Conte gouttes

31-mars-2008

magellanic-cloud.jpg

Il était une fois une rivière qui buvait l’eau du ciel pour faire nager les poissons. Et des gouttes infimes naissaient les ruisselets branchus qui s’évasaient dans les forêts.

Et les poissons nageaient.

Il était une fois un poète qui buvait les lueurs des yeux des humains pour émouvoir les âmes. Et des émotions s’éveillaient d’autres émotions qui s’évasaient sur la Terre et au Ciel.

Et les êtres vivaient.

Il était une fois un nourrisson qui se nourrissait au compte goutte. Si frêle, si petit. Après avoir nagé pendant neuf mois dans le ventre d’une mère.

Et il écrirait qu’à chacun était une vie.

Il était une fois un océan si grand que personne n’aurait imaginé qu’il était né du ciel et de gouttes.

Et tout compte fait…

Tout compte…

Gaëtan Pelletier
18 août, 2000


Le bruit de la lumière

31-mars-2008

dying-star.jpg

30 mars 2008

Il est des bruits d’ange dans vos yeux
Des langages tout lumineux
Des phrases qu’on peut à peine lire
Qui sont pourtant des tout-dire

Il est odeurs de femmes dans vos douceurs
Comme si vous me berciez dans vos tendresses, sans heure
Faisceaux d’or, vaisseau d’argent
Qui m’emmène au pays du désir, si doucement, trop doucement..

Il est des étreintes secrètes dans vos regards
Comme des lianes d’étoiles tout en chapelet, des dards
Et je me laisse étrangler à la puissance de vos faiblesse
Pendant qu’entre nous, par hasard, un peu d’amour se tresse

Il est des sons d’ange dans vos voix
Des lyres sans livre, des sons de vous à moi
Les silences sont parfois si bavards
Qu’on se tait, ne sachant où placer un mot, hagards…


Entretien avec Jésus

30-mars-2008

jesus-and-you.jpg 

 30 mars, 2008

Je l’ai rencontré sur la rue Cartier à Québec. Il faisait sombre à s’enfarger dans les chats noirs. C’était l’hiver, il était pieds nus, et il marchait sur la neige. Il portait toujours la barbe et une grande robe grise. Il avait l’air triste comme s’il avait perdu son poisson rouge. Pourtant, il en avait multiplié avant.
En fait, je suis menteur. Je m’étais penché pour voir une crotte de chien sur le trottoir et avant de piler dessus je me suis écrié :
- Doux Jésus!
- Comment as-tu fait pour me reconnaître?
- Tu joues dans une pièce de théâtre?
- Non, je suis le vrai…
- On a changé de costume, tu sais… Maintenant on porte la cravate.
- Oui, mais je voulais passer inaperçu.
- Ah! Brillant. Tu aurais pu devenir un avocat.
- Je suis le fruit de tous les fruits..
- Commence pas, j’ai pas toute la soirée… Que dirais-tu d’aller prendre une bière dans un café-bar?
- Tu es gai?
- Monsieur Jésus est au courant des mœurs et coutumes… Non.
- Alors , allons-y.
Pendant que nous marchions, des gens lui glissaient de l’argent dans une fente à sa robe. Quand il en rentrait une, il en sortait trois. Un vrai dirigeant de Cie…
***
Ça a pris une éternité à nous rendre au café.

