme dans gel 0.

Rien ne se passe, rien ne se crée.

L’apesanteur babillarde. Dans les combats de coqs les plumes volent. Et ce sont les seules choses qui volent.

Pas de plomb.

Pas de nouveau.

Pas de solide.

Rien que de la couleur qui branle dans le plat. Et le peuple comme le politicien mangent du même plat. Voire de la couleur…

Les sessions McDo : un parc pour digérer

Le citoyen ne demande pas aux politiciens d’effacer les taxes, de réduire l’impôt : il lui demande une certaine poigne. Mais dans leur lutte fratricide, les pauvres ont l’air à genoux. La vanité est la friandise de l’âme. Nos enfants sont accrocs… McDo a ses parcs pour enfants. Le pays aussi : le parlement.

Ils n’ont plus rien dans le ventre.

C’est malheureux.

Ils veulent le pouvoir. On ne sait trop pourquoi. À se demander si leur égo est plus grand que le pays. Ils n’ont pas de profondeur ; ils n’ont que l’apparence.

La démocratie est comme un mannequin qui voudrait rester mince en se faisant vomir. Les partis politiques sont prêts à vomir pour nous soulever le cœur et faire battre le leur.

Comme dans le film The Wrestler.

Les colons du débile et du crédit

Pendant qu’on débat en formule 18ième siècle, les affaires et les roulements de l’économie se sont mises à l’électronique.

Pendant qu’on babille, la fonction publique et ses hyènes qui avalent l’argent du peuple, pataugent dans leurs vieux discours, leur appareillage désuet. Les solutions sont veillottes, obsolètes : retrousser une crise économique par des travaux d’infrastructures c’est comme mettre le pilote automatique d’un bateau qui s’en va vers un rocher.

Les seules solutions «pratiques» sont des injections monétaires. Comme si l’argent réglait tout. Elle ne règle pas la vie. Et le citoyen veut vivre, pas compter.

En fait, l’État aurait besoin de se refaire avec des idées et des réalisations. Et pour ce faire elle a besoin d’analyser ce patient en phase terminale. Donnez de l’argent tant que vous voudrez aux soignants, le malade ne vivra pas longtemps. D’autant qu’il est amoché par le monde du travail fripé comme un hippopotame : on ne respecte plus le travailleur. On l’use et on le recycle. C’est une mode.

APC de la démocratie : une solution au plus crisse

Il y a longtemps que la démocratie n’existe plus. Quand une poignée d’hommes et de femmes sont manipulés par une poignée de fer monétaire… Rien à faire. Ni rien à défaire.

Le Jell-o est un dessert fabriqué d’une panoplie de produits soudés. Il faudra déstructurer cet amas de matières affectés, en faire une refonte.

L’apparence et l’esthétique ne font pas bon ménage ; c’est le ménage qui devrait être fait.

Si le politicien ne représente plus le peuple, il faudra que le peuple entre au parlement par une autre porte que le X.

On ne peut plus se passer de l’aspect pratique quant à la réalisation d’une société.

Entrer par la porte d’un      Jury Team est peut-être un premier pas.

Si les politiciens ont du temps à nous faire perdre, pas nous.

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Jury Team Le peuple ne se reconnait pas dans les partis politiques ? On va créer un parti – JURY TEAM – qui n’aura pas d’autre programme que de faire élire des députés indépendants, lesquels sortiront directement du peuple. Ils en connaissent les aspirations. Ils brasseront la cage dans le sens de ce que le monde veut et de ce que la situation exige. Plus de députés inféodés à des partis politiques : des députés sans allégeance…Pierre JC Allard.


BOURREAUCRATIE

21-mars-2009

Le temps est moche comme un habit de sans abris
La Terre est en train de perdre sa calotte polaire.
Le vent fait des flûtes partout, entre les murs Mozart
Et nous nous mourons de nous amourer…

- J’aurais envie de faire l’amour…
- Je ne peux pas, j’ai des papiers à remplir pour l’école.
- Demain?
- J’ai une journée pédagogique…
- Dimanche, moi je travaille…
- Usons de nos agendas…
- Bon! Mercredi, le 12, à 8h20 P.M.
- Peux-pas, j’ai un rendez-vous chez le dentiste.
- Mardi le 22…
- Oui.
- Zut! Rien de libre…
-
Elle se penche en avant pour ramasser un bout de papier.

