Alain Bésil, écrivain. Le mystère du lac Pohénégamook. (extrait, chapitre 4)

28-février-2009

CHAPITRE 4

L’ACCIDENT

«La vérité  n’est pas en quelque lieu lointain, elle est dans l’acte de regarder ce qui est.»

Krishnamurti

Tout déchirement nous amène à l’idée de créer une couture.

Alan Kart

Il est une étrange manière de vivre  cette  vie : chercher. Chercher un sens à celle-ci.  Tous les intellectuels qui sont passés en ce monde,  les philosophes, les chercheurs, les braqueurs d’idées, se sont demandé comment fonctionne l’Univers. Un avocat nommerait cela un «vice de procédure». Car, en fait, chercher est une activité «terrestre» et un passe-temps.  Elle est liée à l’idée qu’il y a un montage et une finalité. On ne démembre pas la structure de l’Univers, on structure l’Univers après un cumul, une capture de séquences qui nous donnent la plus grande illusion du monde : la connaissance.

Nous ne connaissons jamais vraiment. Mais nous la bâtissons toujours.

Les oiseaux se contentent de voler. Leur activité est le vol. Les humains, eux, cherchent à créer : leur activité est leurs actions. Et chaque fois qu’ils sont en «vol», ils se demandent comment ils volent, ce qui les fait voler et, surtout, pourquoi ils volent.

Ils diront que c’est l’air. Ils diront que c’est Dieu. L’idée la plus étrange est que Dieu a créé – si on peut dire ainsi- l’air pour respirer et le fait de voler est comme ces médicaments inventés qui traitent des maladies par effet secondaires.

L’être humain pense que Dieu est un cerveau. En un sens, oui. Mais il est un rêve avant tout. Et il a toutes les libertés du rêve. Tous ceux qui se réveillent avec le souvenir de leur rêve étrange diront : «Ce rêve était stupide». Pour l’humain, ce qui n’est pas organisé, ou qui ne l’est pas à sa manière est bête.

À penser ainsi, la forêt est «bête». La forêt du désordre où les lièvres font leur maison.

Alors, Dieu serait  un idiot.

Dieu apparaît plutôt comme  un subconscient dans lequel nous vivons. Et tous les matériaux sont là, sans ordre.

L’Univers fonctionne. Bref, il besogne, il se meut, et il joue à créer dans une sorte de  débris d’une structure génétique jamais stabilisée.

L’idée que nous nous en faisons est que celui-ci a un but : un long travail sur un temps qui nous apparaît infini. Nous lui accordons un «dessein», une finalité, comme s’il bâtissait, dans un plan bien établit un «avenir.  Comme si l’Univers était une sorte d’esclave à notre service. Et la plupart des gens attendent que l’esclave fasse le travail à leur place.

Et quand vient le moment de confronter toutes ces «vérités», il s’ensuit un combat d’idées. Il en ressort deux choses : une idée nouvelle et des vieilles idées,  ou conceptions, allant toutes aux rebuts.

L’humain a appris le jeu des idées. Les réalisations, de par ses découvertes, lui ont donné raison quand sont apparus des résultats techniques.

L’erreur a été qu’il a pensé décoder l’univers et que c’était là son rôle.  En fait, il n’en a pris que quelques matériaux et, en les joignant, a créé quelque chose de fugace : un momentané gonflé à la mesure de son orgueil et de sa vanité.

***

On roulait, dispos et alertes après notre petit déjeuner

Éva m’a demandé :

- As-tu bien dormi.

- Très bien…

J’avais toujours caché à Éva m’a «technique» pour  sombrer dans le sommeil. Elle, étranglée, nerveuse, anxieuse, cherchait toujours dans une façon prompte pour dormir.  Elle la  cherchait.

J’avais ma façon de le faire :je  créais le sommeil par un soudage   de rêves éveillés pour re-créer une esquisse de rêve pour y pénétrer. Je fabriquais en fait un «moule» de rêves.

Un soir c’était une aventure avec une femme que j’avais rencontrée par aléa  dans un magasin, ou ailleurs. Un autre, une simple aventure dans un décor d’un pays que je n’avais visité que par mes lectures ou ces documentaires télévisés.  Il suffisait d’un regard accidentel pour créer un monde, le mettre en cage, et le garder pour le soir.

On n’entre pas dans le sommeil par la porte de la raison.

Pour que vienne le sommeil, il fallait le composer comme une sorte de  symphonie, en notes et en rythmes, de manière à ce que le sommeil se  pointe. Le sommeil est un rêve à l’image du monde : il n’a pas d’ordre. Je ne créais pas un ordre avant de dormir, je construisais un désordre,  tel qu’il  s’en trouve dans les rêves. S’endormir, c’est défaire cette façon de faire du jour, si lié à la «raison» et à une vision cartésienne. Non. Le sommeil est comme un chat qu’on appelle dans le soir : il faut que le message soit simple.

Dormir est un désordre.

Je  m’enfile dans un rôle qui est déjà le spermatozoïde d’un rêve. Alors, en quelques secondes, je croule.

Mais comment dire tout cela à Éva ? Chacun a sa façon de vivre, de voir et, surtout, de structure.  Chacun a ses angles. Et nul ne sait si ces angles proviennent de vies autres, antérieures, présentes, mais différentes.  Je ne sais. Mais si je peux partager,  je partage. Le partage n’est jamais entier : il est à la limite le partage de fragments d’êtres.

L’entièreté est complexe comme la charpente de la structure chromosomique.

Dormir,  c’est mourir un peu… Mais de plus en plus, les gens ne savent ni vivre, ni dormir, et encore moins mourir.