- Vous jouez dans une pièce de théâtre, demanda le serveur?
- Non, c’est vous qui jouez. Je suis le vrai, le Christ déjà venu sauver l’humanité.
Le serveur sourit.
- Ah! Bon. Vous savez donc tout… Que fait ma femme ce soir.
- Elle est en train de se masturber parce que vous n’êtes pas à la maison depuis des lunes.
Rires.
- Pour un Christ, vous avez un langage plutôt étrange.
- Voulez-vous que je vous plaise en mensonges?
- On vous sert quoi?
- Une éponge avec un vin de la SAQ…
- Vous avez bien appris votre rôle.
- La cravate est l’épée des conquérants d’aujourd’hui…
- Bravo! Et vous monsieur?
- Une bière! La maudite…
Il revint quelques minutes plus tard.
- Combien?
- $12.50…
Il jeta sur la table de vieilles pièces d’or.
- Vous n’avez pas de cartes de crédit?
- J’ai la poker.
Il jeta 52 cartes sur la table.
- Thank you!
Il avala sa première gorgée, et je vis le liquide rouge glisser dans son corps. Un liquide solide à travers un corps translucide. Mais j’en avais vu d’autres…
- Comment va votre père?
- Eh! Bien! Il s’est fait crucifier par un caricaturiste en essayant d’écrire l’âme et la lumière sous un autre nom.
- Et vous?
- J’ai encore des clous dans les mains. Les attentes à l’hôpital sont tellement longues…
Une blonde passa et s’écria :
- Alors, mon velu, ça te tenterais de faire l’amour?
- J’ai deux testicules qui sont deux soleils empruntés et le reste est un vieux poteau d’Hydro Québec… Si ça vous chante, vous brûlerez d’un coup mais vous aurez le courant pour l’éternité. Je suis quelqu’un de branché…
- Et moi, je suis la vierge Marie, crétin…
- Allez en paix, dame, je vois qu’il y a déjà une cravate dans votre ventre. Ceux-là me désespèrent…
Trois membres d’un gang de rue passa près de la table.
- Ça alors! Jésus? Fuck off!
Il se mit soudain à avoir mal au ventre et se mit à courir vers les toilettes. Quand il en ressortit, il laissa une traînée brune, un long tracé gluant sur le plancher. Pis encore, au moment où il traversa la rue, il s’effondra sur le sol et se mit à gerber de l’anus. La rue Cartier commençait à être inondée d’odeurs fétides.
- Qu’est ce que t’as fait à mon copain? Demanda l’autre…
Il sortit son pénis et se mit à pisser sur Jésus.
- Vade Retro, dit Jésus.
Le machin disparut lentement, il fut rétrécit et apparut en un une fève germée.
Tout le monde s’esclaffa.
Le gars sortit un couteau et menaça Jésus.
La lame se distendit, le métal se liquidifia et se répandit sur le plancher. Puis il prit de l’expansion et se transforma en une statue de George W Bush. La statue grandit et Jésus fit pousser un cor à son pied. Le cor prit de l’expansion, pencha, et s’effondra sur le truand. Quand le sang jaillit des entrailles du truand, Jésus s’écria.
- Prenez en tous, car ceci est mon corps et mon sang.
Le sang se mit à boudiner en emplissant toute la pièce. Des milliers de saucisses emplirent la pièce.
- Pourquoi offrez-vous à vos convives du boudin?
- Votre sang est enfermé dans les guerres. Ils ne servent qu’à nourrir les ambitions…
Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Le troisième gars du gang apparut. Il était cravaté.
Jésus se mit à trembler de tous ses membres. Il devint blême et glissa lentement sur sa chaise.
- Alors, tu as un peu flagellé mes amis… Je vais te faire un traitement de faveur.
Il sortit un pistolet à clous et le cloua sur le plancher.
- Fais quelque chose, Jésus, fais quelque chose…
- C’est ça le problème : la cravate. Je n’y peux rien…C’est… C’est Satan au cou… Et il m’étrangle…
Alors réapparut la blonde qui, subjuguée par la force de l’homme lui dit en dénouant sa cravate :
- T’es vraiment quelqu’un, toi. Vraiment..
Et plus la cravate se dénouait, plus Jésus reprenait des forces. Et quand il fut debout, il s’empara de la cravate et la glissa dans le pantalon de l’homme. Son pénis disparut et la cravate, molle, pendait avec ses dessins de Satan moustachu.
L’homme était éberlué.
- Merci, maman…
- Qui t’as dit que j’étais ta mère?
- Personne.

La blonde perdit ses souliers, vira au laid. Avant, elle ressemblait à Charlize Theron. Mais une fois sur le plancher, elle se transforma en un monstre hideux : une auto qui répétait sans cesse une pub à la télé : «Conduisez un tout terrain…».

- Mais, Jésus, comment peut-on sauver le monde?
- N’as-tu pas compris que la cravate va finir par tuer plus de gens que toutes les guerres précédentes?
- Mais plus encore..
- Je ne peux pas… Je suis programmé pour venir à tous les 20 ans. Mais personne ne me remarque. C’est à vous de le faire. Le monde ne se sauve que par le monde dans lequel vous habitez. Je peux multiplier les poissons, mais si les pêcheurs sont engagés par des PdG de pêcheries, je n’y peut rien. Désolé, mon temps s’achève. Je reviendrai dans 20 ans…
- Mais…
Jésus se dirigea vers les toilettes, prit un tabouret et fit un plongeon.
Un homme qui y pénétra, voyant des pieds dans l’eau de la cuvette, activa la chasse-d’eau.
« Ouf! Je pense que je n’aurais pas dû en prendre autant ce soir»
Quand je suis rentré, et que j’ai aperçu sa cravate, j’ai compris le message. Je pense que c’était un bel homme. Il avait tous ses cheveux, un air tranquille, et un pouvoir certain.