Je suis en train de perdre ma calotte polaire
Le vent fait des flûtes partout, dans ma libido sans abris
La sourie est sortie en voyant une chatte ravie
J’entends battre, à mes oreilles, des pales d’hélicoptère

- Samedi le 13 novembre?
- Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!

Je la regarde s’en aller, bien équipée
Agenda, papiers, boulot, cul retroussé
J’éponge mon désir d’un œil en soupir
Le soir, bien tard, les désirs avenir


GAGNER SON DÉSODORISANT À LA SUEUR DE SES AISSELLES

21-mars-2009

Ce livre a été écrit en 1978. J’habitais alors Ottawa et je travaillais à la bibliothèque de l’université. C’est le récit de l’année passée dans cette région au moment où j’ai connu celle qui allait devenir ma femme. Nous vivions dans un appartement avec un matelas sur le plancher, de vieux divans qui nous avaient été donnés par un locataire qui déménageait, une vieille table d’un marché aux puces et quelques accessoires dont une cafetière, un vieux grille-pain.

Un téléviseur 12 pouces d’écran, noir et blanc.

Mais quelle belle année !

Sauf que je n’ai jamais eu l’âme au travail. Du moins celui qui me privait d’être celui que j’étais vraiment. Celui qui tue au lieu de faire vivre la vie intérieure des êtres.

Le monde du travail m’a toujours paru une arnaque.

30 ans plus tard, je n’ai pas changé d’idés.

Le manuscrit a été présenté à une maison d’édition qui l’a refusé.

J’aurais fait de même…

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« Et il est d’autres hommes qui ressemblent à des horloges que l’on remonte jour après jour : ils font leur tic-tac et veulent que ce tic-tac ait nom vertu ! En vérité ceux-là me plaisent : où je trouverai pareilles horloges, avec la scie de ma raillerie je vais les remonter ; et encore pour moi elles doivent
ronronner ! »

Nietzsche

CHAPITRE 1

Chez le cheval, chassez le galop

et il revient au naturel…

Nous entrons dans Montréal, la métropole du Canada. Si grande ! Si vaste ! Dans les films étrangers – d’espionnage surtout – l’espion, comme une sauterelle poursuivant sa proie de cité en cité, ne rate pas la chance de s’y arrêter : le temps d’assassiner un méchant durant une partie de hockey.   Mais pour les amateurs de vrai suspense, de ‘thriller’, on peut s’y payer un film à faire dresser la moumoute d’un acteur hollywoodien recyclé : La traversée du Boulevard Métropolitain. Tridimensions, images aux couleurs givrées des relents de pollution. Les lentilles des caméras s’en sortent avec des cataractes.

Réalisation : Travaux publics

Casting : nous

Scénario : à la va comme je te pousse

Haben Sie Ane Schoeïn Garten?

Nous avons brusquement quitté la voie rapide en grimpant un coteau. Le troupeau d’acier tanguait de gauche à droite en balançant son arrière train sur le pavage gondolé, le souffle coupé de l’énergie qu’il lui faudrait déployer. En Jetant un coup d’œil dans le rétroviseur j’ai aperçu une dizaine de bouches voraces nickelées qui s’avançaient pour mordre le pare-chocs de là Volks. Le sang me battit aux tempes. J’ai appuyé sur l’accélérateur.  Je me suis approché du volant comme pour essayer de les battre d’un nez. Mais le troupeau prenait de l’avance. Impuissant, j’ai fouetté mes chevaux affaiblis par 500 kilomètres de route. Écrasés par la chaleur, ils tiraient lamentablement la coccinelle rouge. Une goutte de sueur prit naissance au-dessus d’un cil, enfla, puis glissa sur une peau déjà moite. « Comment des chevaux vapeurs ont-ils peine à tirer une coccinelle ? », ai-je pensé. Un beuglement de Klaxon me fit sursauter. J’ai étiré ma langue pour attraper la goutte de sueur pendant que mon moteur tirait la sienne pour suivre ces sculptures modernes encore vivantes. J’ai tourné la tête. Une bête massive et lourde nous dépassa. Un convoi routier. En me déplaçant vers l’allée de gauche, je vis une multitude d’artères qui passaient sous les poutres de béton. Tout à coup apparut, à mes côtés, un anthropocamionus dévoreur de route qui, sans prendre garde, me coupa dangereusement la route. Heureusement, le parapet de béton qui nous protégeait des chutes gardait le troupeau d’acier dans cette lisière.