L’univers est vieux. On dirait que parfois il se conduit comme une habitude…

***

Nous roulions lentement. J’ai regardé dans le rétroviseur : une petite voiture bleue nous suivait. Une Honda Civic. Elle zigzaguait. J’ai vu que le conducteur s’impatientait. J’ai alors tenté d’accélérer. Mais le moteur se mit à hoqueter.Toujours, toujours, on cherche la raison. Il n’y en avait aucune : le motorisé avait été remis à neuf.

Il y avait deux occupants dans la voiture. Deux jeunes. J’entendais le bruit d’un rap, les  vitres étant ouvertes.

Sur la route ondulée, toujours imprévisible, je vis les jeunes nous dépasser et nous faire un doigt d’honneur.

Puis ils accélèrent bruyamment et continuèrent de nous regarder avec un air hautain.

C’est alors que se produisit l’accident.  Leur voiture frappa une autre à quelques mètres de nous. Au choc de celle-ci,  dans le pare-chocs arrière, l’une prit la droite et culbuta dans le fossé.

Éva hurla.

L’autre voiture, par ricochet, prit la voie de droite et heurta un VTT qui traversait la route près d’un petit pont surplombant une rivière.

Tout se passa en quelques secondes.

Je n’eus que le temps de freiner pour voir les trois véhicules éparpillés dans le décor. Bizarrement, en dérapant, le VTT, frappé par la petite voiture propulsa une pierre qui heurta une hirondelle en plein vol. Je vis l’oiseau frappé, déplumé, et se dissoudre lentement dans le ciel, culbutant  en son vol brisé. Puis il s’affala comme une pierre sur le sol.

Je suis resté rivé en un temps qui me parut long sur cet oiseau frappé par une pierre.

J’ignore pourquoi j’étais fasciné par cette «scène».En même temps, une mouche s’aplatit sur  le pare-brise et fit une tache de couleurs qui me rappela une peinture d’un peintre célèbre dont j’ai oublié le nom. . Or, en regardant la mouche, je vis l’oiseau qui tombait, comme si la mouche avait été la mire et que mon regard avait tué l’oiseau.

Éva demeura figée.

Et je sais que nous nous sentions tous les deux hors de celle-ci, comme propulsé dans un autre monde, une dimension, où tout s’arrêtait, où tout nous figeait.

Nous sommes sortis lentement du motorisé. Une chaleur intense et un grand silence régnaient sur la route biffée et calfeutrée de goudron.

- Alain ! Vous êtes blessé au front. On  dirait qu’une mouche vous a frappé.

J’ai passé mon doigt sur mon front. Une  tache rouge au bout de mon doigt.

Comme si la mouche avait traversé le pare-brise et m’avait heurté le front.

Je m’essuyai.

Pendant les deux heures qui suivirent, les secours arrivèrent, les odeurs de caoutchouc et de métal brûlé me pinçaient les narines.

Dans tout ce brouhaha d’ambulanciers, de policiers, de curieux  qui grimaçaient, nous nous tenions tranquilles, simplement là,  à regarder un spectacle.

Mais une dame, une brunette avec son grand micro, vint nous voir.

- Comment est arrivé l’accident ?

Je suis demeuré muet.

Depuis le début, les gens, les autos, bref, tout le monde, avait piétiné la carcasse de l’oiseau.

Écrabouillé. Plat.

Il ne restait qu’une ou deux plumes agitées par le vent, qui clignotaient, comme pour nous dire qu’il y avait toujours une quelconque vie en lui.

En fait, personne n’avait été blessé. Mais toutes ces carcasses de métal brisées, tordues, impressionnaient.

La plume qui gigotait encore au vent, s’arracha de la carcasse de l’oiseau et se remit à voler, toute frétillante et agitée par le passage du camion-remorque.


JEANNOT ET STEPHEN

27-février-2009

« Quand j’aurai le don de tous les mystères et de toute la connaissance…Si je ne n’ai pas l’amour, je ne suis rien »

Lettre de Saint Paul aux Corinthiens, XIII

La bûche : le citoyen au fourneau

Le citoyen bûche pour gagner sa pitance. Le travail est sa valeur fondamentale.

Et dans un monde normal, il a l’espoir, disons l’ambition d’accéder à un certain confort.  Le confort qu’il revendique n’est pas seulement matériel. L’être humain, simple, sans malice, franc a un grand rêve : celui d’être heureux. Il sait d’instinct. Sa philosophie de vie  n’est pas compassée : il a les deux pieds sur terre.

Il est intelligent, car il sait qu’il a ses deux pieds sur Terre que le temps d’une vie. Il n’a pas d’illusions, il est sain. En un sens, il est élémentaire. Car il est encore lié, soudé à la nature et à la famille, souvent à une religion.

C’est un peu l’agneau en sacrifice.

Mais c’est davantage la bûche  d’une sorte de nouvel Auswitch répandu à l’échelle planétaire se sert de lui pour faire  rouler les usines à fabriquer de la richesse.

L’humain : œuvre d’art

Quand l’Allemagne Nazie  conquit l’Europe, elle pilla sur son passage les œuvres d’art des grands artistes de l’humanité.

Quand les États «modernes» à travers leurs conquêtes économiques passent, éparpillés à travers la planète, , ils pillent ce que l’Humanité a créé de plus éblouissant et complexe : l’humain, ce mélange de chair et d’âme.

Cependant, la récolte du travail du citoyen qui voit son monde en «développement», n’est pas à la mesure de ses attentes pourtant simples, il se fait voler non seulement son travail, mais sa foi en celui-ci.

Notre naïf n’est pas dénué d’intelligence : il sait qu’il perd au change. Son instinct social lui révèle qu’il devait normalement, de par un enrichissement de société, via ses pairs, avoir un peu plus. Mais en qualité, non pas toujours en quantité.

C’est notre homme simple.