Quand je suis retourné au travail, le lendemain, mon patron me reçut en grandes pompes…
- Vous ne saurez jamais ce qui m’est arrivé hier soir…


Les États-Unis: naissance d’une dictature invisible

28-mars-2008

27 mars 2008

petrole.jpg

Les sociétés dites démocratiques ont tendance à glisser de plus en plus vers la dictature. À l’encontre du pouvoir imposé par la force et la violence, elle a recours à la subtilité (sic) et au grand pouvoir de l’art du camouflage à l’aide d’instruments créés par les politiciens au pouvoir : le contre espionnage, la recrudescence d’outils falsifiés issus de la paranoïa. Les états créent des outils de «défense» qu’ils se servent ensuite pour élaborer leur plan d’attaque. Bref, les sociétés les plus évolués dans la ligne démocratique utilisent un nouveau pouvoir caché qu’il livre au peuple comme un secret lourd et dangereux prétextant la protection du peuple. L’apparence et la réalité deviennent difficiles à cerner.

Si on étudie bien le mouvement nazi du début des années trente, on se rend compte que le peuple berné et aveuglé par la réussite des gens au pouvoir ne voyaient guère la réalité camouflée sous cette réussite. Le grand Reich d’Hitler était justement d’agrandir ce pouvoir et créer un nouvel empire.

Il en est de même aujourd’hui chez les U.S.A. Le cercle bushien, dans une conspiration d’une orchestration étonnante a réussi à faire croire au peuple que L’Irak représentait un danger. Les raisons réelles de l’invasion de l’Irak par cette puissance mondiale – la plus grande de par son image, tant hollywoodienne qu’autre – ne sera sans doute jamais connue. À part le fait d’un complot visant à s’emparer des richesses pétrolière de l’Irak.

On veut étendre la démocratie et ses structures comme le catholicisme voulait répandre la bonne nouvelle au païens, les épargner du purgatoire, jadis. Tous ces grands projets se sont fait dans le sang.

Les États-Unis devaient-elles s’ingérer dans ce processus d’intrusion de ce qu’elle considérait comme une mission envers le prétendu satanisme de la différence?

Chaque pays à le droit d’évoluer à sa manière, dans ses différences, dans ses erreurs de parcours. La dite liberté est donc bafouée. Cette liberté si chère au monde occidental. Mais imposer un régime sous couvert de principe de liberté est un acte de dictature. D’autant que les sociétés actuelles, de par la complexité de leur structures, de par le philosophie pauvre qui se résume à être heureux dans l’avoir, a tendance à détruire la liberté des personnes ou à la restreindre à un point tel que le citoyen n’est plus qu’un rameur au service de l’état. L’esclavage aussi a changé de forme. Il est quasi invisible, et le peuple dans son grand confort matériel est en quelque sorte endormi.

Si on se donne la peine de regarder attentivement l’évolution de ce pays qu’est les Etats-Unis, on se rend compte que la structure en apparence raffinée, est tout à fait semblable à l’ère hitlérienne : aveuglement, narcissisme, démagogie. Tout y est.

Il ne manque que les yeux pour voir.


La fleur d’un jour

24-mars-2008

LA FLEUR D’UN JOUR

C’était en juillet. Et j’avais eu chaud toute la journée…
Elle et ses cheveux noirs bouclés. Elle et son corps cuivré. Elle et sa bouche…

Toutes les horloges se sont éteintes. J’avais des aiguilles sur tout le corps. La sueur luisante, je la vis dans l’allée.

J’avais inventé une fleur.

Les désirs sont comme ça. Aujourd’hui j’en aurais fait mon éternité. Le cerveau lent comme un plaisir qui monte.

Bien belle la dame! J’aurais perdu mes doigts dans ses cheveux et mon jour entre ses bras. J’aurais glissé mes peines et ma langue dans un déversoir.

C’est comme ça en été. Quand tout est chaud et qu’une abeille vous monte au cerveau.

Je suis reparti avec son image qui me suit partout comme une ombre sombre.

Tout se fane… Même les ombres d’amour.

Le beau est ce qui ne dure…