J’ai passé ma main sur mon front, ensuite sur ma blonde. J’ai dû reprendre le volant en hâte. Une bête, dont la rouille avait mordillé les ailes tailladées en lamelles de chair ridée et flasque, pendante au-dessus de ses roues, faillit me happer. J’ai réduit ma vitesse. Il s’est alors engouffré dans l’allée de droite. Le troupeau d’acier ne se préoccupa guère de mes difficultés : il passa en trombe, emporté dans sa course folle. Les bêtes étaient prêtes à me piétiner de leurs pneus brûlants. J’ai fermé la fenêtre : l’odeur des émanations des grands silos à fumée des usines empestait l’intérieur de la voiture. Nous suffoquions : teuf ! teuf ! teuf ! les poumons.
J’avais envie d’une cigarette. Le ‘chain-smoker’ avait des maillons de brisés. Mais il était dangereux de s’allumer ici : on risquait de s’y éteindre.
L’anthropocamionus dévoreur de route se tenait cette fois à ma droite et roulait à la même vitesse que la mienne. L’homme qui montait la bête paraissait impatient mais peu nerveux. Lorsque surgit derrière moi un autre monstre qui faillit m’emboutir l’arrière de ses cornes, le premier conducteur esquissa un sourire couleur ‘Silence des agneaux’. J’étais pris au piège. Ils commencèrent à formuler un langage en beuglements répétitifs qui ressemblait à du morse. Les deux bêtes voulaient ma ferraille. « Over my dead métalbody ! ».Les beuglements agressifs ne cessèrent pas. pas. La conversation s’envenimait. J’ai tenté une percée du côté gauche, dans la dernière voie. Mais c’était une voie rapide pour véhicules musclés. Le mien était amputé d’un piston. J’avais l’impression d’être en chaise roulante près d’un coureur de 100 mètres, noir, musclé, astéroïdé jusqu’aux ongles. Pas de duel. Voire envie de… Pis encore ! Voilà qu’un mini monstre furonculeux et dermatosité défèque un silencieux qui s’abat avec fracas sur le sol, sautillant en tous sens. Les intestins de la machine émirent une série de pets – deux noires, deux blanches suivies d’une noire pointée – qui n’étaient même pas inclus dans la classification dalinienne.  Le silencieux s’arrêta finalement à quelques mètres de nous. J’ai zigzagué pour contourner l’obstacle. Une manœuvre qui écarquilla de terreur le conducteur qui me montra un doigt, et pas le moindre…La paix dura quelques minutes. Nous n’entendions que le piétinement du troupeau et quelques raclements nerveux échappés ça et là de la gueule des bêtes en furie.  Puis tout à coup une motocyclette, comme une souris à travers un troupeau d’éléphants, sema la zizanie. Le conducteur, vêtu de noir, viola deux lignes blanches. Il se faufila en tracé de S entre

les masses d’acier en course. Le mastodonte de l’ère préhistorique dû même s’écarter dans un changement brusque de trajectoire pour éviter le croc-en- roue de la souris apparemment inconsciente de la taille du monstre. La bête rugit, mais la souris passa.

Des cafards rutilants entraient et sortaient par des orifices de béton. L’air vicié du troupeau nauséabond envahissait l’intérieur de la Volks. Une masse grisâtre, formée des exhalaisons des bêtes, flottait  au-dessus de la ville. Ottawa :200 kilomètres.