1) Vivant avec une péréquation constante entre partenaires sociaux, la population allait manifester moins de respect pour la justice commutative. 2) Elle souffrirait un appauvrissement relatif sociétal constant, par le manque à produire de ceux qui ne participeraient pas au processus de production. 3) Des conflits sociaux naîtraient de la rancoeur de ceux qui porteraient un fardeau démesuré sans en recevoir les avantages correspondants. 4) Une perte de motivation s’installerait, la négation même de cette volonté d’enrichissement individuel et collectif qui est la pierre d’assise de la société. Pierre JC Allard, Coco et l’assistanat

Jeannot et l’entropie des trous noirs

Mais qui donc est Jeannot?

C’est mon cousin.

Jeannot est un travailleur autonome, qui a besoin de bouger, qui garde un contact avec la nature.

Jeannot ne sait rien des travaux de Stephen Hawking. Stephen Hawking

Le jour où ma mère est décédée, nous avons eu une longue discussion philosophique sur la vie et la mort.

Je n’ai jamais tant appris d’un ignorant. Si on passe à travers tous les grands livres du monde pour devenir humaniste, lui, était passé à travers le quotidien et la somme des vies qui l’entouraient.

Il a réussi ce que plusieurs ont raté : ne pas être une bûche.

Si Stephen Hawking avait besoin d’une chaise pour «penser», il pourrait lui dessiner et la fabriquer de ses mains.

Si Hawking n’avait pas Jeannot, il ne pourrait pas…penser.

Production des sages : l’usine à fabriquer des chaises

Pour conclure, notre société produit peu de « sage », elle crée certes des comités d’éthique constitués de grands penseurs, mais le plus souvent ils ne sont que le produit de l’instrument, de la structure qui les a formatés. C’est comme si les maîtres tibétains pour former leurs comités de sages choisissaient pour cela un égoïste, un vaniteux, un coléreux et un mauvais père de famille. C’est ce que nous faisons sans cesse et nous sommes surpris qu’il n’en sorte pas de solutions.

Ddacoudre, Agoravox

Il est vrai que notre monde ne s’acharne pas trop à produire des sages. Les sociétés ont avantage à produire des êtres au moule qui fabrique des moules.

Si on créait une usine à sages, il adviendrait probablement que la qualité de nos sociétés, des travailleurs, des gens simples s’améliorerait sans trop nuire aux riches.

Mais le riche est  trop pauvre pour avoir des vues à long terme. Pauvre, socialement… Riche ignare.

Il ne veut pas fabriquer des trônes – il tient au sien, et surtout à le garder  - il fabrique donc des chaises comme celles de chez McDo : inconfortables, pour que le client puisse quitter rapidement afin de faire place à un autre client.

L’esclave griffé : l’Eldorado du «pouvoiré»

Toutes les sociétés semblent avoir eu le mythe d’une terre lointaine d’où peut venir la richesse ou la solution des problèmes. Il y a eu l’Atlantide, Shangri-la, le Klondike… l’Eldorado… Après la décolonisation, les pays dits « en voie en développement » ont été perçus par les entrepreneurs des pays développés (WINS) comme un Eldorado. Toute une génération de managers/gerfauts – pour qui São Paulo ou Bamako n’étaient pas des réalités bien distinctes de Saturne ou de Bételgeuse – sont partis à la quête du Graal des marchés du tiers monde, en y investissant non seulement des sous, mais de grandes ambitions… et leur amour propre. NOUVELLE SOCIÉTÉ

Pierre JC Allard parle ici d’endroits, de lieux, de pays, mais il y a pire.

Le citoyen, le travailleur, est en lui-même une mine à creuser et à exploiter.

Notre exploitant a su utiliser les faiblesses de cet humain : orgueil, ambition, vanité, tout cela est en dormance  dans n’importe lequel être humain. Le pouvoir s’est toujours acharné sur les faibles, les moins nantis, en leur faisant miroiter la richesse, l’illusion du plus. L’illusion du meilleur par le plus.

Certains n’échappent pas  au phénomène du guru.

La faiblesse et la naïveté, bref, toutes combinaisons confondues, peuvent également devenir  cet Eldorado exploitable. Et plus les miroirs sont nombreux, moins la vision d’une réalité solide est brisée, éparpillée, schizophrénée.

Il suffit d’une recette et d’une illusion.

Si le simple citoyen peut avoir accès à une demeure de 200,000$, à certains «plaisirs» semblables à ceux des  grands…Le tour est joué.

Même si sa réussite est une dette, il joue le jeu de ceux qui font semblant que la dette enrichit.

Plus la bûche est gonflée, plus elle chauffe la grande chaudière du château.

On pensait le roi mort.

C’est un tison caché, camouflé.

Satan a su camoufler son habit de charbon pour un beau costume rouge, tout pétillant.


COMMENT SAUVER L’INDUSTRIE AUTOMOBILE

24-février-2009

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Si j’avais un char, ça changerait ma vi-e
J’irais m’ promener su’ l’ bord d’ la Gaspésie
Si j’avais un char, ça changerait ma vie
J’aurais l’ nez dehors et toi aussi ma jolie

Paroles et musique: Sylvie Choquette, Stephen Faulkner

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La danse de la pluie

Les «brailleurs» de fonds de l’industrie américaine de l’automobile passent leur temps à se déplacer pour quêter des milliards de dollars.

Selon une étude – non exhaustive – 8 sur 10 de ses quêteurs utiliseraient une voiture autre que celle fabriquée aux Etats-Unis.

Les amérindiens, pour qui j’ai une grande admiration pour leur culture,  dansaient en période de sécheresse pour qu’il pleuve.

Les cravatés de l’industrie, ceux qui rigolent en voyant des amérindiens avec une plume sur la tête, devraient avoir honte : ils n’on pas de tête pour s’y planter une plume.

C’est tout de même ce que font les dirigeants, autour d’une table bien garnie, cérémonieusement pieux et hypocrites dans leur schizophrénie mensongère qui veut nous faire accroire qu’ils veulent se «priver» pour sauver l’industrie.

De vrais employés de garage, conseillers-vendeurs…

Ils dansent autour des politiciens afin de quémander la somme de toutes les sommes, celle qui nous assomme.

Combien?

Si vous voulez tricoter un gilet, et que vous voulez en faire une surprise, vous faites des mailles, mais sans montrer votre patron.

On ne saura jamais combien… Car en fait, c’est une collecte d’aumônes trimestrielle. Avec possibilité de prolongation…

Le banc de quêteux

Quand j’épluche la liste de recherches pour se rendre à mon blog, je vois souvent cette expression : banc de quêteux.

J’ai fouillé pour savoir ce que c’était.

C’est un banc qui servait autrefois aux quêteux qui parcouraient le pays. C’était un métier. Mendier…

Pourquoi un banc?

Pour qu’ils puissent se coucher sans entrer dans la maison afin d’éviter qu’ils infestent celle-ci de poux.

Ils étaient moins gros que celui-ci. La présente image est à la ressemblance d’un financier qui essaie d’infiltrer votre maison.

Et pour le banc de quêteux, si vous n’en avez pas, envoyez-le dormir dans une cour à scrap, ou encore dans ces parcs de voitures abandonnées ou saisies.

La solution finale

Pour «retaper» l’industrie automobile, ou pour la tuer tout simplement, je suggère au gouvernement qui nous cambriole portefeuilles et sacoches,  de prendre ces milliards et les injecter dans «l’économie du peuple».

Procédure

Se débarrasser du surplus de production en donnant à des citoyens d’un pays des voitures.

Le gouvernement les achète au prix coûtant, voire moindre, et distribue des voitures selon des critères qui pourraient stimuler l’économie.

Exemple : Une famille composée de deux parents et de deux enfants, n’ayant pas de voitures, ou étant possesseur d’un tacot rouillé et agonisant pourraient se voir éligible au «programme».

Pour amortir le coût du «don», on demande un acompte équivalent à 10% de la valeur du coût de construction de la voiture.

Ensuite, on exige qu’il verse un montant mensuel équivalent à 20% de son salaire net hebdomadaire.

Exemple : Un employé travaillant au salaire minimum ne débourserait qu’environ 35$ par mois. La conjointe, la moitié, soit 17.50$ et 10 dollars par mois par enfant.

Total par an. Ce qui ferait environ 750$ par an par foyer.

J’ai appris toute cette mascarade en singeant les procédés habituels de l’économie de vendeurs de produits auto-destructeurs.

Ah! J’oubliais.

Qu’on écrive les contrats en toutes petites lettres…

Les effets

Cette procédure élimine en quelques mois les surplus – aux alentour de 30% – de production.

Ils enclenchent des revenus d’utilisation reliés à cet engin : essence, changements d’huile, vérifications, pneus, nouveaux revenus de taxes, vente de cire ( la fierté doit briller), et de produits de toutes sortes. Jusqu’aux petits sapins qui puent suspendus au miroir. À condition qu’ils soient fabriqués au pays du sapin. On pourrait utiliser les sapins de Noël, les recycler, ou en «sucer» les parfums avant de les couper, ou juste après.

Sorties et épandage de retombées économiques. Accidents – donc réparations – coup de fouet à l’industrie des assurances.

Et les marchands de pièces automobiles… Et les fonderies qui sont des fournisseurs de pièces, sous contractants…

L’industrie de l’automobile se remettrait au travail, le temps d’en construire une moins polluante et énergivore de l’énergie fossile.

PDG pour les nuls

Beau titre de livre!

Ça fait des décennies qu’on roule en se faisant rouler.

Je suggère donc un système corporatif où chaque citoyen deviendrait de par sa quote-part un pixel de PDG. La démocratie des affaires. Rien de moins..

Et pour ce faire, rien de plus  pratique que de passer par l’internet.

P.S : Je vous réfère à un article de Pierre JC Allard sur le site des 7 du Québec.

Tout simplement parce que ce ne sont pas les idées qui manquent pour améliorer notre sort. La mienne est saugrenue, mais certaines sont sérieuses.

Le greffe virtuel… et l’immortalité

Pierre JC Allard



MA GUILLOTINE DE EBAY

20-février-2009

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Tout d’abord, un extrait de la Bible qui m’a beaucoup marqué :

«Aimez-vous les œufs, les autres».

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Pour lutter contre la crise, on suggère maintenant l’élevage de poulet en zone urbaine.

Durham, Caroline du Nord.

Cous de coqs

Ce n’est pas une nouvelle pour moi. Mon père avait acheté 25 poussins quand j’étais enfant. Nous les gardions dans un petit poulailler à l’arrière de la maison. Seul hic!

C’est moi qui devait couper le cou aux coqs.

Pas de poules, rien que de la chair à dimanches…

Car le dimanche midi, c’était le repas le plus important de la semaine.

Le «projet Durham»

Jusqu’à dix poules par foyer. Pas de coq. Autorisation administrative requise. Vente des oeufs interdite: Durham, en Caroline du Nord, vient de rejoindre le club très fermé des villes américaines qui autorisent leurs riverains à élever des gallinacés pour mettre du beurre dans les épinards.

Le vote des élus de Durham ravit les amateurs d’œufs frais et de “home raised fried chicken” (poulet frit élevé à domicile). Curieusement, seules quatre autres villes américaines autorisent l’élevage des volailles en ville: Seattle (paradis des babas et des écolos), New York (où vivent donc les cocottes dans cet univers minéral?), Raleigh et Charlotte, la plus grande ville de Caroline du Nord, dédiée aux transactions financières et aux banques.

La Caroline du Nord est visiblement en pointe dans ce combat partiel contre la vie chère. Mais attention, les règles sont strictes. Outre celles indiquées plus haut, les voisins doivent obligatoirement donner un accord formel au projet de basse-cour, ce qui ne ravit pas du tout les Hens.