L’AUMÔNE AU GRAND CANYON

19-mars-2009

La Terre est bleue comme une orange

Éluard

Aumône :  Ce qu’on donne aux pauvres pour les soulager.

La source même du problème - le crédit trop facile - est fallacieusement considérée comme sa solution. Les gouvernements tiennent absolument à faire quelque chose, et ils ont décidé de tenter futilement de prolonger le boom artificiel des dernières années. Ce faisant, ils ne font que continuer de creuser plus profondément le trou dans lequel nous nous trouvons. Le réajustement nécessaire n’en sera que plus prolongé et dévastateur pour plus de gens. Le gouvernement américain continue de creuser son trou financier Martin Masse

Le clavier d’ordinateur : une mitraillette à zéros

Il y a quelques années, au Canada, on parlait de la dette nationale de 600 milliards de dollars canadiens,  et cela nous provoquait  des crampes au ventre. Aujourd’hui, les chiffres roulent au point tel point que le clavier de l’ordinateur est devenu utile dans sa fonction «mitraillette»  :  on appuie sur un chiffre,  ensuite sur le 0, et on garde la touche  enfoncée pendant quelques secondes. Ça  donne une idée du gouffre  financier dans lequel les peuples de la Terre  s’enfoncent.

Un Grand Canyon économique, créé  par le monde souterrain de la finance, dans une vaste entreprise d’escroquerie souterraine.

Quand on perd un fichier électronique, on dit qu’il s’en va dans le cyberespace.

L’argent a été créé dans le cyberespace et a été avalé dans le cyberespace. Sauf que ceux qui l’ont créé ont eu le temps de transformer ce «produit» abstrait en réalités dans leur portefeuille.

Le vaisseau Terre coulé par une torpille  à cravate

Depuis que les télescopes peuvent être propulsés dans l’espace,  on peut, de visu,  observer ce petit ballon bleu que l’on nomme maintenant «vaisseau».

Certes, un vaisseau ! Depuis des décennies, la camarilla  à cravate – détentrice de sommes colossales, participative au financement des politiciens – que trop souvent – a  varlopé les comptes des petits épargnants.

Plus besoin de bas de nylon ou d’arme pour braquer une banque. Faites partie d’un club sélect, vendez du crédit, et envoyez la mallette de vos gains dans un paradis fiscal via transferts électroniques.

Cette torpille à «tête chercheuse» est en train de faire basculer la Terre dans le cyberespace.

En prenant soin d’acheter su solide avant…

La calculette : nous sommes tous millionnaires…sans le savoir.

Prenons le plan de relance aux États-Unis.

700 milliards de dollars.

Ajoutons 500 milliards de donné.

On en arrive à 1200 milliards de dollars.

La planète compte 6,7 milliards d’habitants. Si on prend seulement les 700 milliards de dollars américains et qu’on les divise par les 6,7 milliards de personnes qui vivent sur terre, cela équivaudrait à 104  dollars par habitant ”. (Merci à Michel Simonet d’avoir rectifié cette erreur. J’avais écrit 104 millions. )
L’argent va à ceux qui perdent notre argent en spéculation et il ne reste plus rien pour les êtres humains, commentait un abonné d’Agoravox.

Dans un article intitulé L’assouplissement quantitatif, François Marginean nous flanque devant les yeux une image qui vaut…1000 milliards de dollars.

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Le petit bonhomme à gauche, c’est vous. La palette est en billets de 100 $.

Le pauvre à la rescousse du Grand Canyon

On  a soulagé les petits  portefeuilles des citoyens moyens  avec une voracité de lion qui n’a pas mangé depuis des  mois. Pour vous donner une idée des proportions azimutées,  voyez les précisions qui suivent :

Pour vous donner une idée de grandeur et vous mettre ce chiffre en perspective, la crise du marché de l’hypothèque résidentiel (subprime) était au plus de 23 000$ milliards aux États-Unis. Nous nous échinons avec ces plans de sauvetage pour sauver les marchés boursiers, mais il n’est évalué qu’à un peu moins de 15 000$ milliards au total, aux États-Unis encore. Le PIB de ce dernier est de 14 200$ milliards. La valeur totale de tous les marchés boursiers du monde ne dépasse pas les 50 000$ milliards, selon la World Federation of Exchanges. L’assouplissement quantitatif. François Marginean

C’est comme si une météorite était tombé sur Terre et que chaque citoyen de ce monde devait passer devant un énorme cratère  pour  et y lancer  une pièce de 2$ de temps en temps pour boucher le trou.