Les aviculteurs amateurs sont priés de garder leurs poulets captifs, de n’utiliser qu’une partie des fientes comme engrais (sachant que la percolation de cet azote ultrapuissant peut polluer gravement les sols), et de conditionner hermétiquement le reste avant de le jeter aux ordures (lesquelles vont forcément en décharge).

Ce sont précisément ces règles, importantes pour éviter des conflits de voisinage et des problèmes d’environnement, qui motivaient l’opposition de Jackie Wagstaff, une ancienne conseillère municipale:

“Nos agents municipaux sont déjà complètement débordés de travail. S’ils doivent en plus inspecter des poulaillers… Comment la municipalité compte-t-elle s’y prendre pour faire appliquer sa loi?”

A mon avis, les autorités seront de plus en plus cools envers les adeptes de l’autosuffisance. Surtout dans des villes comme Durham, ou dans n’importe quel bled touché par la crise, où le nombre de famille bénéficiant de l’aide alimentaire (food stamps) est en train de grimper en flèche. rue89.com

Comment faire l’élevage des poussins.

La recette est ici. Il suffit de s’inscrire au «newsletter».

Subscribe To The “Chicken Keeping Secrets” Newsletter Now And Discover…

  • How to setup the perfect chicken coop in your own backyard. One that will keep your chickens happy, healthy and as close to their natural free ranging behavior as possible…
  • Exactly what you should be feeding your chickens to ensure they remain at their peak egg laying condition and continue to remain completely comfortable and happy…
  • How to treat common chicken illness and disease – whilst we can always hope for the best unfortunately illness is likely to occur at some point in time when raising chickens… BUT now you’ll be completely prepared…
  • Everything you need to know about common chicken predators and pests to ensure your chickens will always remain safe members of your family…
  • And much much more…

Et pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, la traduction Google :

• Comment faire pour configurer le poulailler parfait dans votre propre cour. Une solution qui ne manquera pas de tenir vos poulets heureux, en bonne santé et aussi près de leur comportement naturel en liberté que possible …
• Exactement ce que vous devez nourrir vos poules afin de s’assurer qu’ils restent à leur pic de ponte condition et de continuer à rester complètement à l’aise et heureux …
• Comment traiter les maladies du poulet et de la maladie – tandis que nous pouvons toujours espérer le meilleur, malheureusement, la maladie est susceptible de se produire à un moment où l’élevage de poulets … Mais maintenant, vous serez totalement prêt …
• Tout ce que vous devez savoir sur la commune de poulet de prédateurs et de parasites pour assurer votre poulets seront toujours en sécurité des membres de votre famille …
• Et bien plus encore …

Cous de coqs

Heureux les nouveaux hippies!  Ils ont tant rie d’eux, ces poilus qui allaient s’établir en campagne, achetaient de vieux bâtiments avec quelques arpents de terres à cultiver.

Tout ça à cause de la crise. On refait l’histoire, un «rewind» vers la misère.

***

C’est vrai que je détestais couper les cous des coqs, jeune.

Mais je ferais une exception pour les cous des financiers.

Ils ont des cous exorbitants. Au point tel qu’ils se cravatent pour ne pas trop afficher leur falle. (jabot)

Comme dans, «Jabot mentir, je viens de loin».

Je vais fouiner sur Ebay pour voir si je ne trouverais pas une guillotine usagée à vendre…


SHAKESPEARE ET LA CANTATRICE COUNTRY

19-février-2009

Financier déguisé essayant de séduire son auditoire. Comme Vigneault : Mon pays ce n’est pas un pays, c’est un char.

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Guitars, Cadillacs

Ain’t no glamour in this tinsle land
Of lost and wasted lives
Painful scars are all that’s left of me
I wanna thank-you girl for teachin’ me
Brand new ways to be cruel
Like findin’ mine now I guess I’ll just leave

And it’s guitars, cadillacs, hillbilly music
Lonely, lonely streets that I call home
Yea, my guitars, cadillacs, hillbilly music
It’s the only thing that keep me hangin’ on

Richard.

Celui qui a beaucoup de biens, qui a fait une grande fortune.

Dictionaire Reverso

Comme les États-Unis. La culture du richard… Tout le monde peut être riche aux États-Unis. À condition de suivre le guide du parfait mentor.

L’Histoire ne changera donc jamais!

Shakespeare et son Richard III

La pièce met en scène l’ascension et la chute brutale du tyran Richard III, battu par le futur Henri VII d’Angleterre à la bataille de Bosworth. La pièce met très librement en scène des événements qui précèdent la fin de la guerre des Deux-Roses, en 1485, lorsque la dynastie des Plantagenêts fait place à celle des Tudor.

Lors de la bataille, le cheval tombe sur Richard qui dans son grand désespoir, crie : «Un cheval pour mon royaume».

On dirait le drame même des États-Unis. Dans la débandade de la grande bataille économique, on se veut tant de «sauver» l’économie de ce cheval d’acier qu’est l’auto, que c’en est ridicule. D’habitude le ridicule ne tue pas…

On en n’est plus certain…

Mais c’est tellement beau une voiture! Dans les années cinquante, elles étaient énormes, aux couleurs variées, et servaient presque de motels : on y «frenchait » à ciel ouvert et on allait aux «Drive In» visionner des films. Elle avait tué une industrie : celle du cheval. Par un «procédé» nommé par Schumpeter, la destruction créatrice.

La destruction créatrice

La destruction créatrice désigne le processus de disparition de secteurs d’activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques.

La «destruction créatrice» (Schumpeter) est le concept par lequel une innovation technologique créée engendre une force motrice de l’économie.

Tous les économistes de la planète ont vite saisi ce nouveau moteur et l’ont utilisé au point de chambarder à tous les cinq ans, voire dans une période plus courte les marchés.

Un exemple concret du début du 20ième siècle : l’arrivée de l’automobile a chambardé et détruit rapidement tout le secteur lié au déplacement à l’aide du cheval. Des métiers sont disparus : maréchal ferrant, vendeurs de chevaux, éleveurs, fabricants de carrioles, etc.   Par contre, il a fait naître d’autres industries, dont celles de l’automobile qui perdure encore aujourd’hui.

Qui perdure lamentablement…

Il n’y a pas eu autant d’efforts pour «sauver» l’industrie chevaline et ses carrioles.

Mais c’est bien la «destruction créatrice». Ça créé de nouveaux métiers.

Le mécanicien

Il devait y avoir quelqu’un pour ramasser le crottin de cheval à l’époque. Aujourd’hui on fait des vidanges d’huiles, et pour ce qui est des sabots, on change les pneus. Pour ce qui est du reste, on est pointus comme des chirurgiens.

Ça coûte la peau des fesses.

Le menteur de voitures

On dit un conseiller-vendeur. Je ne suis pas gentil.

C’est la personne qui vous guide dans l’achat d’une voiture.

En l’an 2000, lorsque vint le moment de nous procurer ma femme et moi, ce bijou, le vendeur nous annonça que la nouvelle version de la voiture avait 225 améliorations.

Ma femme de répondre :

- Ça devait être un beau « basou» avant!

Le sourire du vendeur s’est perdu dans sa mâchoire.

Autre métier :  vendeur de pièces…

Retour à la pièce : le financier au volant de l’industrie

Richard veut devenir roi. Il décide donc de tromper, ou d’essayer de tromper tout le monde.

C’est le plus grand vendeur de voitures au monde. Mieux : il donne son âme au diable pour acheter des trônes.

Les financiers veulent devenir richards. Et ils le deviennent.

En effet cette volonté de pouvoir ne fait pas de Richard l’incarnation du Diable que l’on a souvent décrite : elle naît plutôt d’un désir de revanche sur la Nature qui l’a fait difforme et sur la société entière, sur ceux qu’il a aidés à prendre le pouvoir et qui le rejettent une fois que ses mains sont salies (c’est lui qui a tué Henry VI et ainsi permis à Édouard de monter sur le trône).

Il va donc les tromper, les monter les uns contre les autres pour devenir roi. Contre l’insignifiance et la mesquinerie qui l’entourent, Richard prend le parti de l’absolu : le Mal absolu, certes, mais qui naît de sa liberté propre. Comme le Caligula de Camus, Richard III va au bout de ses idées, dénonçant par ses propres crimes l’absurdité du Monde.

Mais tout se paye. (Wikipedia)

La cantatrice country

Le «richard» voulant sauver son industrie de chevaux d’acier, nostalgique de son cinéma à ciel ouvert, le mentor des menteurs de voitures, s’en va pleurnicher en s’excusant devant une commission, quémandant des sommes astronomiques.

Il hurle alors la phrase à l’envers :

«Un royaume pour mon cheval».

En anglais, le terme est savoureux : du blackmailing.

Du chantage.

Il avait raison le chanteur country :

Le cowboy fait le tour de la montagne
La montagne fait le tour du cowboy

Finalement, Schumpeter était visionnaire . Les crises créent de nouveaux métiers :

Quêteur de luxe.

Et pour lasso, la cravate.

Et quand toute l’industrie lui tombe dessus, ce Richard IV hurle :

«Mon cheval pour votre royaume».


ACHETEZ-VOUS UN AMÉRICAIN

18-février-2009

L’hôtel de luxe dans lequel le président américain Barack Obama loge pendant son séjour à Phoenix (Arizona) est en défaut de paiement de ses emprunts, a-t-on appris mardi auprès de son propriétaire.

CYBERPRESSE

Le créditeur de l’«Intercontinental Montelucia Resort and Spa» de Phoenix, ville dans la banlieue de laquelle M. Obama doit prononcer mercredi un discours… sur la relance du secteur immobilier, a engagé une procédure qui doit aboutir à la saisie du complexe de 325 millions de dollars.

Ce complexe sera saisi et vendu en avril.

Ironique.

On s’occupe de la relance du secteur immobilier et plouf! La maison s’en va à défaut d’un 180$ millions  de dettes.

Ça n’empêche pas, dit-on, l’hôtel de fonctionner.

Espérons qu’il en sera de même pour l’avenir des Etats-Unis…

VISITE À L’HÔTEL

Vous pouvez faire une visite à l’hôtel par le biais de l’internet. Si vous avez les moyens allez-y.

Je vais passer mon tour. Je n’ai pas pris le temps de vérifier le prix des nuitées : ça m’empêcherait de dormir…

Je suis trop curieux.

J’ai visité la partie offrant un trois jours pour couple.

Il n’y a pas de prix d’indiqué, à moins de remplir la fiche.

Sauf que j’ai bien peur de devoir hypothéquer notre maison pour trois jours à Pâques…

En espérant que le Président va ressusciter le pays.

Et qu’il ne restera pas seulement trois jours pour retourner à la maison du père.

La White House.

Oui, je sais.. On se demande si la White House est payée.

Dans les années 50 on achetait des chinois sur petites cartes pour les aider. Achèterons-nous des américains dans un proche avenir? Méfiez-vous des imitations: j’ai acheté le même chinois deux ou trois fois. C’est vrai, qu’à nos yeux, ils se ressemblent. Les américains aussi…

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De Pâques à Chrysler

En marchant cet après-midi, je suis passé devant mon détaillant Chrysler. Étonnant! On a fabriqué une réplique de la célèbre Dodge Challenger. Même la nostalgie ne semble pas fonctionner. Entre 35,000$ et 40,000$.

Encore du «ressuscitage». Ils vont finir par mourir vraiment…

And the Business Bible will finally die…




POLITICIEN

17-février-2009

homme-de-paille

Vue intérieure du politicien, pâture à banquiers.