À quoi sert de boucher les trous si on ne se débarrasse pas des rongeurs ?

Il ne reste qu’à infiltrer de mort aux rats  leur caviar.

Sinon nous n’aurons plus rien à manger.

L’argent désatomisé

Nous voilà dans l’univers des échanges électroniques. Là où la réalité est créée par la fiction.

La distance entre la réalité des biens et les échanges boursoufflées par les spéculations, a  fini  par créer une distance démesurée entre le bien réel et le bien fictif… mais échangeable.  Du moins électroniquement…Et pas par n’importe qui…

Le papier est en train de retourner aux arbres, puisque la société semble se diriger vers une économie de transferts électroniques.

Prochainement, on va d’abord refuser dans le commerce, puis cesser d’imprimer, les billets de 100, puis de 50 dollars. Il restera les liasses de billets de 20 dollars distribués par les guichets automatiques et qui, inflation aidant, ne serviront plus bientôt que pour les pourboires.

Rien de complexe et rien de douloureux, On va dématérialiser l’argent, comme on a dématérialisé les titres boursiers, il y a quelques années, lesquels ne valent plus le papier sur lequel on les a imprimés, s’ils ne sont pas “enregistrés dans le système” via courtier. Un titre au porteur est devenu une curiosité… et la plupart du temps une arnaque. De même les “cusips”, mais je laisserai d’autres en parler… L’argent? À quoi bon? Pierre JC Allard

Vendre la chaise avant que l’ouvrier trouve le bois pour la fabriquer

Les transactions continuent de se faire, mais elles demeurent fragiles, car les valeurs acquises, où à  acquérir,  semblent ébouleuses et invisibles.

Où est passé le tangible ? Le vrai ? Pour tout dire, la voracité est à un point tel que les spéculateurs vendent les chaises à crédit avant qu’elles ne soient créées.

Et ce sont les «traders» qui peuvent en  plus vous vendre du crédit sur la valeur (sic) de votre chaise. Car pour eux, une chaise peut devenir une maison…

Et la chaise devient musicale. Comme une berceuse pour endormir le consommateur.

Le produit dérivé est déterminé par ce que quelqu’un d’autre est prêt à payer pour le contrat.  La valeur est fondée sur un scénario artificiel que “X” sera la valeur “Y” si “Z” arrive.  …La  réalité de la situation s’apparente à un jeu de chaises musicales – sans chaises. The 700 billion dollar elephant in the room Thomas Kostigen

La Terre : une pomme gangrenée

Dans le poème d’Éluard, la Terre est  une orange  ronde et bleue.

Dans la réalité c’est une pomme pourrie infestée par des vers électroniques ( Eh ! oui !), cravatés, qui contrôlent les masses monétaires des pays… et les politiciens.

Il ne reste plus au citoyen que de passer par le Grand Canyon et y jeter ce pourboire de papier ou de métal que lui  a gardé l’économiste pour les petites occasions.

L’aumône est pour les pauvres : AIG est devenu pauvre. Le citoyen l’a «aumônié» de quelque 170  milliards de dollars.

GM est devenu pauvre… Des banques étasuniennes sont devenues pauvres.  Partout dans le monde, des trous… Et partout nous sommes devenus les esclaves de l’aumône.

C’est le citoyen qui va payer pour cette nouvelle neuvième merveille du monde. L’œuvre de rongeurs  bien coiffés à droite. L’œuvre d’un paon dont la queue versicolore cravache  tous les rameurs du vaisseau  Terre.

Les castors à Auswitch

C’est un peu cynique que de voir les petites gens  rembourser ce qu’ils se sont fait brigander. Ils rétrocèdent  une dette qu’ils n’ont pas créée.

Pas de cagoules, pas d’armes.

C’est la grosseur des dents du rongeur qui détermine sa valeur.

Les castors bâtissent des barrages avec leurs dents et leur queue. Les rats de la finance, eux, «débâtissent» des débâcles. Pour que les castors en construisent d’autres…

Et les castors  continuent de besogner.

Les financiers sont de bouffis  trappeurs occultes : ils veulent la peau des castors, mais ils  la veule vivante.  Car après la crise, le besogneux sera encore là, impavide, vidé, à quatre pattes, la queue basse, à se brûler comme un lampion devant des dieux à chemises blanches.

L’aumône totale.

La Terre est devenue un énorme Auswitch.

Les humains sont asphyxiés par une race qui se croit supérieure.

Et  c’est le prisonnier qui fait vivre les bourreaux. Et grassement…


La formule usée

14-mars-2009

Pour ton anniversaire, demain…


Bonsoir mon amour…

Je sais…

Je n’ai pas passé ma vie à dire «Je t’aime», je trouvais les mots  trop usés…J’ai toujours préféré te parler en braille avec mes doigts…Les yeux fermés…Je les ouvre seulement pour voir les tiens…

On s’en allait doucement, en moto, longeant le Saint-Laurent. Le soleil buvait ta veste noire, et moi je ne cessais de te regarder dans le miroir… On s’en allait fêter un chiffre sur le temps passé ensemble…

Je n’ai jamais aimé les chiffres pour dessiner une belle éternité… Un sans temps… Je n’ai jamais aimé les restaurants… Tu cuisines trop bien… Je n’ai jamais aimé une autre femme que  toi… Tu …,j’ai pas de mot , vraiment trop bien…

Je voyage allait bien : je voyageais de la poignée de la moto à ta cuisse. Beau trajet… Toujours une tendresse que je t’injecte et qui me revient par une main qui me tapote l’épaule…

Puis il y a eu ce grand air salin qu’on a traversé. Les effluves du fleuve, le sel des grandes marées… Comme nos vies…

Comme toutes les femmes, tu me demandes si je t’aime. Rien à dire… Parce que le «Je t’aime» ne pourra jamais dire… Les sons ne sont jamais à la hauteur du bavardage coloré de nos yeux… Y a pas de mots pour exprimer, comme y a pas de chiffres pour décrire une éternité…

On s’est arrêté à une halte. La femme grassouillette, assise sur un banc, essayait de nourrir son enfant. Les seins ballants… Elle en sortait un, cachait l’autre, pendant que sous l’hêtre regardions la vie passer.

Puis au restaurant on a partagé notre assiette. Comme une communion…

Au bar adjacent ça chantait trop fort. J’ai payé la note…

Au moment de sortir tu es tombée. Comme un pantin étourdi… J’ai vu ton coude rougi et ton œil bleu un peu parti…

Tu ne m’avais pas dit que tu n’étais pas bien. Je t’ai prise dans mes bras. La rue fourmillait de gens. Je m’en foutais tellement : j’avais à l’œil trop de ce salin du Saint-Laurent. Oui, j’ai eu peur de te perdre… Parce que c’est comme ça que les gens s’en vont…

C’est usé un «Je t’aime»… Mais comme y a pas  de mots ni de chiffres et que tu dors tranquille dans la chambre à côté, je vais essayer de tricoter une formule …

Si je n’en trouve pas, j’irai me coucher.

Je t’aime à fermer les yeux sur une formule usée…


LES BOOTLEGGERS À CHAPEAUX HAUT-DE-FORME

14-mars-2009

Créé en 1933, réalisé en 2008 : le Monopoly

Au plus fort de la crise de 1929, les gens devaient rêver. Charles Darrow, un vendeur d’équipements en chauffages était en chômage.

Lui aussi rêvait. Il créa alors la grande chimère de la richesse, mais surtout du contrôle : le Monopoly.

Le Monopoly est un jeu de société édité par Hasbro . Le but du jeu consiste à ruiner ses concurrents par des opérations immobilières. Il symbolise les aspects apparents et spectaculaires du capitalisme, les fortunes se faisant et se défaisant au fil des coups de dés.