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I can buy my tailor…

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Ils ne sèment ni ne moissonnnent….


LE MORT ASSIS

17-février-2009


J’ai dit à cet homme, assis
«Il faut changer d’idée
Il faut changer d’idée
De temps en temps
Comme on change de vêtements»

Il n’a pas bronché et s’est enfuit
En dedans de lui
Dans son huître-banque

Tout gras, tout bedon
Enceint de lui-même
Il était certain de cette conviction
Qu’il s’était mis au monde
Sans trop de socialisation

Du plafond de son bureau
La pluie de dollars tombait
Tombait, de ce qu’il vivait
Creusant la tombe des autres

Je sortis
«Mon homme est mort», pensais-je
«Mon homme est mort,
Comme le chien l’est après sa mort».
Mais non, il sort tout vivant
Pour aller à son église : la banque

Mort assis, tout  moisi
Il laissa son parfum cramoisi
Me salir en passant
Il était mort, mais debout…

Gaëtan Pelletier
17 févr. 09


MY TAILOR IS RICH

17-février-2009

Ail ou radis ? Are you ready ? Etes-vous prêt ?

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Je viens d’être promu prof… C’est mon premier cours…J’ai passé mes étés à vendre des autos. J’ai un bac en psychologie, mais j’ai pas le droit de pratiquer. Faut une maîtrise…. J’ai pas de contrat. Je fais de la suppléance. On prend ce qu’on a… Ils prennent ce qu’ils ont…

Je rentre en classe avec une liste d’élèves…

-  How are you?

-  J’peux-tu amener un café en classe?

-  Comme dirait Dieudonné: s’il est noir, oui.

-   De quoi tu parles man?

-   T’as pas le droit de boire des breuvages autre que de l’eau.

-  Stie! J’ai pas dormi de la nuit…

- T’as pas le droit de sacrer!

J’ai affaire à un gothique vêtu de noir qui a des yeux de poisson rouge. Passe sa copine. Vêtue de noir, des pieds à la … bof! Tête. Le poisson rouge s’est flanqué des verres de contact sanguinolent. Pour de vrai! Quand il lève la tête, on a envie de payer son billet de cinéma.

-   Schindler  n’est pas là?

-   Non, elle est malade…

-    Qu’est ce qu’elle a?

-   La chiasse mexicaine…

-  Hein!

-  Le va-vite…En québécois…

-   J’peux-tu aller aux toilettes?

-  Tu viens d’arriver…

-   Schindler n’est pas là?  lance quelqu’un… Tabarnak!

On m’a averti qu’on l’appelait Schindler parce qu’elle avait une liste d’élèves dont elle s’était si épris qu’ils n’avaient qu’à prononcer le mot MUFFLER pour leur donner  des points en anglais.

-    J’ai envie…reprend l’autre en se tortillant.

-   Vas-y.

Rentre une blonde au décolleté, genre Grand Canyon. En regardant à l’intérieur, on peut voir la Chine, en dessous. Beau sourire! Qu’est ce qu’elle va essayer de me soutirer?

Il est 8h47. La moitié de la classe n’est pas là. Je dois prendre les présences. 18 sur la liste. J’en ai 11, dont 4 qui dorment déjà sur leur bureau. Les autres parlent. Rentre alors le dernier bus jaune.

-   On fait quoi aujourd’hui, monsieur?

-   On écoute un film?

-   Super! C’est quoi…

-     Vous avez le choix : Van Helsing ou Fire in the sky. L’histoire de bûcherons enlevés par des extra-terrestres. Une histoire vraie..

-    On aime mieux les DRÔLES DE VIDÉOS…

-  Voir des chats capables d’aller faire ses besoins sur une toilette, ce n’est pas très …anglais. Bon! Si vous voulez… Mais avant il vous faudra travailler en groupe…Une heure…

-  Une heure! Crie Jean-Sébastien Côté-Tremblay, celui qui a une culotte si large qu’il pourrait y avoir deux élèves en un, … ou bien il traîne une toilette portative.

-  On aime mieux le travail de groupe…

-   O.K. installez-vous. Qu’est ce que tu fais sur l’ordi, Cindy?

-    Je check mes emails.

-   Deux mots, deux points…

Faut les encourager, m’a-t-on dit. Faut les garder aussi. Une baisse de clientèle signifie moins de profs, moins de profs signifie que DG n’est pas efficace. Puis on craint le privé…

Ils s’installent. Je fais le tour de la classe.

-    À quoi vous jouez?

-    Aux cartes…

-  Aux cartes?…

-    Oui, mais en anglais…

-   Ah! Je n’ai pas entendu un mot d’anglais

-   Schindler  nous le permet.

-    Ah!

-    Et vous?

-      On joue au Scrabble… Peux tu nous donner un nom avec la lettre F et U…

-     Fuck!

-   C’est trois point chacun. Ça veut dire qu’on a une compétence en anglais.

-    Ah! Bon!

-    J’ai un W, monsieur…

-    C’est quoi les autres lettres?

-     Un e et un b.

-  Web.

-  Génial!

-   On dit «Great!»…

-  C’est ça que je voulais dire.

-  Mais tu ne l’as pas dit…

-  Mais j’y ai pensé..

-   ….. »/$%?&

Rentre le travailleur social qui commence à distribuer ses condoms. Remarquez, c’est normal de distribuer des condoms : ils commencent à faire l’amour avec un ours en peluche…

-  Avez vous saveur de cerise?

-  Non, demain. Nouvel arrivage…

-  On va prendre la queue de la cerise

On se tord de rires.

Quelques minutes plus tard, j’en perds 7 qui s’en vont à une conférence sur la drogue. C’est pas parce qu’ils ont quelque chose à apprendre, c’est seulement que c’est la seule place où on ne fait rien, et qu’ils savent tout en partant.