Les propriétés sont groupées par couleurs. Dès qu’un joueur est en possession de l’ensemble des propriétés d’une même couleur, il est en mesure d’y construire des maisons et des hôtels, le joueur possède donc un monopole[1]. Il doit construire uniformément : il ne peut y avoir plus d’une maison de différence entre deux terrains de la même couleur (un hôtel correspond à 5 maisons). De plus, on ne peut construire qu’un seul hôtel par terrain. Source, Wikipedia

Sur un bout de carton, avec des dés, et des faux argents, ça n’a pas de visibles effets.

On en sort frustrés, mais pas dénoyautés…

La crise actuelle, toutefois, est issue de ces mêmes procédés : des dés ( des gageures sur des valeurs «fictives»), de l’argent électronique, et des conséquences désastreuses.

Les joueurs sont accrocs et aucune pub à la télévision ne vous révélera l’ampleur du désastre.

Loto-Planète : le viol du citoyen

Nos sociétés sont devenues des machines à fabriquer des images et des rêves. À tel point que le citoyen n’arrive plus à distinguer la façade  de la réalité . Lessivé de la matière grise…

Berné, soudoyé, javellisé, perdu dans un monde où le miroir éclaté sèment ses fragments tranchants en lames de rasoir… Il coupe  le citoyen du monde réel.

Les sociétés sont des artistes dans l’art de fabriquer du faux.

Les politiciens sont des portraitistes qui utilisent l’aquarelle : ce médium génial mais translucide. Sauf qu’il ne mène pas le crayon : son dessein (sic) est dicté par la machine à faire du profit au profit des citoyens violés de leurs avoirs.

Le bootlegger à chapeau haut-de-forme

Bootlegger est un terme américain qui signifie « l’homme qui cache une bouteille dans sa botte.

On connaît tous l’histoire de ces bootleggers qui fabriquaient de l’alcool et le distribuait par des réseaux clandestins.

Aujourd’hui c’est la bourse, les investisseurs, les marchés mondiaux, les abris fiscaux.

Et c’est parfaitement légal…

Et il mène au monopole.

L’impôt sur le revenu… qui ne revient pas

Depuis des décennies le pouvoir d’achat s’est amenuisé. Depuis les années 80, les fonds ont été détournés vers une grappe d’argenteux investisseurs qui flouent le citoyen par des procédures plus ou moins légales.

La règle officielle est formelle : lorsqu’on est en prison, on ne paie plus de loyers, tandis que l’on continue à les encaisser. Une des règles, des  variantes du Monopoly.

Un tantinet bizarre, mais Ô combien révélateur des modes de fonctionnements.

Dans un jeu de Monopoly version 1933, les joueurs sont visibles. Dans un jeu de Monopoly réel et actuel , les joueurs sont cachés.

Pire encore : ils détournent le capital.

Ces joueurs invisibles, puissants, apparaissent comme des créateurs de richesses. De fait, ils sont les manipulateurs invisibles des politiciens.

Le citoyen détroussé, pelé, sue sang et eau sans vraiment s’enrichir. Bref, il joue le jeu, mais les dés sont pipés.

Si vous désirez savoir où va votre argent -NOTRE argent, dites-vous qu’il est dilapidé à travers un alambiqué jeu de répartitions d’impôt. Falsifié.

La bouteille à la mer

Dans ce grand jeu néolibéral mondialisé, vous avez plus de chance de placer votre argent dans une bouteille, de la lancer à la mer, pour qu’il vous revienne.

Les bootleggers ont un pied dans votre pays, un château en Espagne, et la botte répartie sur toute la planète dans des abris fiscaux.

Le bootlegger 2008 est une grosse pointure.

Il est vêtu comme «les lys des champs», mais c’est une botte nazie qui couvre la Terre entière.

Nous n’y échappons pas : toutes les sociétés, avec leur flopée d’arnaqueurs étatisés, sont des râpes à fromage et nous sommes les têtes fromagées.