-  On peut tu en prendre avant? C’est une joke…

Je reste seule dans un coin avec un élève qui lit une revue et me demande de traduire. Une revue sur le cannabis..

-  En anglais? Bravo!

-   J’comprends rien…

À côté de lui un étudiant un peu perdu dessine son rêve : une Honda Civic.

- Dans quel film voit-on des Honda Civic?

-   Rapide et Dangereux…

-  En anglais…

-  Fast and …

-   5 sur 10 .

J’ai passé le reste du cours à traduire la revue sur le cannabis. J’en appris des choses… Les autres se sont mis à faire l’inventaire et des commentaires sur le choix de  leurs condoms. Et ceux qui sont revenus de la conférence se sont mis à parler du salaire qu’ils gagneraient s’ils étaient ceci ou cela.

Il reste dix minutes avant la fin du cours.

-  C’est tu vrai qu’un prof ça gagne $60,000 par année?

-  Oui, après 15 ans..

-   Et ça fait rien, s’exclame une élève…

-  Non, comme toi. Tu as dormi pendant tout le cours. Et en fait, j’ai enlevé la moitié des points qui t’étaient alloués pour ta présence.

-    Stie que c’est chien!

- Vous aurez Schindler demain…

-   On va pouvoir regarder The funniest vidéo? Et jouer aux cartes en anglais? Et parler des condoms, dessiner

-  Bof! Oui…

-   Yes!

- Je te donne  9/10 pour ton Yes.

-  Pourquoi 9? Je vais te poursuivre avec un avocat…

-   T’en connais un?

-   Mon père.

-   Je vais donner 10…

- C’est cool, man!

-   Ça mérite un 12 sur 10. T’es fort en anglais… Deux mots…

-  Tu joues de la guit, man?

-   Oui. Pourquoi tu demandes ça?

-   Ton pick  de guitare vient de tomber de ton portefeuille

-  Et tu chantes?

-   Oui, le chantage je commence à m’y connaître.

-   Comment tu trouves ça être prof d’anglais?

-   Super! Comme dans la vie : on sait rien, on magouille, on fait du chantage, on joue au scrabble, on fait la guerre au prof. Finalement c’est comme ça dans la société.«Ce qui est important, c’est pas ce que tu connais, c’est qui tu connais».

-   Comme Schindler, me répond le rouquin. Celui qui les week-end fait des shows en imitant Elvis. C’est comme ça d’ailleurs qu’il a vidé le bac à papier de l’imprimante : en voulant imprimer toutes les chansons d’Elvis. L’imprimante a craché tellement de papiers qu’on aurait pu torcher 200 chinois pour un mois.

-  Peux tu me chanter un bout de tes chansons?

-    Ouais!

Il commence : c’est du chinois. Il ne comprend rien à ce qu’il dit. Mais il est si imbu que ses paupières, ces rideaux d’œil, s’abaissent quand il ment. C’est rare qu’on le voit les yeux ouverts…

-  Je vais te vendre  un billet de mon show…

Drinnnnnnnnnnnnnng!

Sauvé par la cloche.


LE FROID FOOD

13-février-2009

Le ministère des Travaux publics construit actuellement une nouvelle cuisine géante à Ottawa, où seront préparés sous peu les repas que dégustent les députés et les sénateurs ainsi que les employés de la colline parlementaire.

Le camion de livraison

La cuisine étant en réparation et désuète, datant des années 60, la nouvelle bâtisse servant de cuisine sera située à 10 kilomètres. À -20 degrés, j’imagine que le plat sera froid en arrivant au parlement.

En plus des cuisiniers, il faudra j’imagine quelques livreurs. Ce qui devrait créer une dizaine d’emplois.

Ce qui s’appelle lutter contre la crise en investissant dans une infrastructure humaine.

Les députés mangeront donc froid. Ou selon leur choix… Du macaroni réchauffé, comme à la maison.

On ne précise pas la manière dont les plats seront réchauffés. On précise toutefois que le réchauffement sera optionnel.

Le four à micro-ondes est peut-être un peu trop rapide…

Mégacuisine

2300 mètres carré.

«Comme dans le cas de tous ses nouveaux projets de construction, le gouvernement du Canada tient compte du meilleur rapport qualité-prix pour les contribuables canadiens», a indiqué Nathalie Bétoté Akwa, porte-parole du ministère des Travaux publics.

Le contrat a été accordé le 18 avril dernier. On n’en a pas trop parlé.

Coût : 26 Millions.

On ne précise pas non plus si c’est une cuisine temporaire, ni si le coût est temporaire.

Si, toutefois, on réutilisait l’ancienne cuisine, il faudra trouver une nouvelle vocation à ce bel édifice.

Une soupe populaire?

Ayant vécu à Ottawa, la pauvreté et l’itinérance existe aussi. Mais elle est bien enfouie au creux de la ville.

L’ami en toast

Méchant jeu de mots. Je me prends pour François Pérusse.

Dangereuse l’ancienne cuisine?

On y enlèvera l’amiante des murs…

Le plus important de la journée

Manger son petit déjeuner froid ou réchauffé… Paraît que c’est le repas le plus important de la journée. Selon la bible alimentaire…

C’est comme le créationnisme :  ça dépend à quoi l’on croit. Dans certaines peuplades du Sud, on mange entre midi et deux heures.

C’est le repas le plus important de la journée…

En Afrique on manque quand on peut.

C’est le repas le plus important de la journée…

À tous les ans, les canadiens mangent une élection : 300 Millions.

C’est toujours la même recette : sauf que l’assiette est comme celle des avions, il faut qu’elle soit stable.

C’est le repas le plus important de l’année.

On y mange du politicien froid.

D’ici, il y a quelque mille kilomètres.

M. Harper arrive froid à la télé.

C’est le repas le plus froid de la journée.