Le citoyen béluga : un poisson aux verres «enfumés»

Le mot “berlue” est issu de “beluga”, qui signifie “être ébloui”. La “berlue” est également le nom attribué à un problème de vue où l’on voit des choses qui ne sont pas devant nos yeux, telles que des points noirs ou des mouches par exemple. C’est en référence à cette maladie que l’on dit d’une personne qu’elle a la berlue lorsqu’elle croit voir des choses qui n’existent pas. Dictionnaire des expressions

Et l’impôt ?

Les citoyens qui détournent des fonds vont – habituellement – en prison. Comme dans le jeu de Monopoly… Mais ils ne paient pas de loyer et continuent d’encaisser…

Souvenez-vous !

La trappe des nigauds de l’impôt

Notre fiscalité progressive n’est pas aussi jolie qu’elle en a l’air. D’abord, elle ne fait pas vraiment payer “les riches” (ceux qui possèdent) mais ceux qui gagnent du fric, ce qui n’est pas du tout la même chose. En effet, on peut être riche comme Crésus, mais, si on ne fait pas fructifier son avoir, on ne doit rien à l’État au titre de l’impôt sur le revenu. Peut-être quelques taxes foncières à la municipalité, certes, mais les hôpitaux, les écoles, les autoroutes… si vous n’avez pas de “revenus”, tout ça en théorie ne vous coûte plus rien.

En théorie peut-être, mais en pratique? Dans la réalité les riches gagnent du fric n’est-ce pas? Oui… mais ils ne gagnent pas du fric comme vous et moi. Ils font des “gains en capital”, ils font des “profits non distribués”, ils font des placements à l’étranger… et, quand ils contribuent, ce n’est pas par le biais d’une retenue à la source. Ils “créent des emplois”, ils font des “pertes fiscales”, ils donnent des oeuvres d’art qui leur valent des déductions … Quand les riches payent un impôt sur leur revenu tel que déclaré, leur revenu, même si leur déclaration est honnête, n’est pas du tout dans le même rapport au revenu des contribuables de la classe moyenne que leur richesse l’est aux maigres biens que ces derniers possèdent.

Présenté comme une mesure progressiste, l’impôt sur le revenu est en fait une arnaque pour blouser un peu plus le pauvre type qui touche un salaire et voit ses impôts déduits de sa feuille de paye. D’autant plus que la distribution des revenus tend à “corriger” le biais qu’introduit la fiscalité dans la courbe naturelle des salaires (définie il y a longtemps déjà par Pareto) et que salaires et honoraires sont peu à peu modifiés en tenant compte de cette “progressivité” fiscale, laquelle est donc vidée de son sens avant même d’être appliquée. Si notre but est de demander aux biens nantis une contribution qui soit proportionnellement supérieure à celle qu’on exige des moins riches, ce résultat, en pratique, n’est guère mieux atteint par l’impôt sur le revenu que par les taxes à la consommation. On exige simplement plus d’astuce des tricheurs, haussant le seuil à partir duquel ceux qui en ont les moyens sont à l’abri du fisc.

L’impôt sur le revenu, n’a fait que s’alourdir depuis le début des années “80 qui a marqué le début de la stagnation de notre économie réelle. Pire, on en a réduit la progressivité! Même purement formel, voire cosmétique, l’écart entre les taux s’appliquant aux plus hauts revenus et les autres a encore été réduit! Les réductions fiscales consenties aux petits contribuables lors du budget 1998 sont minimes au point d’être insultantes et rien n’indique, au contraire, que l’impôt sur le revenu visera prochainement une redistribution de la charge fiscale vers les possédants. La vieille panoplie

L’astuce

Le jeu a tellement été populaire qu’il a été adapté à plusieurs pays et en 26 langues. Quand on parle d’un portefeuille diversifié, ce doit être cette manie des joueurs compulsifs à se déplacer sur les diverses adaptations…

Pour tricher un peu…

Avoir le monopole…

On peut y jouer à partir de 8 ans. C’est l’âge où les enfants viennent à peine d’entrer à l’école. À cet âge-là, un cerveau est une sorte de pâte malléable.

Mais qui donc sculpte vraiment la pâte ?